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ONG: La face cachĂ©e de la sociĂ©tĂ© civile
actuel n°137, vendredi 13 avril 2012
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Promptes à prêcher la bonne parole, de nombreuses associations auraient bien des choses à se reprocher. Enquête sur ces stars de l’humanitaire qui ont leurs petits à-côtés.


 

S’il y a une association grand public, c’est bien l’AMDH. Comme on dit dans le jargon journalistique, l’ONG est un bon client. Disponible, l’institution de Khadija Riyadi est sur tous les fronts. Bien implantée dans les patelins les plus reculés, l’ONG réalise un travail remarquable. Pourtant, cette association fait partie des ONG épinglées par Lahbib Choubani qui s’est largement répandu devant les parlementaires sur « l’absence de transparence de ces associations qui reçoivent des financements de l’étranger ». Un mauvais procès de la part du ministre chargé des Relations avec le Parlement à la société civile ? Certainement, dès lors que l’ONG de défense des droits de l’homme n’hésite pas, occasionnellement, à refuser de l’argent quand le financement étranger est en porte-à-faux avec ses valeurs. Ce fut le cas en 2007, quand elle a appelé au boycott du financement américain en compagnie de cinq autres organisations de la société civile dont le Syndicat national de la presse (SNP).

Choubani avance un montant de subventions étrangères de 626,87 millions de dirhams, étalées sur six ans, entre 2006 et 2011, qui ont été généreusement accordées à la société civile. Ce pactole représente la partie visible de l’iceberg puisqu’il ne concerne que les déclarations des associations qui émargent au Secrétariat général du gouvernement. Lors de la présentation du budget sectoriel de son département en commission parlementaire, Choubani a expliqué que le nombre d’associations ayant obtenu un soutien financier de l’étranger était passé de 80 en 2006 à 279 en 2010.

 

Obligation de résultats ?

Quant à Bassima Hakkaoui, qui ne parle que des associations financées par le département dont elle vient de prendre la direction, elle déplore le fait que la subvention des pouvoirs publics aux associations ne soit pas assujettie à une obligation de résultats. Celle-ci a pratiquement doublé entre 2008 et 2009, passant de 32 millions à presque 58 millions de dirhams. Bien des associations sont pourtant au-dessus de tout soupçon sauf que l’affaire est plus compliquée parce que, souvent, de nombreuses ONG cachent des desseins peu avouables. Les ONG se doivent en principe d’être apolitiques ; on sait que beaucoup jouent un double jeu en défendant en catimini des intérêts religieux, ethniques ou encore politiques. On leur reproche aussi de collecter des fonds à satiété au profit de quelques personnalités opportunistes à l’éthique individuelle à tangente variable. Les plus décriées restent ces milliers de petites ONG dont la traçabilité est très difficile à établir. Malheureusement, il s’agit là du gros des troupes. Dans la nébuleuse de la société civile, il y autant d’escrocs notoires qui, à travers des associations fantoches, se remplissent les poches en faisant appel à la générosité des citoyens, que de mouvances obscurantistes qui font leur beurre à l’occasion des fêtes religieuses n’hésitant pas à détourner la zakat pour des causes qui sont loin d’être nobles. Le meilleur exemple étant celui d’Al Adl Wal Ihsane qui, sans être reconnue légalement, est une association essentiellement financée par des dons de particuliers, de mouvances extérieures et que l’on soupçonne d’avoir également quelques officines étrangères (à commencer par les Iraniens) dans ses bailleurs de fonds.

