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Benguerir sur les traces de Settat 
Actuel n°69-70, samedi 13 novembre 2010
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L’autoroute de Casablanca-Marrakech n’a pas eu raison de Benguerir. La petite bourgade poussiéreuse est en train de changer de physionomie et même de vocation. La mutation semble irréversible et la feuille de route toute tracée. Mais Fouad City réussira-t-elle là où Basri Town a échoué ?


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Bienvenue à Benguerir. Les habitués de la traditionnelle escale, sur la route de Casablanca à Marrakech, seraient surpris par la métamorphose de cette petite agglomération rurale. La capitale de Rhamna change de visage, au point de rappeler étrangement sa voisine, Settat des années 90. Même entrée dégagée sur une grande artère, même agencement des bâtiments administratifs, même style architectural néocolonial, parsemé de quelques espaces verts. Mais aussi, forte présence des forces de l’ordre, toujours au garde-à-vous.

Cependant, si l’on a souvent reproché à Settat d’avoir soigné son accès principal au détriment des quartiers retirés, à l’abri des regards indiscrets, sous-équipés, surpeuplés, laissés quasiment à l’abandon, il semble que l’on ait réservé un tout autre traitement à Benguerir. Et si sa métamorphose saute aux yeux des quelques rares visiteurs, c’est que, depuis plus d’une année, la bourgade, célèbre pour la qualité de ses brochettes, fait l’objet de toutes les attentions. Au point que la capitale de Rhamna nourrit, aujourd’hui, d’autres ambitions que celles d’une simple halte routière.

DĂ©sormais, Benguerir caresse le rĂŞve d’abriter une ville verte, rehaussĂ©e par une panoplie de projets structurants, et entend bien s’en donner les moyens. En l’espace de trois ans, depuis qu’un certain Fouad Ali El Himma en est devenu le dĂ©putĂ© maire, la rĂ©gion a mobilisĂ© pas moins de 1,7 milliard de dirhams destinĂ© non seulement Ă  la « ville verte » mais aussi Ă  l’agropole, au parc international d’exposition, sans oublier la zone logistique et industrielle. Les projets de base sont aussi dans la feuille de route : Ă©ducation, santĂ©, Ă©lectrification ou encore adduction de l’eau potable. Cet ambitieux projet de dĂ©veloppement intĂ©grĂ© n’est pas sans rappeler celui qui devrait voir le jour Ă  Benslimane, l’autre ville verte montante dans la rĂ©gion Chaouia Ouardigha.

1 médecin pour 7 000 habitants

Si l’on en juge par l’implication, ces derniers mois, des autorités locales, aux côtés de la fondation Rhamna pour le développement durable, présidée par Fouad Ali El Himma, et de l’OCP, premier employeur et bras financier de la région, il y a fort à parier que la nouvelle vocation de Benguerir se concrétise rapidement. Peut-être même avant celle de Benslimane pourtant mieux lotie sur les plans géographique et naturel... Désormais, la course est ouverte entre les deux agglomérations. Les Rahmanis croient à leur nouveau destin malgré de nombreux handicaps. Un taux de pauvreté de 16 % et de 30 % (!) dans la moitié de la région Rhamna contre une moyenne nationale de 9 %. Autre clignotant : 1 médecin pour 7 000 habitants contre 1 pour 2 000 pour le reste du pays. On s’attendrait à ce que le programme de développement de la région s’attaque en priorité à ces carences. Mais c’est loin d’être le cas. Dans la panoplie des projets, les infrastructures de santé et d’éducation sont relaguées au second plan, au profit du parc international d’exposition, de la cité des sports ou encore du « golf semi aride ». Des choix qui rappellent ceux qu’avait opérés Settat, deux décennies plus tôt.

Avec le recul, les équipements sociaux de la ville natale de Driss Basri n’ont pas bénéficié du même effort que les autres infrastructures de prestige comme le Royal Golf aujourd’hui à l’abandon, ou l’université calquée sur celle d’Ifrane et le club équestre.

