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Interview, Philippe Doizelet  La formation, le maillon faible
actuel n°110, vendredi 30 septembre 2011
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Le Maroc sĂ©duit toujours les majors internationaux de l’hĂŽtellerie. En tĂ©moigne le nombre de nouvelles implantations et les projets d’extension hĂŽteliĂšre. Philippe Doizelet, directeur gĂ©nĂ©ral de Howarth HTL (France), spĂ©cialiste du conseil en hĂŽtellerie, restauration et loisirs, dĂ©cortique l’offre Maroc et propose des vecteurs de positionnement. Entretien.


 ***

actuel. Quel regard portez-vous sur l’hîtellerie marocaine ?

Philippe Doizelet : Au Maroc, l’hĂŽtellerie est Ă  plusieurs vitesses car elle rĂ©pond Ă  plusieurs logiques. Mais, globalement, l’offre Maroc est riche et trĂšs diversifiĂ©e. Il s’agit seulement de la repenser pour mieux l’adapter aux nouveaux besoins. C’est une invitation Ă  la crĂ©ativitĂ© et Ă  l’innovation par une meilleure catĂ©gorisation des types d’hĂ©bergement, d’offres et de pratiques qui s’y rattachent.

 

ConcrÚtement, quels vecteurs de positionnement préconisez-vous ?

En premiĂšre ligne, il y a le segment trĂšs haut de gamme qui est destinĂ© Ă  une clientĂšle d’affaires internationale. C’est un marchĂ© assez restreint, mais il est en plein dĂ©veloppement car il correspond Ă  des besoins croissants au Maroc puisque l’économie marocaine se dĂ©veloppe ainsi que les Ă©changes, et pas seulement avec l’Europe.

Aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs internationaux s’intĂ©ressent Ă  ce segment notamment Ă  Casablanca. En revanche, l’hĂŽtellerie 4* est un maillon faible au Maroc mĂȘme si elle a bĂ©nĂ©ficiĂ© rĂ©cemment de l’arrivĂ©e de nouveaux opĂ©rateurs, avec l’ouverture de nouvelles unitĂ©s comme Novotel ou Barcelo.

Je pense que ce crĂ©neau reprĂ©sente une rĂ©elle opportunitĂ© pour les opĂ©rateurs marocains qui peuvent s’y intĂ©resser par le biais de la franchise. Idem pour l’hĂŽtellerie 3* qui est, aujourd’hui, le parent pauvre de l’industrie hĂŽteliĂšre au Maroc.

Pourtant, un rĂ©el besoin se fait sentir de plus en plus pour ce type d’hĂ©bergement notamment dans les rĂ©gions. Avec l’avĂšnement du TGV qui se mettra bientĂŽt en place et l’essor des infrastructures routiĂšres et autoroutiĂšres, les Marocains qui se dĂ©placent Ă  travers le Royaume ont besoin de solutions d’hĂ©bergement adaptĂ©es et accessibles.

Aujourd’hui, hormis quelques unitĂ©s dont la chaĂźne des Ibis, le Maroc en est encore Ă  ses balbutiements sur ce segment qui dispose d’un rĂ©el potentiel. C’est une opportunitĂ© pour les chaĂźnes marocaines qui peuvent dĂ©velopper leurs propres unitĂ©s Ă©conomiques.

Concernant les structures de loisirs, elles rĂ©pondent Ă  un modĂšle diffĂ©rent basĂ© sur le tour opĂ©rateur. Dans leur logique de distribution, ce n’est pas la marque hĂŽteliĂšre qui est mise en avant mais plutĂŽt celle du TO.

 

Il y a aussi les maisons d’hîtes


En effet, ce type d’hĂ©bergement constitue un avantage comparatif pour le Maroc puisqu’elles structurent son identitĂ© touristique. Mais les diffĂ©rentes maisons d’hĂŽtes, prises bout Ă  bout, constituent une myriade d’unitĂ©s assez significatives mais elles restent trĂšs atomisĂ©es.

Elles ne sont pas construites sur le mĂȘme modĂšle hĂŽtelier et n’obĂ©issent pas aux mĂȘmes rĂšgles. Dans certaines villes comme FĂšs et Marrakech, ce type d’hĂ©bergement est plĂ©biscitĂ© par les consommateurs.

Aujourd’hui, ce mode particulier vient concurrencer le modĂšle classique basĂ© sur le tour opĂ©rateur qui, dans certaines destinations, a atteint son seuil d’investissement. En effet, le modĂšle qui comporte l’hĂ©bergement en hĂŽtel 3* proposĂ© aux tours opĂ©rateurs, dĂ©veloppĂ© il y a trente ans, doit ĂȘtre repensĂ©. En rĂ©alitĂ©, il faut inventer de nouvelles logiques pour garder le cap.

 

Quels sont les maillons faibles qui plombent encore l’essor de l’industrie hîteliùre au Maroc ?

C’est le sempiternel problĂšme de la formation. Le manque de ressources humaines qualifiĂ©es constitue le principal maillon faible de cette industrie. D’ailleurs, cela a poussĂ© certains groupes prĂ©sents au Maroc Ă  dĂ©velopper leurs propres centres de formation comme c’est le cas pour le groupe Accor qui a montĂ© son acadĂ©mie. A cĂŽtĂ© de cela, il y a la culture du service, qu’il ne faut pas confondre avec la culture hospitaliĂšre marocaine, et qui fait aussi dĂ©faut.

Propos recueillis par Khadija El Hassani

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