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Mawazine Clap de fin 
actuel n°144, vendredi 1 juin 2012
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La seule fausse note fut la dernière. Mais si l’on exclut la prestation ratée de Mariah Carey, le festival a réussi, encore une fois, à nous faire vibrer.

 

Le TOP

Scorpions

A glory night

 

La scène OLM Souissi a tremblé sur un son rock, celui des légendaires Scorpions, et c’est en soi une belle réussite. Une tournée d’adieu, mais aussi de découverte du public marocain venu voir le groupe aux quarante années de carrière et aux 100 millions d’albums vendus. Klaus Mein, le chanteur de la bande, avait promis de s’arrêter sur une « bonne note », et il a tenu parole : les notes étaient mémorables. On ne s’en plaindra pas. Le batteur Kottak était, lui, en forme et s’est déchaîné sur scène lors de sa séquence « Kottak Attack ».

Les Scorpions avaient du mordant sur scène en interprétant les mythiques morceaux rock Hurricane ou encore Holidays, mais surtout les ballades qui ont fait connaître ce groupe. Wind of change a soufflé sur scène ce soir-là et a été entonné par des milliers de personnes, jeunes et vieux, bercés depuis leur enfance par le groupe rock mythique. Still loving you inspire aussi toujours les amoureux, venus en nombre. La performance des Scorpions a contenté le plus grand nombre, même si certains comme Adnane, fan de rock, regrette que ça n’ait été qu’un « live normal » : « Ces dernières années, les Scorpions ont joué surtout avec des concerts philharmoniques, car avec l’âge, on perd de l’énergie. » Mais avec les Scorpions « live normal » rime aussi avec spectacle exceptionnel et on ne leur en voudra pas d’avoir délivré une expérience authentique, un retour aux sources. A la fin, on salue les maîtres et on se remémore le tatouage qu’exhibait entre deux tubes Kottak : « Rock’n’ roll forever.»

Zakaria Choukrallah

Le FlOP

Mariah Carey

Careyment décevant !

 

Elle ne cesse de clamer son amour pour le Maroc, son architecture, ses caftans, sa déco intérieure allant même jusqu’à prénommer l’un de ses fils Moroccan Scott. Samedi 26 mai, elle a eu une occasion en or de prouver cet attachement en faisant ce qu’elle sait faire de mieux, à savoir chanter et offrir à ses fans marocains, venus l’acclamer par dizaines de milliers, le show qu’ils attendaient. Raté. Avec elle, tout est mal qui finit mal. C’est sur des huées (dues à une attente d’une heure trente) que le concert commencera, et c’est sur une grosse déception quasi générale qu’il se terminera. En programmant Mariah Carey en clôture, les organisateurs croyaient miser sur une valeur sûre qui ne manquerait pas de mettre le public à ses pieds à coups de frissons, de prestations époustouflantes, d’aigus maîtrisés dont elle seule a le secret et d’échanges subtils avec le public. Autant dire que ce dernier est tombé de haut après deux fabuleux rendez-vous signés Scorpions et Kravitz la veille.

La chanteuse a livré une performance tout ce qu’il y a de plus moyenne, dont le seul moment fort restera la prestation de Hero. Entre d’interminables monologues qui à la longue sont devenus soûlants, d’interminables absences pour changer de tenue, et d’innombrables caprices en live (un coup c’est la chaise, un coup c’est le canapé et un autre c’est l’oreillette…), l’on avait presque envie de lui crier « Mariah, on sait que t’es sexy mais on est là pour tes octaves et non pas pour tes robes ». Payée pour rester 2h30 sur scène, la chanteuse n’honorera pas son contrat puisqu’elle passera plus de temps à jacasser qu’à casser la baraque. Les attentes du public étaient grandes, il repartira déçu car convaincu que la diva n’a pas donné le meilleur d’elle-même. « Mais elle était où sa voix dans tout ça ? Sincèrement, je regrette mes 800 dirhams, j’aurais pu voir Wael Kafoury pour quatre fois moins », s’indigne Sanaa, 29 ans. Et l’on ne peut que lui donner raison, car après tout, c’est parce qu’on aime vraiment Mariah que l’on est tellement déçus.

Ranya Sossey Alaoui

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