Dons, cotisation des membres, zakat al fitr, aumône légale... toutes les occasions sont bonnes aux yeux des disciples de Yassine comme d’autres associations islamistes pour faire remonter cette manne au gourou de la secte. Le cheikh Yassine, qui roule carrosse et accorde de gros billets en même temps que sa bénédiction à ses lieutenants les plus proches, connaît bien l’importance du nerf de la guerre. En principe, cette association n’a pas d’existence légale, du coup son financement est le plus opaque de toute la galaxie de la société civile. La fortune de Yassine serait considérable même si les experts comptables de la Jamâa sont passés maîtres dans l’art de noyer les investissements, essentiellement dans l’immobilier grâce à une myriade de prête-noms qui rebuterait les plus redoutables des inspecteurs des finances. L’argent vient essentiellement des Etats-Unis où les disciples du cheikh ont leurs entrées. Dans ce pays, la Jamaâ a pignon sur rue avec un siège officiel en Iowa. A visage découvert, des personnalités de renom comme Imad Benjelloun, le patron de Justice and Spirituality Publisher, une maison d’édition d’Al Adl Wal Ihsane, prendrait un malin plaisir à rapatrier les bénéfices des ventes en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis d’ouvrages consacrés à l’islam et à la mouvance au Maroc. Une autre grosse pointure de la Jamâa, Hassan El Annani, le directeur de Al-Huda Islamic Academy, qui fait également office d’imam de la mosquée de l’Islamic Center of Bloomington-Normal, réussit à collecter des sommes considérables au profit de l’association. Si Al Adl maintient jalousement le secret sur le nombre de ses militants, l’omerta est encore plus grande sur les rentrées de devises. « L’argent qui rentre de l’étranger circule sous forme de petites sommes envoyées par le biais de Western Union à des milliers d’individus qui se chargent de le remonter au cheikh. Il y a aussi les connexions avec les barons de la drogue du Nord, où Yassine a ses entrées, qui permettent d’utiliser la filière pour rapatrier de l’argent de l’étranger. Pour mémoire, pendant longtemps, Yassine profitait de la villa front de mer du fameux baron de la drogue, Binlouidane, pour y passer ses vacances d’été », explique un ancien adliste repenti. S’il n’y avait que Yassine qui profitait du financement étranger, ce serait un moindre mal mais, le problème, c’est qu’une multitude de petites associations connectées à des groupes jihadistes étrangers profitent des pétrodollars wahhabites pour distiller leur propagande obscurantiste quand elles ne sont pas carrément engagées dans des projets terroristes.

 

Générosité publique

Que fait l’Etat ? En juillet 2010, Taïb Cherkaoui avait bien tenté de sortir le grand jeu. A partir de cette date, toute association qui voulait récolter de l’argent ou des dons devait obtenir l’autorisation dûment écrite des autorités locales. Une circulaire adressée aux walis et autres gouverneurs leur faisait l’injonction d’interdire toute « opération d’appel à la générosité publique sans l’obtention de l’autorisation du Secrétaire général du gouvernement ». « Quand bien même les objectifs assignés par lesdites associations seraient des objectifs humains, nobles et légaux, ils ne sauraient les dispenser, pour autant, du respect des dispositions législatives en vigueur et du principe de l’obligation d’obtenir au préalable l’autorisation, quels que soient la nature et les buts de l’appel à la générosité publique, sous peine de prendre à leur encontre les mesures légales et judiciaires prévues par la législation en vigueur », martèle la circulaire.

Alors, toutes pourries les ONG ? Faut-il prendre la sortie des ministres PJD à la lettre ? La charge est brutale. Trop. Si sur les milliers d’associations que compte le pays, il y en a bien des centaines qui n’ont pour unique raison d’exister que l’encaissement de la subvention publique, si dans le lot, les ONG qui fonctionnent selon un agenda concocté par quelques officines étrangères sont également présentes, on ne saurait limiter le travail remarquable de la société civile à quelques brebis galeuses. On ne s’arrêtera pas aux ONG créées uniquement pour flatter l’égo de milliardaires en quête de reconnaissance. D’innombrables ONG telles que la fondation Sekkat, SOS Tuberculose, Enfance sourire, L’Heure Joyeuse ou encore l’Association Lalla Selma de lutte contre le cancer, pour ne citer qu’elles, représentent une réponse directe et incontournable aux maux de la société. Pour la plupart des acteurs de la société civile interrogés, la cabale de Choubani cache autre chose.

