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Gouvernement.  On a le casting, on attend le film !
actuel n°123, vendredi 6 janvier 2012
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Abdelilah Benkirane a dû croiser le fer avec ses alliés pendant plus d'un mois avant d’arriver à un accord. Résultat : l'exécutif né de l'alliance entre le PI, le MP et le PPS est moins pléthorique que le cabinet sortant, mais bien en deçà des attentes populaires.


 

Maîtrise de soi, termes mesurés, instrumentalisation à outrance des signes d'apaisement. Benkirane, qui sortait de la traditionnelle cérémonie de présentation du gouvernement au roi, sait qu'il brigue une fonction exceptionnelle dans des conditions exceptionnelles et il tenait à le faire savoir.

 Â«â€‰Ce gouvernement demeurera fidèle Ă  tous les engagements auxquels l'Etat a souscrit, partant de notre fidĂ©litĂ© aux principes et valeurs qui sont les nĂ´tres. » Sous couvert de faire des concessions sur la forme, Benkirane n'a renoncĂ© Ă  rien sur le fond.

 Il tenait tellement Ă  ce que le vĂ©ritable patron de l'exĂ©cutif ce soit lui. Et pour cause, le Parti justice et dĂ©veloppement (PJD) a arrachĂ© 12 ministères sur 30 pour un score somme toute modeste aux lĂ©gislatives.

 Benkirane a ferraillĂ© dur pour arracher le dĂ©partement de la Justice que le bouillant Mustafa Ramid devra dĂ©sormais piloter. Le ministère de souverainetĂ© des Affaires Ă©trangères revient Ă  Saâd-Eddine El Othmani, qui devra abandonner son cabinet de psychiatrie et sa dĂ©putation de MohammĂ©dia pour sillonner le monde. Un challenge pour ce diplomate nĂ©ophyte.

 MĂŞme si sur la forme, Benkirane n'a pas rĂ©ussi Ă  obtenir le poste de vice-prĂ©sident du gouvernement pour son Ă©minence grise, Abdellah Baha n'en occupera pas moins la fonction en tant que ministre d'Etat... sans portefeuille. Un titre dĂ©criĂ© par la rue.

 Parmi les raisons qui ont retardĂ© la formation du gouvernement, l'âpre bataille que se sont livrĂ©e le PJD et l'Istiqlal pour affecter le portefeuille de l'Equipement. C'est finalement une grosse pointure du PJD, Aziz Rebbah, qui a Ă©tĂ© nommĂ©e Ă  la tĂŞte de ce dĂ©partement.

 Cet ingĂ©nieur, Ă©lu dĂ©putĂ© de la circonscription de KĂ©nitra et prĂ©sident du conseil urbain de la ville depuis 2009, aura fort Ă  faire dans un ministère riche mais que les Istiqlaliens ont noyautĂ© de l'intĂ©rieur, avant le dĂ©part de Karim Ghellab.

 Quant Ă  Najib Boulif, qui lorgnait le dĂ©partement de l'Economie et des Finances, il s'occupera du ministère dĂ©lĂ©guĂ© auprès du chef de gouvernement chargĂ© des Affaires gĂ©nĂ©rales et de la Gouvernance.

 Pour ce qui est de l'Ă©pineux secteur de l'Enseignement supĂ©rieur, le roi a validĂ© la candidature de Lahcen Daoudi, l'Ă©conomiste en chef des islamistes. Comme toujours, Benkirane garde plusieurs fers au feu.

 DĂ©cidĂ© Ă  peser concrètement sur le volet social, le PJD hĂ©rite Ă©galement de la Communication, du ministère de la SolidaritĂ©, de la Femme, de la Famille et du DĂ©veloppement social, de celui des Relations avec le Parlement et la sociĂ©tĂ© civile et du ministère nouvellement crĂ©Ă© de l'Economie et des Finances chargĂ© du Budget.

