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Saison estivale : Les opĂ©rateurs anticipent le Ramadan  
actuel n°144, vendredi 1 juin 2012
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Cette année, le Ramadan est à cheval entre juillet et août. La période estivale est de plus en plus courte pour les professionnels du tourisme. Tout en restant prudents, les opérateurs ne semblent pas trop inquiets.


Le tourisme interne reprĂ©sente Ă  peine 26% du secteur au Maroc. Et l’ambition affichĂ©e par le ministre actuel, Lahcen Haddad, est de porter Ă  40% la contribution de la demande domestique. Comment y arriver ? « En optant pour l’animation et en proposant des packages innovants », a-t-il proposĂ©, lors d’une confĂ©rence organisĂ©e par le Club Entreprendre. La proposition est d’autant plus d’actualitĂ© que le ramadan tombe cette annĂ©e en pleine saison estivale.

L’annĂ©e derniĂšre, beaucoup de Marocains rĂ©sidant Ă  l’étranger (MRE) ont Ă©tĂ© obligĂ©s d’avancer leur date de retour. Ainsi, la saison estivale avait dĂ©marrĂ© dĂ©but juin, pour se terminer entre le 1er et le 10 aoĂ»t. « L’annĂ©e derniĂšre, nous avons enregistrĂ© une baisse de 30% de l’activité », confie Rita Damir, associĂ©e gĂ©rante de Playa del Mar, une plage privĂ©e de Tamaris, Ă  proximitĂ© de Casablanca.

 

Plan d’action spĂ©cial ramadan

Les responsables des plages privĂ©es sont conscients que l’annĂ©e en cours risque d’ĂȘtre plus sĂ©vĂšre si rien n’est entrepris. « Nous avons menĂ© une rĂ©flexion pour choisir la meilleure date pour l’ouverture de nos portes. En parallĂšle, un plan d’action a Ă©tĂ© spĂ©cialement conçu pour le mois de ramadan », explique Rita Damir.

Sports et loisirs durant la journĂ©e, gastronomie et animation dĂšs le coucher du soleil, telles sont les grandes lignes de ce plan. C’est ainsi que sont prĂ©vus des ftours avec animations, des packs familiaux ou pour enfants (-50% sur le prix des transats, -30% sur les offres de dĂ©jeuner). L’objectif est d’augmenter le trafic. Une fois le client sur place, tout l’enjeu sera de l’inciter Ă  consommer.

 

Sport et bien-ĂȘtre Ă  la carte

En attendant de se dĂ©cider Ă  ouvrir leurs portes, d’autres se sont dĂ©jĂ  jetĂ©s dans le bain. A l’image d’Aquaparc qui accueille ses premiers nageurs. Le rush des clients qui veulent profiter des derniĂšres semaines avant le ramadan oblige les responsables Ă  ĂȘtre en permanence sur le terrain. Impossible donc de les joindre pour avoir des informations sur leurs prĂ©paratifs. La mythique piscine, Tahiti Beach, a Ă©galement ouvert plus tĂŽt. « Nous avons concoctĂ© des offres spĂ©ciales pour la famille. Le thĂšme spĂ©cial de cette annĂ©e sera le sport et le bien-ĂȘtre », nous apprend Virginie Castallan, responsable de communication de Tahiti Beach. Mais il faudra attendre la mi-juin pour avoir plus d’informations. Car il n’est pas question de partager ses secrets, au risque de se voir copier.

 

Une offre pour la clientĂšle Ă©trangĂšre

MalgrĂ© ces amĂ©nagements, les professionnels sont conscients que la baisse de l’activitĂ© risque facilement d’atteindre 40% pendant le ramadan. Pour sauver la mise, certains d’entre eux espĂšrent un afflux de clients Ă©trangers. « Beaucoup de nos clients Ă©trangers prĂ©fĂšrent venir durant les pĂ©riodes oĂč il n’y a pas beaucoup de monde. Cette annĂ©e, ils seront bien servis », explique le gĂ©rant d’une plage privĂ©e Ă  Casablanca. Cette situation arrange certains touristes qui profitent du peu d’affluence pour avoir plus de libertĂ© et profiter de toute l’attention du staff.