 

Liberté de manœuvre

Peut-on évacuer la peur des islamistes au pouvoir de perdre le contrôle qui prévalait jusqu’à une époque récente sur des associations entièrement sous la coupe du pouvoir politique ? L’ère des « super associations régionales », présidées par des personnalités émargeant au sein du premier cercle du pouvoir ou par d’anciens ministres, est révolue. La monarchie, qui a tenu par le passé à domestiquer la société civile en évacuant notamment sa mission de contre-pouvoir, a abandonné cette orientation avec l’avènement au pouvoir de Mohammed VI. La nouvelle Constitution a ouvert toutes grandes les vannes et il est permis de douter de la capacité des camarades de Benkirane à partager le pouvoir avec la société civile. L’argument majeur de Choubani sur le déficit d’indépendance des ONG vis-à-vis des bailleurs de fonds étrangers ne vaut que pour quelques associations, mais ce que semblent craindre le plus les islamistes, c’est que des ONG comme l’AMDH soient noyautées par des groupuscules d’extrême-gauche comme Annahj Addimocrati. Or cette appréhension, qui porte sur la liberté de manœuvre des ONG, vaut pour bien des associations à commencer par celles qui roulent pour le PJD. La société civile fait face à des besoins tangibles. Ses projets répondent dans leur globalité à des attentes réelles et apparaissent donc incontournables. Certaines font un travail remarquable et sont parfois limitées dans leurs actions par les élus locaux qui n’aiment pas céder une partie de leurs prérogatives. Maintenant la question reste toujours posée de savoir pourquoi jusqu’à présent, on n’a pas réussi à mettre en place un code de bonne conduite des organisations sans but lucratif, histoire de promouvoir plus de transparence dans le secteur.

« On aurait aimé que M. Choubani, au lieu de faire la chasse aux ONG qui ne disposent pas d’une comptabilité transparente, planche sur une stratégie qui instaure la contribution potentielle de la société civile au processus de développement. D’encourager ce partenaire incontournable à davantage renforcer ses capacités pour jouer son véritable rôle de contre-pouvoir dans tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays. Surtout que la nouvelle Constitution insiste beaucoup sur le rôle de la société civile dans la consolidation de la démocratie », estime Cherkaoui Smouni, président du Centre marocain des droits de l’homme (CMDH).

« Cela, poursuit-il, sent le populisme à plein nez. Tout le monde sait que les associations sont assujetties à plusieurs audits, d’abords des organismes qui financent leurs projets, et ce n’est pas la fonction du ministère chargé des Relations avec la société civile de jouer au policier. C’est à l’Inspection des finances, à la Cour des comptes, au SGG et aux ministères qui débloquent les financements de procéder au contrôle des deniers publics. »

En réalité, c’est le fait pour les ONG d’être tributaires du financement public, dont la manette appartient désormais aux islamistes, qui pose vraiment la question de leur indépendance d’action et de leur capacité à adopter des positions critiques face à la politique du gouvernement.

Résultat, avec ou sans l’argent de l’Etat, la société civile sera au cœur du combat politique, même si les islamistes au pouvoir cherchent à tout prix à museler les ONG par le biais de la carotte du financement public. Politiquement, le Parti de la justice et du développement est dans son rôle. Le parti au gouvernement incarne ainsi une vieille tradition de notre pays, celle où, faute de véritable débat, on se dresse contre tout appel au changement, au risque, cette fois-ci, de se mettre à dos l’ensemble de la société civile.

Abdellatif El Azizi

                                  

ContrĂ´le : comment font les autres ?

