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Tourisme : SaĂŻdia, douze mois pour sauver la station  
actuel n°164/165, jeudi 18 octobre 2012
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Le dĂ©lai est serrĂ© mais Lahcen Haddad est dĂ©cidĂ©  Ă  rattraper les erreurs pour remettre la station balnĂ©aire sur les rails. A condition que tout le monde mette la main Ă  la pĂąte et se sente responsable.


Les superbes paysages qui dĂ©filent tout au long du trajet brisent agrĂ©ablement la monotonie de l’autouroute Rabat-Oujda, plutĂŽt fluide en cette fin de semaine. AprĂšs six heures de route, Ă  la sortie de cette nouvelle voie rapide qui mĂšne vers SaĂŻdia, le paysage change brutalement. Mais pas seulement. La route devient cahoteuse et l’éclairage dĂ©fectueux. En l’absence d’indications, plusieurs arrĂȘts sont nĂ©cessaires pour demander le chemin vers SaĂŻdia. Cette route, pourtant assez frĂ©quentĂ©e, s’avĂšre inquiĂ©tante Ă  la tombĂ©e de la nuit : accidentĂ©e, mal entretenue, et surtout mal Ă©clairĂ©e, elle impose d’emblĂ©e aux conducteurs une vitesse limitĂ©e et une vigilance accrue. Alors que le tapage mĂ©diatique autour de la station balnĂ©aire de SaĂŻdia n’a jamais cessĂ© depuis son lancement, il est frappant de se rendre compte sur le terrain de la raretĂ© des indications menant vers la station. Aussi, faut-il ĂȘtre vigilant et persĂ©vĂ©rant pour rĂ©ussir Ă  trouver la bonne direction.

Bienvenue Ă  SaĂŻdia, perle bleue de l’Oriental. Dans l’obscuritĂ©, la station donne l’impression d’une ville fantĂŽme Ă©clairĂ©e par les rares lumiĂšres de quelques rĂ©sidences touristiques. Plus loin, se dĂ©tache, dans le noir, un alignement de projets immobiliers. Point de verdure. A peine quelques rares arbres dĂ©cimĂ©s ça et lĂ , et des nuĂ©es de moustiques Ă©clairĂ©es par le halo des lumiĂšres des hĂŽtels. A cette ambiance pesante s’ajoute l’odeur nausĂ©abonde des eaux usĂ©es qui masquent la senteur marine habituellement chargĂ©e d’iode. « Pas moins de 70% des rĂ©clamations des clients sont liĂ©es Ă  des problĂšmes d’environnement : chantiers inachevĂ©s, amoncellements de dĂ©chets et de dĂ©tritus, mauvaises odeurs, moustiques... », rĂ©vĂšle d’ailleurs un diagnostic Ă©tabli par le ministĂšre du Tourisme, effectuĂ© Ă  partir de critiques Ă©manant de la clientĂšles des complexes hĂŽteliers. DĂ©concertante de rĂ©alisme, l’enquĂȘte diagnostic rompt avec les habituelles dĂ©clarations teintĂ©es de complaisance. PrĂŽnant pragmatisme et culture du rĂ©sultat, le ministĂšre du Tourisme adopte une nouvelle approche pour remettre vĂ©ritablement la station sur les rails.

Face Ă  l’urgence de la situation, l’équipe de Lahcen Haddad opte pour l’identification des problĂšmes avant d’arrĂȘter, en concertation avec toutes les parties prenantes (opĂ©rateurs, autoritĂ©s locales, Ă©lus...), des solutions concrĂštes. « Nous n’avons plus droit Ă  l’erreur. Il s’agit d’ĂȘtre pragmatique et d’aller au cƓur des problĂšmes », martĂšle le ministre du Tourisme, lors de sa derniĂšre rencontre Ă  SaĂŻdia avec les opĂ©rateurs et les responsables locaux concernĂ©s par la gestion et la promotion de la station. Ce diagnostic devrait donc servir de base pour un plan d’action concertĂ©, destinĂ© Ă  rectifier le tir et Ă  gommer les erreurs qui ternissent l’image de SaĂŻdia et plombent son dĂ©collage. Deux semaines. C’est le dĂ©lai retenu pour finaliser ledit plan d’action. Un dĂ©lai court, mais imposĂ© par l’urgence des dĂ©cisions Ă  arrĂȘter, et la nĂ©cessitĂ© de passer Ă  la mise en Ɠuvre avant le dĂ©marrage de la prochaine saison, donc, d’ici mars 2013. « Il faut montrer aux tour-opĂ©rateurs que la station Ă©volue », insiste Haddad.