Loin de tirer la leçon, Benguerir est en passe de reproduire les mêmes erreurs. « D’autant plus que la région souffre d’un déficit hydrique chronique et d’une pluviométrie de 200 millimètres par an à peine ! », relève un militant associatif. Certes, un programme de construction de 46 barrages collinaires d’une capacité totale de 65 millions de mètres cubes, cofinancé par l’OCP, est sur les rails. Mais il est censé avant tout subvenir aux besoins de la population locale… Il n’empêche que cette effervescence commence à attiser bien des convoitises. Aujourd’hui, Benguerir n’est plus à l’abri de la spéculation foncière.

La ville est en passe de se doter d’un plan d’aménagement urbain. Mais, pour autant, cela n’a pas empêché la flambée des prix des terrains ces derniers mois (ils ont été multipliés par 5 !) et les projets immobiliers de se succéder. Dans une région où l’activité industrielle et même agricole (en dehors de l’élevage) se fait encore rare et où le pouvoir d’achat reste faible, on se demande où sont les acquéreurs potentiels ?

De mystérieux investisseurs

Les habitants parlent de mystérieux investisseurs « étrangers », autrement dit non natifs de la région, qui se positionnent dans la perspective d’un développement rapide de la zone. Au moment de son décollage économique, Settat avait vécu un engouement similaire. Certes, un tissu de grandes entreprises y a vu le jour et a continué de prospérer en dépit des périodes difficiles qu’a traversées le site industriel de Settat. Parmi les sociétés pionnières, la zone compte encore aujourd’hui des fleurons de l’industrie comme Tavex, Cristalstrass, Roca, Beldin, Indusalim…Tous ont engagé des extensions et augmenté leurs effectifs.

Malheureusement, Basri Town attirera également des hommes d’affaires douteux, en quête d’avantages fiscaux, de lots de terrain bon marché, de conditions de financement attractives et surtout, de plus-values rapides, mais n’ayant aucune ambition réelle pour Settat. Nombreux sont ceux qui finiront par abandonner leur projet, laissant derrière eux des ardoises et une zone industrielle à l’agonie.

Quant aux procédures de liquidations judiciaires, elles sont si lentes qu’elles dissuadent tout nouvel investisseur potentiel. L’hôtel du Parc, à l’entrée de Settat, encore fermé de nos jours, en est une illustration.En définitive, la capitale de Chaouia Ouardigha mettra plus d’une décennie pour s’en remettre et se débarrasser de ses boulets. Face à l’émergence de nouveaux pôles régionaux, Settat met actuellement les bouchées doubles pour rester dans la course. Elle n’a eu d’autre choix que d’entamer un nouveau virage en favorisant le développement de nouvelles branches comme les BTP, l’automobile ou encore le tourisme rural.

Afin d'éviter de reproduire les erreurs du passé, les autorités locales de Benguerir gagneraient à emboîter le pas à Settat au moment où celle-ci a entamé sa mue. Elle s'est appliquée à sélectionner les promoteurs de projets en vue de privilégier l’implantation d’activités structurantes et la rationalisation du foncier. C’est sans doute l’unique voie pour pérenniser le développement régional. Benguerir réussira-t-elle à relever ce défi et à déjouer les pièges que Settat n’a pas su anticiper ? Nous aurions aimé le savoir. Hélas, en dépit de nos demandes répétées à la mairie et à la province, nous n’avons obtenu aucune réponse à ces questions...

Mouna Kably & Khadija El Hassani
Photos Brahim Taougar

Basri n’a pas rendu service à Settat !

Qui l’aurait cru ? Quelques annĂ©es après sa mort, plus personne ne rend hommage Ă  l’ex-homme fort, Driss Basri, pour le coup de pouce qu’il a donnĂ© Ă  sa ville natale. Qu’ils soient industriels ou responsables locaux, tous avouent, du bout des lèvres, que Basri a fait plus de mal que de bien Ă  Settat. Les facilitĂ©s accordĂ©es, notamment au plan fiscal, l’abondance des lots de terrains dĂ©bloquĂ©s Ă  des prix modiques et bien d’autres largesses, n’ont fait qu’attiser l’appĂ©tit de personnes peu recommandables. La ville finira par payer très cher ce laxisme. « DĂ©sormais, Settat doit sortir de ce modèle et pĂ©renniser son dĂ©veloppement par les nombreux atouts dont elle jouit », est-il sans cesse rappelĂ©. En clair, si cette rĂ©gion, comme les autres, a besoin d’un leadership, celui-ci ne doit pas Ă©maner exclusivement d’un homme jouissant d’un pouvoir politique Ă  l’échelle nationale. DĂ©sormais, Settat comme Benguerir doivent puiser dans leurs ressources locales propres, notamment culturelles, pour s’émanciper et rayonner durablement. M. K.