 

En France, depuis les années 90, le contrôle des associations a été musclé par une série de mesures. Aujourd’hui, les ONG sont plus contrôlées que les entreprises. Depuis les scandales à répétition, et notamment celui de l’Association pour la recherche contre le cancer en 1994, l’arsenal comptable, juridique et fiscal a été renforcé pour assurer la transparence des associations et éviter que les ONG se sucrent sur le dos du contribuable. A l’époque, l’Association pour la recherche sur le cancer, qui disposait d’un budget annuel de 400 millions de francs, avait été prise la main dans le sac à cause d’une comptabilité truquée. Depuis, des procédures de contrôle interne, exigées par le commissaire aux comptes, sont de plus en plus souvent mises en place. Pour ce qui est des finances des ONG, en 2003, la loi de sécurité financière (LSF) du 1er août a imposé certaines obligations juridiques, comme par exemple la communication des conventions conclues entre l’association et ses dirigeants. De même, la loi du 12 avril 2000 a imposé, pour toute subvention excédant 23 000 euros accordée par une collectivité, de conclure une convention précisant les droits et obligations des parties. Dans la foulée, on a mis en place un dispositif qui permet aux citoyens de contrôler, dans les communes de plus de 3 500 habitants, la provenance et les dépenses des subventions allouées. Si l’association reçoit plus de 153 000 euros de subventions, ou si elle émet plus de 153 000 euros de reçus fiscaux (correspondant aux dons reçus), elle doit tenir une comptabilité, publier ses comptes, et être soumise au contrôle d’un commissaire aux comptes. Enfin, la publication des rémunérations et avantages en nature des trois plus hauts cadres et dirigeants, salariés ou bénévoles est désormais obligatoire.


Utilité publique

Comment obtenir le sésame

La course au quitus peut s’avérer laborieuse même lorsque l’association est reconnue d’intérêt public. Qui donc tire les ficelles des procédures et des habilitations ?

 

Entre la Société française de bienfaisance de Rabat-Salé qui a eu son quitus en 1918, et l’Association musulmane de bienfaisance qui a bénéficié du fameux sésame le 22 mars 2012, gouvernement Benkirane oblige, elles ne sont pas nombreuses les ONG qui ont été jugées dignes de décrocher le label d’utilité publique. A titre anecdotique, et pour saisir la grande portée politique de cette dérogation, ces deux ONG ont déposé leur demande pratiquement à la même période, c’est-à-dire sous le protectorat. La première a reçu l’accord très rapidement des autorités coloniales, et la seconde a dû attendre près d’un siècle l’arrivée du premier gouvernement islamiste du Maroc pour voir son dossier débloqué. Pour le cru 2011, sur les onze associations qui ont présenté un dossier en béton au SGG, seules cinq ont décroché le gros lot. En principe, cette appellation contrôlée, qui est distribuée au compte-gouttes exige des ONG qui en font la demande des preuves tangibles témoignant d’un but d’intérêt général. Les activités de l’association doivent couvrir un des domaines suivants : philanthropique, social, sanitaire, éducatif, scientifique, culturel. Ou alors, elles doivent cibler la qualité de la vie, l’environnement, la défense des sites et des monuments, ou avoir une influence et un rayonnement suffisants dépassant, en tout état de cause, le cadre local. Comme elles doivent prouver qu’elles bénéficient d’un nombre minimum d’adhérents déterminé et d’une solide assise financière.

 

Exister pour les dons et les legs

Cependant, pourquoi sont-elles aussi nombreuses, les ONG qui se bousculent au portillon pour décrocher la reconnaissance par le gouvernement du rôle de l’utilité publique ? Pour une raison très simple, il faut rappeler que seules les associations reconnues d’utilité publique peuvent recevoir des dons ou des legs, dans les conditions et limites prévues par les dispositions des articles 10 et 11 du dahir du 15 novembre 1958. De plus, cette appellation permet aux donateurs de déduire le montant des dons octroyés de leur résultat net ou de leur revenu global imposable au titre, selon le cas, de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt général sur le revenu. Elle permet également une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations fournies par ladite association, ainsi que pour les biens, marchandises, travaux et prestations fournis à ces associations à titre de dons dans le cadre de la coopération internationale. Qui délivre le fameux sauf-conduit ? En fait, la direction des associations et des professions réglementées du SGG ne fait que transmettre les demandes au ministre des Finances qui doit attendre le feu vert de la primature. Mais les véritables patrons de l’utilité publique, ce sont les gouverneurs et les walis qui sont devenus par la grâce du dahir du 10 janvier 2005 les seuls habilités à gérer les conditions et les procédures de reconnaissance d’utilité publique au profit des associations. C’est sur la base du rapport du gouverneur que Driss Dahak décide ou non de faire remonter la demande à la primature.