Pour les voyagistes, la clientĂšle Ă©trangĂšre constitue une cible privilĂ©giĂ©e en vue de sauver la saison. « Nous devrions surtout promouvoir cette saison Ă  l’international, en vantant le cĂŽtĂ© festif du mois sacrĂ©, aprĂšs la rupture du jeĂ»ne. Il n’y a, Ă  mon sens, aucune incompatibilitĂ© entre l’exercice de la foi et les activitĂ©s ludiques, une fois le devoir religieux accompli », explique Fouzi Zemrani, prĂ©sident fondateur du club des rĂ©ceptifs Marrakech Atlantique. Il ne s’agit donc pas de « rĂ©inventer la roue », mais de mettre en place des animations adaptĂ©es, des tournois sportifs, des confĂ©rences, et surtout des offres adaptĂ©es aux enfants. « Il faut proposer le ramadan aux touristes Ă©trangers comme un Ă©vĂ©nement exceptionnel, qu’ils ne vivront pas ailleurs, et en dehors de ce mois. Nous voyons bien que les expatriĂ©s s’adaptent, avec bonheur, Ă  cette pĂ©riode », ajoute Zemrani.

Pour leur part, les Marocains s’adapteront, si les horaires des repas sont respectĂ©s, si l’offre est allĂ©chante et s’ils peuvent vivre leur ramadan sans gĂȘne. Dans l’optique de convaincre les MRE de passer ce mois sacrĂ© au Maroc, les professionnels doivent concevoir des soirĂ©es thĂ©matiques durant l’étĂ©. Bien entendu, il faut que l’offre hĂŽteliĂšre suive. Mais si certains hĂŽteliers ont dĂ©jĂ  une idĂ©e prĂ©cise des actions Ă  entreprendre pour sauver la saison, d’autres n’ont aucune visibilitĂ©. C’est le cas par exemple du groupe Accor Maroc. « Nous n’avons pas encore de visibilitĂ© sur les offres du Ramadan », nous affirme un cadre du dĂ©partement communication du groupe. Seule information sĂ»re, la mise en place d’offres pour les familles marocaines et de promotions pour la rupture du jeĂ»ne.

A n’en point douter, les Marocains veulent passer un mois de jeĂ»ne sans se priver. Les Ă©trangers, eux, souhaitent dĂ©couvrir ce mois au Maroc, sans rĂ©duire leurs libertĂ©s ni changer leurs habitudes. Aux professionnels d’identifier rapidement les cibles prioritaires pour leur proposer des offres adĂ©quates et allĂ©chantes. Dans le cas contraire, en plus de la crise Ă©conomique et du Printemps arabe, le Ramadan servira, cette annĂ©e encore, d’alibi pour justifier une Ă©niĂšme saison ratĂ©e.

Abdelhafid Marzak

Ramadan et alcool

 

La loi de Finances 2012 n’a pas Ă©tĂ© clĂ©mente pour les opĂ©rateurs nationaux. L’augmentation de la taxe intĂ©rieure de consommation (TIC) sur les boissons et le coĂ»t du marquage fiscal sĂ©curisĂ©, entrepris par Sicpa Maroc et imposĂ© par l’administration des douanes, ont eu raison des ventes d’alcool au Maroc. Or, celles-ci gĂ©nĂšrent des recettes non nĂ©gligeables aux Ă©tablissements touristiques nationaux. Elle est mĂȘme un critĂšre de sĂ©lection pour certaines catĂ©gories de touristes. Durant le Ramadan, la consommation locale chute. Avec la hausse des prix, celle des Ă©trangers suivra la mĂȘme tendance. Les Ă©tablissements devront doubler d’ingĂ©niositĂ© en proposant des offres complĂ©mentaires ou alternatives pour prĂ©server leur attractivitĂ©.

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