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Privatisation : On racle les fonds de tiroir 
Actuel n°88, vendredi 1 avril 2011
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MĂȘme si Mezouar affirme que les recettes seront affectĂ©es Ă  un fonds dĂ©diĂ© Ă  l’investissement public, la reprise des privatisations laisse perplexe. Analyse.


***

La privatisation revient au goĂ»t du jour. AprĂšs deux annĂ©es de pause, le gouvernement se rĂ©sout Ă  se dĂ©lester d’une partie des entreprises publiques qui sont encore dans son giron, pour doper ses recettes, en ces temps de vaches maigres.

Il vient donc de dĂ©cider de sonder le marchĂ© en lançant un appel Ă  manifestation d’intĂ©rĂȘt pour la cession de 100% du capital de la SociĂ©tĂ© de Sel de MohammĂ©dia (SSM), pour un montant minimum de 45,3 millions de dirhams. Au-delĂ  des contraintes d’ordre budgĂ©taire, le gouvernement initie l’opĂ©ration Ă  un moment jugĂ© plutĂŽt opportun, compte tenu du dynamisme de la demande et du potentiel de croissance que recĂšle le secteur.

 

Finances sous haute tension

Toutefois, et mĂȘme si Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances, a rĂ©cemment affirmĂ© sa dĂ©termination Ă  ne pas puiser dans les recettes de privatisation pour financer les dĂ©penses de fonctionnement, force est de constater que le processus est enclenchĂ© Ă  un moment oĂč les finances publiques sont sous haute tension du fait, notamment, de l’explosion des dĂ©penses de compensation. « Le budget de l’Etat est entiĂšrement autonomisĂ© et les recettes de privatisation seront affectĂ©es en totalitĂ© Ă  l’investissement via un fonds dĂ©dié », rassure l’argentier du Royaume.

Il est vrai que, pour ne pas compromettre la rĂ©alisation de tous les grands projets d’infrastructures et de dĂ©veloppement sectoriel dĂ©jĂ  sur les rails, le gouvernement devra se montrer, plus que par le passĂ©, rigoureux dans la gestion des deniers publics. Ce qui suppose la mise en place rapide de mesures draconiennes pour rationaliser les dĂ©penses et rĂ©duire le train de vie de tous les dĂ©partements ministĂ©riels, sans exception.

La rĂ©cente circulaire du Premier ministre, Abbas El Fassi, invitant les ministĂšres Ă  se serrer la ceinture, annonce dĂ©jĂ  la couleur. Reste Ă  savoir si ces recommandations auront un impact rĂ©el sur la maĂźtrise des dĂ©penses publiques dans les prochains mois. Et mĂȘme si Mezouar Ă©carte, du moins pour l’instant, l’éventualitĂ© de recourir Ă  un nouvel emprunt international, celui-ci paraĂźt incontournable pour bon nombre d’observateurs. Cependant, il faudra, lĂ  aussi, attendre le moment opportun. Pour rappel, le Maroc avait, en octobre 2010, rĂ©ussi Ă  lever 1 milliard d’euros sur une durĂ©e de 10 ans Ă  un taux de 4,5% par an. Des conditions jugĂ©es satisfaisantes compte tenu de la tension qui sĂ©vit sur les marchĂ©s internationaux.

Dans l’immĂ©diat et Ă  l’heure oĂč le mot d’ordre est lancĂ© pour s’en tenir Ă  une austĂ©ritĂ© budgĂ©taire, le gouvernement met donc sur le marchĂ© 453 000 actions de SSM dĂ©tenues par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONYM), sur le conseil de la banque d’affaires, Attijari Finances Corp.

Les soumissionnaires potentiels ont jusqu’au 13 juin prochain pour prĂ©senter leur offre technique et financiĂšre. Sont particuliĂšrement ciblĂ©s, les exploitants de gisements de sel, des marais salant, mais aussi de gisements miniers ainsi que les opĂ©rateurs du secteur chimique et parachimique.

D’autres privatisables pourraient emboĂźter le pas Ă  SSM, comme Sococharbo, Biopharma et Briqueterie Tuilerie Nord-Africaine. Pour ces trois entitĂ©s, l’audit a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© et le placement est en cours. En revanche, pour Ittisalat Al-Maghrib, Marsa Maroc et CIH, le processus n’est pas encore enclenchĂ©. Le gouvernement se rĂ©serve sans doute le meilleur pour la fin.

Mouna Kably

Citation

Le mot d’ordre est lancĂ© pour s’en tenir Ă  une austĂ©ritĂ© bugĂ©taire.

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