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Martine au Maroc 
actuel n°133, vendredi 16 mars 2012
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Elle a rencontré le roi, Benkirane, les vingtfévrieristes, les Français et ses nombreux amis dans le Royaume. Martine Aubry a mené campagne pour François Hollande dans un pays cher à son cœur.


Elle n’est pas encore le Premier ministre du candidat pas encore élu, mais la maire de Lille, et première secrétaire du PS, a été reçue comme un chef d’Etat. Une entrevue avec le roi, une autre avec le chef du gouvernement, et sa photo avec le souverain en Une du quotidien Le Matin : Martine Aubry a eu droit à un traitement de choix mais elle a aussi réservé au Maroc une visite exceptionnelle. Alors qu’elle se contentera de week-ends à Alger et à Tunis, elle a passé quatre jours dans le Royaume enchaînant les rencontres comme dans un voyage officiel – une entrevue avec les femmes, un meeting électoral pour Hollande et Pouria Amirshahi, le candidat PS dans la circonscription Afrique de l’ouest, des entrevues avec des ministres comme avec les vingtfévrieristes… On en passe. Lundi matin, elle échangeait avec les jeunes entrepreneurs du Technopark de Casablanca, et visitait le Boul’tek de Momo et de Hicham en s’exclamant : « Ben dites donc ça bouge ici. » Puis elle s’attardera près de trois heures… à Sidi Moumen à la fondation Oum Keltoum de Fikria et Mohamed Berrada. Martine Aubry, pourtant avare de compliments, ne tarit pas d’éloges sur l’ancien ambassadeur du Maroc en France : « Il est génial. On n’a jamais eu un aussi bon ambassadeur. Tout le monde l’aime. » Elle le rencontre chaque année et, pour la première fois, elle a visité la fondation dirigée par sa sœur, qui réalise un énorme travail à Sidi Moumen. Des cours d’alphabétisation aux crèches pour les enfants de femmes isolées en passant par les spectacles de danse, et l’atelier cuisine, elle a tout visité avec le sourire. « Voir les autorités, c’est formidable, mais si je ne vois qu’elles, je ne vois pas le Maroc... c’est pour ça que je suis ici. » Et elle n’est pas venue seule. A ses côtés : Gilles Pargneaux, président du groupe d'amitié Maroc-UE au Parlement européen, et Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national à l'International au PS. Au pays du pacte de Marrakech, il fallait bien venir avec un lieutenant orphelin de Dominique Strauss-Kahn...

Eric Le Braz

Quand M6 fait la com' du PJD

Que s’est-il dit entre le roi et la dĂ©lĂ©gation du PS ? « Je crois qu’on ne raconte pas ce qui se dit avec Sa Majesté », Ă©lude Martine Aubry qui connaĂ®t bien le roi et ses sĹ“urs qu’elle a rencontrĂ©s frĂ©quemment au dĂ©but des annĂ©es 90, alors qu’elle Ă©tait ministre de l’Emploi : « Nous avons parlĂ© de manière Ă©tonnament directe. Il m’a demandĂ© des nouvelles de ma famille, des nouvelles de la France. » Ils ont aussi Ă©voquĂ© la situation entre le Maroc et  l’AlgĂ©rie, la situation en Syrie, le dĂ©veloppement du Maroc… et le programme du PS, explique Jean-Christophe CambadĂ©lis, plus disert. « Il a trouvĂ© que le programme du PS Ă©tait très chargĂ© et très intĂ©ressant. » Mais Mohammed VI a surtout parlĂ© de politique marocaine et a dĂ©diabolisĂ© le PJD auprès des indĂ©crottables laĂŻcards français. « Pour lui, ce n’est pas un parti islamiste mais un parti conservateur. Qu’il ne fallait pas en avoir peur, ni stigmatiser le PJD, mĂŞme s’il comprenait que ce n’était pas notre tasse de thé ! C’était très intĂ©ressant, dĂ©contractĂ© et très politique. Le roi a un très grand sens politique qu’il exprime avec peu de mots. Il ne ressemble pas Ă  l’image qu’on veut montrer de lui, comme quelqu’un qui serait distant vis-Ă -vis de la politique et très pris en main par son entourage. Non, il maĂ®trisait les sujets qu’il nous a prĂ©sentĂ©s. »

Martine Aubry : «La circulaire GuĂ©ant est une aberration »

 

Prudente et diplomate avec les institutions du Royaume, la première secrétaire du PS est toujours mordante quand il s’agit d’attaquer le président en place, et séduire un important électorat franco-marocain.

