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Tourisme :  Le rĂȘve allemand du Maroc
actuel n°133, vendredi 16 mars 2012
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Alors que les arrivĂ©es en provenance des pays latins s’effondrent, le Royaume mise sur le marchĂ© de l’Europe centrale dans la plus grande foire touristique du monde.


Il faut aller Ă  Berlin pour comprendre que la planĂšte regorge du « plus beau pays du monde ». Du 7 au 11 mars, au Salon international du tourisme (ITB), le Maroc s’exposait face Ă  ses 187 concurrents. Ce gigantesque salon accueille 170 000 visiteurs... dont 110 000 professionnels. A part l’Afghanistan et la Syrie,  presque tous les pays sont prĂ©sents, mĂȘme l’Irak qui a accueilli 5 000 touristes en 2011, et dont la charmante hĂŽtesse nous affirme qu’on peut s’y rendre en individuel. Sur le stand de la Libye, notre interlocuteur nous prĂ©cise qu’on n’a pas besoin de garde du corps et que dans trois mois, les hĂŽtels seront opĂ©rationnels.

L’espoir fait vivre et on en avait bien besoin dans la zone Afrique du Nord. Le tourisme a chutĂ© de 31% en Tunisie l’annĂ©e derniĂšre, et les hĂŽtels de Sharm El Sheikh en Egypte, pourtant loin de l’épicentre de la rĂ©volte, ont vu leur taux d’occupation s’effondrer de 39%. Il y a un effet domino de la panique qu’explique trĂšs bien Sabrina Teuber, directrice gĂ©nĂ©rale du tour operateur allemand Ecco Reisein : « Quand c’est parti en Tunisie, les rĂ©servations sur l’Egypte ont chutĂ©. Quand ça a commencĂ© en Egypte, tout s’est arrĂȘtĂ© sur la zone. Ne me demandez pas pourquoi Marrakech est impactĂ© par ce qui se passe au Caire. Les Allemands sont parfois stupides ! Je leur dis : "Quand il y a des problĂšmes Ă  Paris, vous annulez vos vacances en Espagne ?" » Le Maroc fait presque figure de petit chanceux dans ce contexte. Le tourisme s’est maintenu, mĂȘme si Abdellatif Kabbaj, le fondateur du groupe Kenzi, nuance : « Si les arrivĂ©es augmentent de 1% alors que la capacitĂ© hĂŽteliĂšre a augmentĂ© de 30% ces derniĂšres annĂ©es, on se retrouve avec des taux d’occupation Ă  41%. Or, un hĂŽtel, c’est rentable quand c’est rempli Ă  60% !  » On est loin du compte dans un pays oĂč  l’effet du Printemps arabe a Ă©tĂ© amplifiĂ© par l’Argana. Et paradoxalement, ce n’est mĂȘme pas Marrakech qui a le plus ressenti le souffle de l’attentat mais FĂšs ou Agadir. « En pĂ©riode de crise, ce sont les destinations qui ont la notoriĂ©tĂ© la plus faible qui souffrent le plus », remarque Abdelhamid Addou, directeur gĂ©nĂ©ral de l’OMNT.

Enfin, la crise en Europe touche d’autant plus le Royaume que ses principaux marchĂ©s Ă©metteurs, la France, l’Espagne et l’Italie, sont frappĂ©s de plein fouet. La tentation est donc grande de sĂ©duire le seul grand pays europĂ©en Ă©pargnĂ© par la crise : l’Allemagne. Les visiteurs allemands ont augmentĂ© de 7% l’annĂ©e derniĂšre dans le Royaume. Une bonne performance trĂšs relative car les 220 000 Allemands qui sont venus au Maroc ne sont qu’une goutte d’eau par rapport aux 11 millions de touristes  Made in Germany qui sillonnent la terre et dĂ©pensent prĂšs de 60 milliards d’euros par an. L’Allemagne est le premier marchĂ© Ă©metteur du monde.

