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Koutla/G8 : les hostilitĂ©s peuvent commencer
actuel n°115, vendredi 4 novembre 2011
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Le 2 novembre, les deux principales alliances, la nouvelle et la ressuscitée, tenaient en même temps une réunion...


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Koutla

Elle renaît (une fois de plus) de ses cendres

En moins de trois mois, la Koutla démocratique a été « relancée » plusieurs fois. Les meetings se suivent et se ressemblent et l’on n’a toujours pas un programme chiffré pour l’alliance.

A Rabat, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS ont tenu, en grande pompe, une réunion consacrée à la présentation de leur « plateforme commune de programme ». Les ténors du bloc démocratique étaient tous là.

Y compris Abbas El Fassi, d’habitude peu enclin à communiquer en pareille occasion. Très décontractés, les leaders des trois partis avaient l’air d’avoir déjà remporté le scrutin. Le moral au top, ils n’ont pas hésité à défendre leur alliance et à s’en prendre à ceux qui mettaient en doute sa viabilité, faisant clairement allusion au G8.

Trop généralistes, les différentes interventions ont succombé à la langue de bois habituelle. C’est Abdelouahed Radi, chef de file des socialistes, qui a ouvert le bal avec un long discours, déclarant en substance que « la Koutla démocratique n’est pas une alliance conjoncturelle ou électorale, voire même gouvernementale, mais que c’est un projet visant à donner corps à l’esprit de la nouvelle Constitution ».

N’ayant pas fourni davantage d’explications à ce sujet, ses seuls propos devraient faire foi, ou pas. A son tour, Abbas El Fassi, avocat de son état, a préféré prononcer un plaidoyer en faveur de l’avenir de la Koutla qui « n’est pas morte et qui a toujours un rôle à jouer dans l’avenir ». Mais quel rôle la Koutla peut-elle encore jouer ? D’autant plus que les alliances fusent de partout et se chevauchent au risque de brouiller encore plus le paysage.

Il y a à peine deux semaines, le PPS et l’USFP avaient tenu une rencontre avec le Front des forces démocratiques dans le but d’annoncer un « réveil de la gauche ». L’occasion de répéter que celle-ci n’est pas morte et que ses valeurs sont toujours d’actualité.

Ce mercredi encore, dans les mêmes locaux flambant neufs de l’USFP, les leaders de la Koutla on évoqué, documents à l’appui, l’historique de leur alliance depuis sa création en 1992, et son rôle de « noyau dur » au sein des gouvernements qui se sont succédé depuis 1997. Alors qui est du côté de qui?

Ali Hassan Eddehbi

G8 : un zeste de charia, une pincée de féminisme

Beaucoup de promesses mais aussi une charge en règle contre la Koutla et le PJD. L’Alliance pour la démocratie qui réunit huit partis a dégainé un programme convenu, mais bien « packagé ».

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La présentation, le 2 novembre, du programme des huit partis réunis dans le cadre de l’Alliance pour la démocratie n’a pas dérogé aux grandes promesses faites par toutes les autres formations politiques. Hormis un hommage rendu au mouvement du 20-Février, que l’intervenant du Mouvement populaire a tenu à « saluer » en espérant qu’il « continue à mobiliser ».

Dans le détail, c’est surtout la question de l’égalité des droits entre la femme et l’homme qui a été formulée très clairement, sans être associée pour une fois au « respect des constantes et de la religion », mais uniquement à la législation et aux conventions internationale. De là à voir le G8 militer pour l’égalité dans l’héritage, c’est un pas qui serait difficile à franchir en raison de la multitude de sensibilités qui existent dans ce pôle.

D’ailleurs, la patte des islamistes du Parti de la renaissance et de la vertu (PRV) figure, elle, bel et bien dans le programme. Ainsi, un des objectifs de l’alliance est de « préserver l’identité religieuse des Marocains à travers un islam sunnite modéré ».

Un élément de satisfaction pour Mohamed Khalidi, secrétaire général du PRV, qui nous confie avoir insisté pour que ce point figure dans le programme.

Un milliard pour la culture

Le programme du G8 s’articule autour de trois axes qui sont la « confiance », la « dignité » et le « développement économique ». Sur cette dernière thématique, l’alliance des huit espère relever la croissance de 4,5% à 6% à l’horizon 2016.

Le nombre de points gagnés permettrait la création de 150 000 emplois, promettent-ils. L’alliance entend également baisser l’imposition sur les PME et s’intéresser au monde rural et surtout aux montagnes, « pour que le scandale d’Anfgou ne se reproduise plus », lance l’intervenant du MP.

Les huit veulent aussi consacrer un milliard de dirhams à la culture et espèrent une loi sur l’officialisation de l’amazigh « sans retour sur les avancées » (ndlr : le tifinagh mis en place par l’IRCAM).

La rencontre a surtout été marquée par une intervention énergique de Abdelkrim Benatiq (Parti travailliste), qui a tiré à boulets rouges sur la Koutla et surtout sur le PJD, sans les nommer.

« Il y a des gens qui ont un projet proche de celui des islamistes qui ont égorgé des innocents en Algérie ! (ndlr : le PJD)… Si quelqu’un s’avise de toucher aux acquis des femmes, nous sortirons manifester ! » Voilà qui promet des débats houleux lors de la campagne.

Zakaria Choukrallah


Alliances : la balle au centre

Après la récente création du G8, voici l'Alliance du centre. Les divergences idéologiques cachent d'autres motifs de rupture moins louables.

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Mezouar n'a pas fait que des heureux ; les mécontents du G8 ont planché pendant quelques jours avant de lancer leur « Alliance des partis du centre ». La naissance officielle, qui date du 26 octobre, a été suivie de réunions marathon des états-majors du Mouvement démocratique et social (MDS), du Parti Al AhdAddimocrati et du Parti du renouveau et de l'équité (PRE).