 

Quel regard portez-vous sur le mouvement du 20-FĂ©vrier ?

Le Printemps arabe a pris cette forme au Maroc : des jeunes qui ont su, dans le calme, dire fortement ce qu’ils attendaient, c’est-à-dire plus de liberté, plus de démocratie, mais aussi un avenir par l’éducation et par l’emploi. Ils ont pris des formes de contestation admirables. C’est à cette révolte forte et pacifique que le roi a rapidement répondu, par son discours du 9 mars.

 

 

 

Pendant les primaires, on disait ici que vous étiez la candidate du Maroc, et François Hollande candidat de l’Algérie.

Ah bon ?... François Hollande comme moi, nous savons ce que doit être le rôle du Maroc dans le Maghreb, par rapport au Proche-Orient et à l’Afrique. Nous sommes sur la même longueur d’onde. C’est pour cela que j’ai voulu rester un peu de temps ici afin d’expliquer notre vision de l’avenir. Il faut renforcer la coopération franco-marocaine sur d’autres bases, face à face, d’égal à égal pour que chacun soit gagnant, et c’est dans cet esprit que nous voulons construire l’Union entre l’Europe et la Méditerranée.

 

Mais l'Union pour la Méditerranée (UPM) est une idée guaino-sarkoziste !

Nous avions applaudi à la naissance de l’UPM. De même que l’Amérique et l’Asie s’organisent entre le Nord et le Sud, je pense que nos deux continents doivent travailler ensemble, et que le Maroc comme la France ont un rôle central à jouer. Nous avons un grand champ de développement en commun, et pas seulement économique, mais aussi en termes d’éducation, de politique énergétique, de gestion de l’eau. Mais le projet de Nicolas Sarkozy est trop étriqué, trop personnel et est resté dans les limbes.

Il était trop ambitieux ?

Non, il ne l’était pas assez. L’Allemagne par exemple n’était pas intégrée dès le départ. Cela a été largement une coquille vide. Maintenant, il faut travailler à partir des discussions de Barcelone sur des projets concrets : l’eau, l’éducation, la formation etc. S’appuyer sur Kadhafi, Ben Ali et Moubarak n’était pas la bonne idée...

 

Il y a un million de Marocains en France, et de nombreux binationaux qui vivent au Maroc. Pourquoi devraient-ils voter pour François Hollande plutôt que pour un autre candidat ?

Je suis bien placée pour en parler car ils sont très nombreux dans ma ville. Pour moi, les Franco-Marocains sont d’abord des Lillois. Ils sont plusieurs au conseil municipal et dans les conseils de quartier. Il y a une réelle différence entre François Hollande qui veut rassembler les Français – quels que soient leur âge, leur sexe, leur culture et leur catégorie sociale –, et le président sortant qui ne cesse de diviser, et d’opposer les Français et les étrangers. Il veut axer la campagne sur un sujet qui n’est pas majeur pour les électeurs, l’immigration, en faisant des propositions qui n’ont d’ailleurs aucune chance d’être mises en pratique, comme diviser par deux le nombre d’entrées sur notre territoire. Ça fait dix ans que la droite est au pouvoir, elle a fait voter 11 lois et il y a toujours 180 000 personnes qui rentrent chaque année. Aller jusqu’à dire qu’un Français qui veut épouser un étranger ne pourra pas le faire rentrer sur le territoire tant qu’il n’a pas fait des examens divers et variés, ça n’a pas de sens, c’est contraire à notre Constitution, et à la convention européenne des droits de l’homme. Bien sûr il faut lutter contre les mariages blancs. Mais il faut arrêter cette suspicion sur tous les couples mixtes ! Et il y a cette campagne incroyable autour de la viande halal... Nous voulons que les étrangers en situation régulière puissent vivre en France autrement que dans la suspicion permanente. François Hollande s’est engagé pour une régularisation sur critères, au cas par cas, en fonction de la durée de résidence et de l’intégration. La circulaire Guéant sur les étudiants est une aberration. Nous l’abrogerons. Nous avons besoin de cette mobilité des talents et des compétences dans les deux sens. Je fais aussi une proposition, un Erasmus francophone. Pour que des étudiants français viennent étudier au Maroc une année, par exemple, et pour que des jeunes Marocains viennent faire leurs études en France.

Propos recueillis par Eric Le Braz

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