 

Manque d’offres adaptĂ©es

Il y a  une quinzaine d’annĂ©es, on retrouvait ces tĂȘtes blondes Ă  Agadir oĂč ils reprĂ©sentaient 38% des arrivĂ©es. Mais ils sont passĂ©s de la premiĂšre Ă  la troisiĂšme place dans la capitale du Souss devenue « out of date », selon un tour operateur marocain. Pour Abderrahim Oummani, prĂ©sident du Centre rĂ©gional du tourisme (CRT) de la ville, la belle Ă©poque d’Agadir sur le marchĂ© allemand s’expliquait par l’absence de concurrence Ă  l’exception des Canaries. Depuis, il y a eu l’explosion de la Turquie, de l’Egypte, de la RĂ©publique dominicaine. Et, pour attirer les Allemands, il faut penser colossal. MalgrĂ© le bĂ©tonnage de sa plage, Agadir reste une petite station. « Ici, le tourisme est une vĂ©ritable industrie. Les TO ont besoin d’hĂŽtels Ă©normes pour faire venir des avions Ă©normes afin de loger Ă©normĂ©ment d’Allemands », explique Hatim El Gharbi, directeur de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) en Allemagne. Seul Marrakech a la taille critique pour attirer cette masse. Mais la ville ocre manque de plages recherchĂ©es par cette clientĂšle qui n’a accĂšs dans son pays qu’à quelques eaux glaciales. Alors, il n’y a que deux pages Maroc dans les brochures des TO allemands... contre une trentaine pour la Turquie. Le problĂšme, c’est que le Royaume n’a pas d’offres adaptĂ©es sauf Ă  Agadir.  « Nos familles aiment les hĂŽtels all inclusive ce qui est rarement le cas au Maroc », souligne Sabrina Teuber.

« Nous sommes le petit poucet. Le Maroc est une destination connue mais qui doit s’imposer », reconnaĂźt Hatim El Gharbi. Pour cela, le Royaume diversifie son offre en visant diffĂ©rents segments : l’incentive, les golfeurs, les Ă©colos sĂ©duits par le tourisme Ă©quitable et des stations comme Mogador, les adeptes du spa ou du caravaning... Toutes ces niches sont travaillĂ©es par l’ONMT qui invite agents de voyage et journalistes Ă  des voyages ciblĂ©s. Du 15 au 18 mars, les rĂ©dactrices fĂ©minines ont dĂ©couvert ainsi un tour « Agadir for women only ». Il reste maintenant Ă  les convaincre d’aller ailleurs que dans le Souss (63% des arrivĂ©es) et Ă  Marrakech (28%). Peanuts pour le reste du pays ! « Essaouira, personne ne connaĂźt chez nous, c’est tellement joli ! », s’exclame un invitĂ© lors d’une rĂ©ception chez l’ambassadeur du Maroc pendant le salon. Plage et culture : la ville a du potentiel pour les Allemands. « Mais, il faut des kids clubs et des loisirs », conclut Sabrina Tauber... et tant pis si on mange aussi mal que dans les hĂŽtels club d’Agadir. On ne sĂ©duit pas les Allemands avec les mĂȘmes arguments que les Français...

Eric Le Braz

Le tourisme se lùve à l’Est

« ça faisait vingt ans qu’on essayait de les convaincre ! Ils Ă©taient partout sauf au Maroc. » Il est 15h ce jeudi 8 mars et Abdelhamid Addou, le directeur gĂ©nĂ©ral de l’ONMT peut jubiler. Sameh Shalaby, le directeur des contrats de Alltours, le troisiĂšme TO allemand vient enfin de signer un accord pour programmer le Maroc dĂšs cet automne. Ce n’est pas la seule bonne nouvelle du salon. Le Maroc a aussi signĂ© avec le gros TO tchĂšque Exim qui programme des charters depuis Prague, Varsovie, Budapest et Bratislava. Sans compter d’autres partenariats avec des petits TO slovaques. Berlin est vraiment la porte d’entrĂ©e pour conquĂ©rir l’Europe de l’Est. Ces nouveaux touristes reprĂ©sentent dĂ©jĂ  10% des arrivĂ©es sur Agadir. Leurs spĂ©cificitĂ©s : c’est qu’ils ne parlent que leur langue (et l’allemand) et qu’ils ont besoin de plages et de soleil ! Ce qui ne sera pas forcĂ©ment l’unique credo de Alltours. « MeknĂšs et FĂšs sont mes destinations favorites, estime Sameh Shalaby. Les Allemands aiment aussi la culture... Ă  condition de la combiner avec la plage ! » Une idĂ©e justement dĂ©fendue par Abderrahim Oummani Ă  Agadir qui veut monter des produits communs avec Marrakech pour des sĂ©jours combinĂ©s. Mais on peut aussi imaginer des sĂ©jours FĂšs-Saidia ou MeknĂšs-Lexus...

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