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Hôtel du Parc, l’abcès de Settat

« Fermé pour rénovation. » La pancarte est affichée à l’entrée de l’hôtel du Parc depuis … plus d’une décennie. L’établissement hôtelier, classé 4 étoiles, aujourd’hui dans un état de dégradation avancé, a démarré en 1994. Il appartenait à la Société SDT (Société de développement touristique de Settat englobant Dounia PLM et la commune de Lamzamza-Sidi Al Aydi). A l’époque, l’établissement, qui avait démarré avec le soutien des autorités locales et du ministère du Tourisme, faisait la fierté de Settat. Implanté sur une superficie de 8 hectares, il se dote, une année après son lancement, d’une école de formation dédiée. Mais dès 2004, l’établissement commence à se dégrader pour cause de mauvaise gestion. L’hôtel obtient auprès du CIH un crédit pour financer les travaux d’extension et de rénovation.

« Mais ceux-ci n’ont jamais abouti ! », se souvient un ancien élu communal. Résultat, son état de délabrement conjugué à une mauvaise fréquentation finiront pas ternir définitivement son image. « La clientèle se faisait rare et les recettes se tarissaient peu à peu », poursuit l’ancien élu communal. Peu après, dans l’incapacité de supporter les charges quotidiennes et de personnel, l’établissement ferme ses portes.

Des annĂ©es plus tard, l’hĂ´tel a Ă©tĂ© visitĂ©, Ă  plusieurs reprises, par la Commission rĂ©gionale de classement des Ă©tablissements touristiques dans le but de le maintenir comme Ă©tablissement d’hĂ©bergement. « Mais en vain », dĂ©plore un responsable du ministère du Tourisme. L’hĂ´tel restera fermĂ© en attendant une rĂ©novation qui n’a jamais vu le jour. K.E.H.


Mehdi Lahlou, professeur à l’INSEA

« Il n’y a de développement qu’institutionnel »

Pour cet économiste, une région ne peut être rattachée à un individu, même s’il jouit de la proximité du pouvoir.

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Adosser le développement d’une ville au leadership d’un homme politique puissant, est-ce une bonne chose ?

MEHDI LAHLOU : Pour l’homme puissant, cela équivaut à une situation de rente globale sur plan politique et économique. Or, la plupart de ces notables n’entretenaient plus de liens avec leur région d’origine. C’est le cas de Driss Basri comme celui de Fouad Ali El Himma ou d’André Azoulay. En renouant avec leur terroir, ils se retrouvent à la tête d’un fief.

A partir de ces fiefs, ces personnalités peuvent exprimer leur puissance et démontrer leur légitimité populaire au plan local. Ce qui leur permet de consolider leur rôle au niveau national. Il faut se souvenir que Basri ne s’est jamais porté candidat local. Pourtant, il a été perçu de tous, comme le véritable patron de Settat. De même, Azoulay qui est certes natif d’Essaouira, n’y a jamais vécu. Il puisera dans son carnet d’adresses tissé durant sa carrière internationale pour faire rayonner Essaouira à l’étranger. Si les festivals de la cité des alizés déplacent tant de hautes personnalités nationales et mondiales, c’est grâce au rôle diplomatique d’Azoulay. Le conseiller démontre, à chaque opération, la symbiose qui prévaut entre les communautés religieuses. Ce qui lui permet de nourrir sa propre légitimité locale.

Quelles sont les retombées des initiatives du leader pour la région ?

A priori, elles paraissent positives. Mais la région risque d’être relayée au second plan, au profit de l’intérêt personnel. De plus, les retombées ont de fortes chances de ne pas être pérennes. Settat est tombée dans l’anonymat quand Basri était en disgrâce. Et même si la localité bénéficie du leadership d’une personnalité, les retombées sur la région et la population peuvent être sporadiques. Hormis sa ville ancienne, Essaouira est à l’abandon, avec des rues jonchées de poubelles ou de conduites d’eau à ciel ouvert, et elle est envahie par la mendicité.

