Le méga-chantier avance à grands pas. Ses promoteurs sont confiants : les travaux vont bon train et le calendrier de livraison sera respecté. Les Casablancais auront leur marina début 2013. Visite guidée.
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La Marina de Casablanca prend forme. Sur le boulevard des Almohades, en face du restaurant La Sqala, les contours de ce méga-chantier lancé il y a près de quatre ans, commencent à se préciser. Méconnaissable, l’étendue déserte d’antan a cédé la place à un immeuble flambant neuf. Sur sa façade se détache en gros caractères l’inscription « Marina de Casablanca ». Aujourd’hui prêt et opérationnel, ce premier immeuble qui sert de showroom et de bureaux à la direction du projet, annonce la couleur.
D’une architecture sobre mais élégante, le bâtiment donne une première idée de ce que sera le futur complexe de la Marina de Casablanca. Annoncé par ses promoteurs comme un « petit Manhattan », ce nouveau quartier conçu plutôt en hauteur est censé représenter le nouveau visage de la métropole, plus moderne bien qu’en harmonie avec son environnement. Ainsi, des bâtiments d’une hauteur de 100 mètres (environ 30 étages) alterneront avec des immeubles résidentiels de 15 étages. « Le nouveau quartier n’aura d’intérêt que s’il se greffe harmonieusement à la ville en évitant de la défigurer », précise Jamal Mastari, directeur de projets. Ce nouveau pôle multifonctionnel de la métropole s’adosse aux boulevards des Almohades et de Sidi Mohamed Ben Abdellah. La zone se développe sur 26 hectares dont 10 gagnés sur la mer grâce à des travaux d’extension et de protection maritime. Autre caractéristique du méga-chantier de la Marina de Casablanca : elle sera entièrement piétonne. Toute la circulation s’effectuera en effet en sous-sol, où des passages seront aménagés et permettront de rallier les différents pavillons de ce nouveau quartier. Le projet, d’un budget de 6 milliards de dirhams, se compose de plusieurs sous-chantiers regroupés en quatre grands pôles : le secteur Marina (port de plaisance), le secteur Ramblas (activités commerciales et de travail), les Portes Océanes (loisirs) et les Jardins de la Grande Mosquée (espaces verts).
Les premiers ilôts émergent
Le site s’étend sur près de 1,5 kilomètre entre le port de Casablanca et la grande mosquée Hassan II. Visibles depuis le boulevard côtier, les premiers îlots de bâtiments émergent de la terre. Au milieu des grues et des bétonneuses, les ouvriers du bâtiment (la SGTM a remporté ce premier marché de gros œuvres) s’activent. « Nous sommes en train de finaliser les travaux de gros œuvres sur la première tranche du projet qui concerne plus de 100 000 m² de planchers pour bureaux et commerces », précise M’Hamed El Merini, directeur général délégué, en charge du pôle tertiaire à la CGI, promoteur du projet. Casablanca Marina est, en effet, portée par la Société Al Manar Development Company, filiale à 70 % de la Compagnie générale immobilière (CGI), avec une participation de Sama Dubai à hauteur de 30 %.
130 points de mouillage
La construction de la deuxième tranche qui englobera plus de 160 000 m² de planchers à vocation résidentielle, de bureaux et commerces, devrait, selon les affirmations des responsables du projet, démarrer incessamment. « En tout cas avant fin 2010. A ce rythme, nous sommes très confiants par rapport aux plannings de livraison annoncés, qui devraient s’étaler, selon les composantes, entre 2012 et 2013 », affirme El Merini.
Pour l’heure, hormis le showroom et les bureaux de la direction du projet qui sont prêts et exploités, seul le port de plaisance est achevé et équipé. Celui-ci pourrait s’agrandir du côté du chantier naval. Ce sera un port de plaisance avec 130 points de mouillage ou anneaux, avec possibilité d’extension vers le chantier naval.
« La marina, mais aussi la bordure du complexe en front de mer, sont conçues pour résister aux effets de l’érosion maritime et autres inconvénients liés à la proximité de l’eau. Ainsi, la crête bordant le complexe peut résister à une houle de 15 mètres », commente Abdelhamid Anedam, chef de projets. Pour être opérationnel, le port de plaisance n’attend donc que les services complémentaires : capitainerie, restaurants, commerces… qui devront animer la Marina. Leur réalisation est du ressort de l’investisseur, le Jordanien Mawareed qui assure, en collaboration avec le fonds d’investissement Madaef (filiale de la CDG), la maîtrise d’ouvrage de ce pôle. Les Casablancais devront donc encore patienter avant de pouvoir profiter de leur marina.
Khadija El Hassani |