Abdellatif El Azizi

 

 


« La réplique des associations »

Choubani est-il populiste, sincère ou politicien ? Les premiers visés ont leur avis sur la question.

Louable en soit, l’acte de Lahbib Choubani n’est pas dénué de calculs politiques. Car sur les quelque 375 associations qui bénéficient du financement international, moins d’une dizaine sont visées. Pointer du doigt ces aides, de manière aussi sélective, reviendrait, pour certains acteurs associatifs, à une attaque ciblée contre quelques ONG. En particulier celles qui « dérangent l’Etat et le gouvernement ». En outre, soutient-on, la logique de bonne gouvernance – censée être le motif de cette démarche – suppose de commencer par les subventions nationales qui représentent la majeure partie de l’argent brassé par les associations, et proviennent de la poche du contribuable. Voici ce qu’en pensent les premiers concernés.

Khadija Riyadi, présidente de l’AMDH

«Notre réponse sera publiée bientôt »

« Avant d’exiger la transparence, il faut commencer par l’être soi-même. Pourquoi ne citer que cinq ou six noms d’associations, dont l’AMDH ? Quitte à le faire, autant que ce soit avec des preuves concrètes et matérielles. C’est bien de vouloir informer, mais encore faut-il le faire jusqu’au bout en offrant une information complète. M. Choubani devrait publier une liste globale comportant tous les noms d’associations visées, six associations ne forment pas 20% de la société civile. Il devrait aussi prendre ses responsabilités et engager un dialogue effectif avec la société civile. Notre réponse sera publiée bientôt car il ne faut certes pas oublier que l’AMDH est une association dont la transparence n’est pas à prouver et qui publie instantanément le montant de toute aide étrangère dont elle bénéficie. »

Noureddine Ayouch, président de la Fondation Zakoura

« L’Union européenne travaille mieux que le gouvernement marocain »

« Je pense que la démarche de M. Choubani part d’une bonne intention, je ne peux qu’être d’accord avec lui lorsqu’il appelle à la transparence. Mais avant qu’il ne s’érige en donneur de leçons, il serait judicieux qu’il discute avec les associations et qu’il maîtrise et s’assure de la réalité. Le fait est que l’argent des subventions étrangères est déjà très bien encadré. Pour octroyer leur aide, les gouvernements étrangers s’adressent aux associations auditées qui déposent leurs bilans chaque année. Donc pour ce qui est de la transparence, l’Union européenne travaille mieux que le gouvernement marocain. Celui-ci, justement, ne peut satisfaire la demande de toutes les associations. La plupart d’entre elles ne disposent même pas de moyens nécessaires pour organiser leurs événements, encore moins se permettre un service de comptabilité. Ce qu’il faut faire, c’est aider les associations à se professionnaliser, puis les encadrer. »

Rachid Filali Meknassi, secrétaire général de Transparency Maroc

« C’est du patriotisme déplacé »