En définitive, que faut-il retenir ?

Qu’il n’y a de développement qu’institutionnel. Il ne peut être rattaché à un individu même s’il jouit de la proximité du pouvoir. Ce schéma ne se traduit pas par un développement économique et social intégré ; il privilégie seulement quelques îlots de développement. Sans oublier les dégâts que peut causer la concurrence entre deux personnalités d’envergure nationale, comme André Azoulay et Miloud Chaâbi. Une telle rivalité dessert la localité, au lieu de la servir. Chaque partie casse les réalisations de l’autre, au détriment de l’intérêt commun. Enfin, à la disparition du notable, l’esprit de vengeance finit par primer et se traduit par l’abandon des projets. Or, un développement institutionnalisé doit émaner de l’Etat et des collectivités locales. L’élite régionale est comptable de ses décisions devant les électeurs et les autorités centrales. C’est à ce prix que l’intérêt général primera sur l’intérêt personnel.

Le processus de régionalisation aura-t-il raison de ces pratiques ?

Tout dépend du contenu que l’on donnera à la régionalisation. Si elle introduit une institutionnalisation des approches économiques et sociales, le volet « personnel » deviendrait marginal. Mais, a priori, l’on s’achemine vers une continuité, plutôt qu’une rupture...

Propos recueillis par Mouna Kably

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Voyage dans El Himmaland

Benguerir n’est plus vouée à elle-même. La reprise en main sur le plan sécuritaire est bien perçue par les habitants. En attendant des projets créateurs d’emplois.

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Mardi midi. Sortie de l’autoroute, direction le centre de Benguerir, via l’avenue principale. Surprise, la circulation est fluide. Mais les agents de police sont au garde-à-vous à tous les ronds-points, distants l’un de l’autre de quelques centaines de mètres à peine. Des véhicules 4x4 de la Sûreté nationale, flambant neufs, effectuent d’incessantes patrouilles. Benguerir s’apprêterait-elle à accueillir un invité de marque ou à vivre un événement exceptionnel ? Pas du tout. Il s’agit là d’un simple déploiement quotidien des forces de l’ordre qui rythme la vie des habitants depuis plusieurs mois déjà. Loin de s’en plaindre, ces derniers reconnaissent avec soulagement que la ville a, enfin, retrouvé toute sa quiétude. La reprise en main des grandes artères et même des quartiers les plus reculés, voire les plus chauds, a mis fin à l’insécurité. On sent qu’un ancien ministre de l’Intérieur a pris les choses en main… « C’est la première grande décision prise depuis les dernières élections. Notre quotidien s’en est trouvé amélioré car il faut savoir que, jusqu’à un passé récent, une femme ne pouvait pas s’aventurer seule dans la ville, même en plein jour ! », se rappelle une employée. D’ailleurs, les habitants annoncent, non sans fierté, la construction en cours du grand commissariat, une bâtisse imposante en plein cœur de l’avenue principale de Benguerir. La méthode « Basri » du tout sécuritaire, ferait-elle encore recette ? Pour les Rahmanis, cela ne fait aucun doute. « Qu’on le veuille ou non, sans sécurité, point d’investisseur ni de création d’emplois ! ».

FAH a imprimé sa marque

Pour le reste, Benguerir ressemble davantage à un vaste chantier. Si l’on est agréablement surpris par la fluidité de la circulation et l’état irréprochable de la voirie, l’on est, en revanche, un peu déçu par la disparition de l’ambiance d’antan émanant de petits commerces sans prétention, mais grouillants de monde, au rythme du ballet incessant des cars et véhicules en provenance ou en partance pour le Sud. Une telle animation tout au long de l’année avait fini par forger la réputation de la modeste bourgade, fondée sur la qualité de ses grillades et la diversité de ses produits agricoles issus du terroir.

Cette apparente léthargie serait liée à l’entrée en service de l’autoroute Casablanca-Marrakech, en avril 2007. Mais entre-temps, Benguerir en a profité pour changer de physionomie, s’inspirant étroitement de sa ville voisine, Settat, qui avait opéré les mêmes choix dans les années 90 et dont les traces subsistent encore aujourd’hui : une avenue principale imposante, un net penchant pour les grands ronds-points, une place piétonne dégagée et tapissée de verdure, un style architectural néocolonial et de larges artères bien entretenues. FAH a déjà imprimé sa marque.