 

Service non conforme

Parmi les dysfonctionnements et manquements diagnostiquĂ©s, certains sont lourds de consĂ©quences puisqu’ils font fuir les touristes. C’est le cas, par exemple, de la clientĂšle française qui a dĂ©sertĂ© SaĂŻdia en raison de la qualitĂ© de service non conforme aux standards affichĂ©s par les hĂŽtels de la station. Par ailleurs, entre juin et septembre, la station a souffert d’une chute de 19% du nombre de nuitĂ©es dĂ©clarĂ©es par les hĂŽteliers, souligne Wessal Gharbaoui, chef du cabinet du ministre. Que ce soit l’accueil, la rĂ©servation, l’attribution des chambres, le service d’étage, au restaurant ou dans les spas, la qualitĂ© de service laisse Ă  dĂ©sirer. Les raisons de ces contre-performances : un personnel insuffisant et peu qualifiĂ©, un taux d’encadrement en deçà des besoins, sans oublier un dĂ©ficit au niveau des Ă©quipements. « Or, c’est Ă  l’aune du service qu’une structure touristique est jugĂ©e. » Egalement pointĂ©e du doigt, l’absence d’un dispositif de navette entre les hĂŽtels et la marina, d’une part, entre les hĂŽtels et la ville d’autre part. Cette carence conjuguĂ©e Ă  la formule all inclusive adoptĂ©e par les hĂŽteliers, confine les touristes dans les hĂŽtels et pĂ©nalise les autres composantes de la station (restaurateurs, commerces...).

La liste des insuffisances et lacunes est loin d’ĂȘtre exhaustive. Mais le temps presse, et un plan d’action doit ĂȘtre mis en Ɠuvre au plus vite pour redresser la situation de la station SaĂŻdia. LĂ  aussi, le pragmatisme est de rigueur. « Il s’agit de prĂ©ciser les chantiers et les responsabilitĂ©s. Il faut dĂ©finir qui fait quoi et dans quel dĂ©lai », insiste le ministre cherchant Ă  dĂ©crocher des engagements fermes de la part des diffĂ©rents opĂ©rateurs et autres responsables locaux. L’idĂ©e est de mobiliser tout en responsabilisant, chacun dans son domaine, et en incitant au respect des engagements et des Ă©chĂ©anciers. La mĂ©thode Haddad parviendra-t-elle Ă  sauver SaĂŻdia ? Douze mois pour le prouver.

Khadija El Hassani

Pour des saisons  plus longues

 

Grand pari. C’est le moins que l’on puisse dire de l’ambition du ministre de prolonger la saison touristique au-delĂ  des mois d’étĂ©. Convaincu des retombĂ©es positives d’une telle dĂ©cision sur l’activitĂ©, le ministre incite les enseignes hĂŽteliĂšres Ă  rester ouvertes, du moins en partie, mĂȘme pendant la basse saison. De la sorte, l’activitĂ© touristique saura se dĂ©velopper en variant son offre et en misant sur d’autres produits (culturel, affaires...). En effet, depuis l’inauguration de la station, des hĂŽtels ont progressivement ouvert plus longtemps, d’annĂ©e en annĂ©e, notamment par un effet de retour d’expĂ©rience, soulignent des opĂ©rateurs. Parmi eux, Oriental Bay Beach (ex-Barcelo). « Nous avons dĂ©marrĂ© tard la saison, nous sommes dĂ©cidĂ©s Ă  rester ouverts mĂȘme en basse saison », affirme Amal Benzari, son general manager. Cette tendance est Ă  confirmer Ă  l’avenir. D’ailleurs, l’ambition partagĂ©e aujourd’hui est d’arriver Ă  faire vivre la station toute l’annĂ©e. Autre argument avancĂ© par le ministre, la possibilitĂ© pour les hĂŽteliers de retenir et de fidĂ©liser leur personnel. En effet, l’une des remarques qui revient frĂ©quemment dans la bouche des professionnels est liĂ©e Ă  la difficultĂ© Ă  retenir sur place les ressources humaines. FormĂ©es le temps d’une saison, elles s’empressent de voler vers d’autres destinations, dĂšs que la basse saison pointe son nez.

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