 Cette profusion de portefeuilles ne peut Ă©vacuer la question qui fâche : les islamistes auront-ils les coudĂ©es franches pour mener Ă  terme leur programme ? Rien n'est moins sĂ»r. Le puissant ministère de l'IntĂ©rieur est revenu Ă  Mohand Laenser, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Mouvement populaire, mais il est fort probable que le vĂ©ritable patron de ce dĂ©partement sensible sera Charki Draiss, l'ancien patron de la police nommĂ© ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă  l'IntĂ©rieur.

 L'Habitat, qui donne des cheveux blancs Ă  tous les gouvernements successifs, revient Ă  Nabil Benabdellah, l'alliĂ© contre nature des islamistes. Si le ministère de la DĂ©fense nationale, toujours aux mains de Abdellatif Loudiyi, ne pose pas de problèmes majeurs, le maintien d’Ahmed Toufiq Ă  la tĂŞte des Affaires islamiques anĂ©antit complètement les ambitions de Benkirane, qui espĂ©rait mettre la main sur le pactole des Habous pour financer sa politique sociale.

 Ainsi, la moralisation de la vie politique et la rationalisation de la gestion des deniers publics, principaux chevaux de bataille des islamistes qui s’apprĂŞtent Ă  vivre leur baptĂŞme du feu aux commandes du pays, risquent de passer pour de simples slogans Ă©lectoraux. D’autant que deux dossiers brĂ»lants attendent Benkirane : l’examen de passage de la dĂ©claration gouvernementale et le projet de loi de Finances toujours en suspens.

Abdellatif El Azizi

Istiqlal

Les fourberies de Abbas El Fassi

Sacré Abbas El Fassi ! Malgré sa mine débonnaire et son allure de chef de gouvernement d'opérette, le patron de l'Istiqlal a roulé tout le monde dans la farine en réussissant à placer une bonne partie des membres de sa famille dans le gouvernement Benkirane, sans compter les figures honnies par la base.

 Son gendre, Nizar Baraka, dont le bilan Ă  la tĂŞte des Affaires gĂ©nĂ©rales est mitigĂ©, hĂ©rite du confortable portefeuille des Finances, malgrĂ© l'opposition des islamistes qui soutenaient Najib Boulif.

 Un autre membre de la famille El Fassi, Mohamed El Ouafa, a Ă©tĂ© rapatriĂ© du BrĂ©sil oĂą il abandonne son poste d'ambassadeur pour s'occuper de l'Education nationale. Emanation d'une autre branche de l'Istiqlal, Fouad Douiri, le nouveau ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, doit beaucoup Ă  la notoriĂ©tĂ© de l’oncle (le père de Adil Douiri) mais il semble bĂ©nĂ©ficier du consensus au sein des intellectuels de l’Istiqlal. Tandis que Abdessamad Qaiouh, le fils d'un notable honni par les militants de l'Istiqlal, est propulsĂ©, envers et contre tous, ministre de l'Artisanat.

 Il faut dire que l'ex-chef du gouvernement a usĂ© de toutes les ruses pour faire passer les membres de sa tribu, allant jusqu'Ă  nier avoir Ă©tabli une quelconque liste face Ă  ses ouailles qui lui demandaient des explications sur les profils choisis.

 RĂ©sultat, dimanche dernier, les membres du comitĂ© exĂ©cutif du parti de l'Istiqlal se sont concertĂ©s pour convenir de la tenue urgente d'une rĂ©union afin de dĂ©cider de la conduite Ă  tenir face aux diktats de Abbas El Fassi. Celui-ci a pris tout le monde de court lors de l’élaboration de la liste des ministrables du parti.

 Des personnalitĂ©s de premier plan comme Abdelkader El Kihel, patron de la Jeunesse istiqlalienne, que Hamid Chabat n'a pas rĂ©ussi Ă  placer, ou encore NaĂŻma Khaldoune, qui conduit la fronde au nom des femmes de l'Istiqlal, comptent bien mener la vie dure Ă  Abbas El Fassi en attendant de le chasser du parti.

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