Absence de tissu économique étoffé

Mais à Benguerir, le visiteur qui déambule dans les ruelles est frappé par l’absence de vie. Pourtant, mardi est le jour du grand souk, censé attirer vendeurs et consommateurs de tous les coins de la région des Rhamna et générer de l’animation commerciale dans la ville. Mais un tour rapide au marché suffit pour se rendre compte de la pauvreté, à la fois de l’offre et de la demande. Une telle léthargie est sans doute liée à l’absence, à ce jour, d’un tissu économique et commercial local suffisamment étoffé. La région n’étant, a priori, ni agricole – hormis l’élevage du célèbre mouton Sardi – ni industrielle, elle se cherche encore une vocation. Il faudra pourtant faire vite pour limiter la fuite de la main-d’œuvre vers les grandes villes.

Pour l’heure, l’OCP demeure, comme par le passé, le premier employeur de la région avec l’exploitation de la mine à ciel ouvert de Gantour, située à 17 kilomètres de Benguerir. Plus récemment, de nouvelles activités tertiaires commencent à émerger avec l’implantation d’agences de la BCP, Attijariwafa bank, BMCE et Maroc Telecom, mais aussi des antennes de l’ANAPEC (Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences) et de l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail). « Mais l’OCP reste, de loin, le premier employeur de la région », assure un futur lauréat de l’OFPPT.

Pour une prise de sang : direction Marrakech !

Dans l’espoir d’attirer de nouveaux investisseurs, Benguerir est fière d’afficher son nouveau visage. Outre les projets immobiliers qui Ă©mergent du sol, ici et lĂ , les travaux de construction du stade Guerrouj avancent Ă  grands pas, tout comme ceux du grand parc d’attraction inaugurĂ© par le souverain en dĂ©cembre 2009. Ces deux projets phares du nouveau Benguerir sont directement pilotĂ©s par la Fondation Rhamna pour le dĂ©veloppement durable. « Mais la ville continue de pâtir de l’insuffisance des structures sanitaires. Par exemple, pour une simple prise de sang, nous devons encore nous dĂ©placer Ă  Marrakech ! », dĂ©plore une mère de famille. Pour l’heure, les habitants bĂ©nĂ©ficient toujours des largesses de l’OCP qui a crĂ©Ă© une citĂ© Ă  part entière, dotĂ©e de commerces de proximitĂ©, dispensaire, Ă©cole et habitations de standings divers. Mais jusqu’à quand ? GagnĂ© par la fièvre de l’externalisation, l’Office lui-mĂŞme est en train de cĂ©der progressivement son patrimoine immobilier et la citĂ© de Benguerir ne sera pas Ă©pargnĂ©e.

Mouna Kably

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La zone industrielle toujours en friche

Direction le quartier « industriel », Al Warda. Et là, surprise. En tout et pour tout, une impasse non goudronnée, encerclée par des logements auto-construits, à proximité des terrains vagues laissés à l’abandon. Une cinquantaine de locaux modestes, d’une superficie variant entre 40 et 160 m2, sont proposés en location à 350 dirhams/m2.

A ce jour, seule une dizaine a trouvĂ© preneur. Il s’agit de petits commerces (boulangerie, mĂ©canique, pneumatique, couture…) crĂ©Ă©s dans le cadre du programme Moukawalati qui tentent, tant bien que mal, de subsister. Benguerir rĂŞve toujours d’un quartier industriel structurĂ© autour d’activitĂ©s complĂ©mentaires, employant des centaines de salariĂ©s…Ce rĂŞve deviendra-t-il un jour rĂ©alitĂ© ? M.K.


Dlimi, Basri, El Himma : destins croisĂ©s

L’avenir des régions reste toujours l’otage des contingences du pouvoir.

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Il est fascinant de constater que des hommes politiques aux parcours parfois éloignés finissent par reproduire à l'identique certains comportements. Dlimi, Basri et Himma, hommes forts du régime, viscéralement attachés au terroir, ont poussé l’amour de leur contrée à ses limites en lui vouant instinctivement une excessive et inconditionnelle vénération. Sidi Kacem, pour le premier, Settat pour le second et aujourd’hui Benguerir pour le dernier.