« Je crois que la démarche de M. Choubani s’inscrit dans une logique de bonne gouvernance. Or, celle-ci commence d’abord par l’argent public et la façon dont on le dépense. Mais le ministre a d’abord dévoilé les noms de quelques associations qui reçoivent des subventions internationales, ce qui ne relève plus à mon avis de la bonne gouvernance mais d’un esprit de patriotisme déplacé. Je suis pour le principe et contre la démarche. Et puis, juridiquement, je ne crois pas qu’il y ait une loi qui autorise le gouvernement à publier ces informations. La loi oblige les associations à déclarer leurs subventions au Secrétariat général du gouvernement, mais ne dit rien sur la publication de celles-ci. Je ne m’oppose pas à la publication mais je trouve que ces informations ne relèvent pas de la sphère publique, tout simplement. »

Aïcha Ech-Chenna, présidente de Solidarité féminine

« Sans subventions, nous allons fermer ! »

« J’ai rencontré récemment le ministre au Parlement et ai insisté sur le fait que si le gouvernement ne veut pas que l’on reçoive des financements de l’étranger, il doit faire son travail, ainsi que le Parlement, sinon nous devrons baisser le rideau ! C’était une réaction de colère, certes. A présent, je me demande pourquoi cette démarche intervient à ce moment précis. Nous sommes transparents et nous avons des audits réguliers. Cela étant, la question est de savoir comment on va travailler car l’Europe en crise risque de fermer les robinets. Le gouvernement aurait mieux fait de nous dire comment travailler sans financement étranger. Avec quel argent va-t-on pouvoir continuer à agir ? Le gouvernement mais également les entreprises doivent contribuer au financement des associations, sous réserve ne pas conditionner les aides. »

Propos recueillis par Ali Hassan Eddehbi et Ranya Sossey Alaoui

                                                        ***

 

Les chiffres

 

• 230 000 000 dirhams ont été généreusement offerts à 230 ONG de 2007 à 2011 sur des critères flous et sans obligation de résultat.

 

• En 2010, 15 associations ont absorbé 20 millions de dirhams sous forme de subventions publiques.

 

• Les associations locales des régions enclavées et défavorisées, qui font face à des besoins énormes, ne reçoivent pas plus de 10 à 50 000 dirhams de subventions par an.

 

• 63 associations appartenant à des personnalités connues perçoivent des fonds débloqués deux fois par an par le département de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social.

 

• 30 ONG raflent près de 70% des fonds de solidarité.

 

• Les ONG situées sur l’axe Casa-Rabat-Salé s’accaparent tous les budgets de développement débloqués par différentes institutions. Certaines associations reçoivent des subventions du département de Bassima Hakkaoui, de l’entraide nationale et des agences de développement régionales pour le financement d’un même projet.

 

• Quelques ONG triées sur le volet reçoivent une subvention qui dépasse le million de dirhams par an. En 2007, parmi les heureux élus, on trouve l’association Dar El Bir Wal Ihsane, l’association culturelle et sociale Had Kourt, Alternatives, Ittihad Amal Atfal entre autres…

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N°50 : L’amĂ©rique et nous 
N°49 : Crise, le Maroc en danger ?
N°48 : Les 30 Rbatis qui comptent 
N°47 : Pourquoi El Fassi doit partir 
N°46 : Chirurgie esthĂ©tique :  plus belle, tu meurs
N°45 : McKinsey dans la ligne de mire  
N°44 : Trafic sur les biens des Ă©trangers 
N°43 : Avec les Ă©vadĂ©s de Tindouf 
N°42 : GCM / Tamesna : Un scandale en bĂ©ton !
N°41 : ONA - SNI: Ils ont osĂ©
N°40 : Enseignement: Missions Ă  tout prix
N°39 : Le Maroc, terre d'accueil des espions 
N°38 : Bleu Blanc Beurk 
N°37 : Boutchichis Les francs-maçons du Maroc
N°36 : Hamid Chabat rĂ©veille les vieux dĂ©mons
N°35 : Vies brisĂ©es 
N°34 : Maires Ceux qui bossent et ceux qui bullent
N°33 : Botola Combien gagnent nos joueurs
N°32 : Sexe, alcool, haschich, jeux… Les 7 vices des Marocains
N°31 : Tanger Le dossier noir des inondations
 
 
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