Cette initiative intervient quelques jours seulement après l'annonce de la formation d'une grande coalition comptant huit partis : le Rassemblement national des indépendants (RNI), l'Union constitutionnelle (UC), le Mouvement populaire (MP), le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti socialiste (PS), le Parti de la gauche verte (PGV), le Parti travailliste (PT) et le Parti de la renaissance et de la vertu (PRV).

Les dirigeants du nouveau pĂ´le se dĂ©fendent d'avoir rĂ©agi Ă  la crĂ©ation du G8. « Cela fait plus d'une  annĂ©e que l'on avait dĂ©cidĂ© avec le Mouvement populaire d’étudier la possibilitĂ© de former une union de partis ; cette option avait Ă©tĂ© validĂ©e par les bureaux politiques du MDS, d’Al Ahd, du PRE et du MP.

Certains milieux étaient inquiets de cette union. Au même moment, l’union des partis avait été supprimée de la nouvelle loi des partis politiques, ce qui nous avait poussés à abandonner l’option de l’union », explique AbdessamadArchane, le numéro deux du MDS.

« Nous avons Ă©tĂ© crĂ©Ă©s par le peuple Â»

Même si les partis formant cette union sont restés attachés à un cadre commun de coordination, le MP de MohandLaenser a décidé de faire cavalier seul au début, avant de rejoindre le G8.

Selon NajibWazani, secrétaire général du parti Al AhdAddimocrati, « actuellement, il y a une alliance de la droite traditionnelle orientée contre les partis de la gauche et contre les partis à référentiel islamique. Notre alliance n’a aucun problème ni avec la droite ni avec la gauche ou les islamistes.

Il faut préciser que les partis de la droite ont été fabriqués par l’administration. Nous, nous avons été créés par le peuple, nous avons notre liberté d’initiative et nous n’avons aucun complexe vis-à-vis d’aucune alliance ».

C’est la première fois que NajibWazani, qui avait été l’un des artisans de la création du PAM, sort de son mutisme après avoir décidé de quitter le parti du tracteur et fondé le sien. Pour ce Rifain qui réussit toujours envers et contre tous à se faire élire à Nador, l’alliance de droite (G8) a été formée contre les partis de la gauche.

« Cette droite court derrière le pouvoir, ces partis essaient de donner l’impression aux citoyens d’être de grands partis et font main basse sur les médias publics. Nous refusons de classer les partis entre grands et petits, ce sont les résultas du scrutin qui donneront à chacun la place qu’il mérite », s'insurge NajibWazani.

Et c’est avec un discours critique qu'il défend son alliance du centre. « Nous ne sommes pas une alliance cocotte-minute, nous avons été combattus par certains milieux. La loi des partis politiques a même été changée pour que l’union des partis soit abandonnée. »

Une position confirmée par ChakirAchehbar qui affirme que « l’Alliance pour la démocratie » était la dénomination prévue pour l’Alliance du centre : « Certains ont été jaloux de cette appellation et se sont même accaparé la formule. »

Barrer la route aux barons

Concernant les élections, cette alliance formée par des partis qui ont une particularité rurale et régionale espère rafler des sièges dans leurs fiefs électoraux. « Ce qui nous fait peur, c'est l’intervention de l’administration et nous allons la combattre de toutes nos forces.

Nous espérons barrer la route aux barons des élections en appelant à la participation massive des électeurs. L’abstention est devenue un fonds de commerce qui favorise certains partis. »

Interrogé sur le timing de cette nouvelle alliance, AbdessamadArchane affirme que les alliances qui ont fait du tapage médiatique dernièrement sont contre nature : « Notre alliance est homogène et nous n’avons été poussés par aucune partie. »

NajibWazani enfonce le clou : « Les partis de l’administration qui forment l’alliance de droite ne sont pas libres de leur destin, nous au contraire, nous sommes libres de nos décisions. »

Mohamed El Hamraoui


Une boussole pour bien voter

Augmenter le SMIG va-t-il impacter les entreprises ? », « Est-ce que l’Etat doit embaucher les chômeurs dans la fonction publique ? », « Faut-il séparer le religieux et le politique ? »… En répondant à 30 questions comme celles-ci, le site morocco.bosala.org va vous révéler avec quel parti politique vous avez le plus d’affinités.

Cette initiative indépendante, lancée depuis 2006 par Radio Netherlands dans plus de 33 pays (dont le dernier en date est la Tunisie), explore maintenant les législatives 2011 et les programmes de nos partis.

A la fin de l’exercice totalement anonyme, une boussole apparaît et vous place sur l’échiquier politique. Vous pourrez alors explorer en détail les programmes, les questions clés avec lesquels vous êtes d’accord ou pas, et décider qui vous représente le mieux (des partis boycotteurs sont aussi représentés, mais pas le PSU).

Douze formations ont été sélectionnées par une équipe de chercheurs selon des critères de représentativité et de présence dans les débats. « L’objectif est de pousser vers la rationalisation des votes. Pour que les citoyens votent pour des programmes et non plus pour des personnes », explique le journaliste et modérateur TaoufikBouachrine lors de la présentation du projet, lundi 31 octobre.

Mais attention, il ne s’agit pas de vous dire pour qui vous devriez voter mais simplement de vous orienter et de contribuer à l’éveil citoyen. L’outil, simple d’accès malgré quelques légers bugs, est une initiative qui a fait ses preuves ailleurs. Et libre à vous, à la fin, de répondre à des questions supplémentaires si vous souhaitez aller plus loin.

Zakaria Choukrallah

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