A Sidi Kacem, le pouvoir absolu de la famille Dlimi a laissé des cicatrices indélébiles dans une ville qui a été vidée de ses forces vives par une émigration forcée. On a vu des habitants de la ville natale des Dlimi s’arroger les droits d'autrui, détourner les deniers publics, enfreindre tous les règlements, pratiquer le trafic d’influence, cultiver le favoritisme et le népotisme, protéger un proche contre la loi ou se faire justice au mépris des procédures en vigueur. Quand Dlimi fils recrutait, pour la police, dans les rangs des bergers de son douar natal, Dlimi, père, parlementaire à vie, imposait des règles draconiennes aux paysans qui entouraient ses terres, acquises grâce à l’aliénation du domaine de l’Etat et à l’occupation illégale de terrains. Dès qu’un coq s’aventurait sur les terres de « Si Lahcen », le volatile imprudent était confisqué et une amende imposée à son maître. Même topo avec Basri qui avait installé une sorte de no man’s land dans la région de Settat. Une zone de non-droit cédée en gestion déléguée à la famille et à une poignée de notables véreux. A chaque échéance électorale, les notables qui lorgnaient sur un strapontin, négociaient leur combat électoral en faisant allégeance à Basri et à sa famille. L’achat de consciences était d’ailleurs facilité par les liens consanguins ou le milieu d'origine (tribu, ethnie, clan).

Benguerir résistera-t-elle davantage ? Rien n’est moins sûr. Les ambitions politiques sont toujours liées au sentiment d’appartenance à une tribu, à une ethnie, à une famille même si les acteurs, engagés dans la vie politique, ont su quand même raison garder dans les moments de chaude concurrence ou de rivalité électorale. Les primes de fidélité ou d’allégeance sont toujours d’actualité quoique le népotisme a pris d’autres visages.

Pourquoi des comportements aussi irrationnels perdurent-t-ils ? Sans remonter Ă  Ibn Khaldoun, Abdellah Laroui et  Abed El Jabri vous expliqueront que, jusqu’au dĂ©but du siècle, notre sociĂ©tĂ© pluriethnique Ă©tait fondĂ©e sur un système de tribus, marquĂ© par le partage de destins communs qui imposait l’union des forces pour faire face aux alĂ©as d’une nature et de tribus voisines hostiles. MĂŞme après l’indĂ©pendance, la naissance d’un Etat moderne n’a pas fait disparaĂ®tre cet attachement au terroir qui prime souvent sur celui de la patrie.

Faut-il s’en offusquer ? Oui quand la réalisation d’infrastructures collectives (hôpitaux, écoles, routes, aéroports, etc.) importe souvent bien moins aux populations autochtones que l’acquisition individuelle de terrains, un poste pour un membre de la famille, ou l’attribution d’un privilège illégitime. Il y a néanmoins quelque chose d’attachant dans cette humilité, cette fidélité au terroir chez des hommes au faîte de leur puissance qui ont repris à leur compte ce que Saint Augustin, dans ses Confessions, appelait « le présent du passé » et qui résumait sa pensée par son fameux « Aime et fais ce que tu veux ».

Abdellatif El Azizi

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Billet : trois piliers

C'Ă©tait Ă  Benguerir, en mai dernier. De Yassir Zenagui  Ă  Miloud Chaâbi : les VIP se sont dĂ©placĂ©s en masse pour assister Ă  l’ouverture d’Awtar, le festival de Benguerir. Khaled est en vedette le premier soir. Le lendemain, ce sera Hoba Hoba Spirit qui mettra le feu Ă  la ville frigorifiĂ©e par le vent glacial qui souffle sur les Rhamna. Comment un bled comme Benguerir peut-il s'offrir les stars du Maghreb ? La rĂ©ponse est Ă  chercher du cĂ´tĂ© des sponsors : OCP, CrĂ©dit Agricole, ONE, CGI dĂ©veloppement, Al Omrane, Menara, Adoha, Maroc Telecom, CKMD… c’est le makhzen Ă©conomique qui sponsorise la fĂŞte. Une fĂŞte au goĂ»t Ă©trange. Tandis que Reda Allali se dĂ©chaĂ®ne sur scène, le peuple est relĂ©guĂ© très loin des dĂ©cibels, parquĂ© Ă  des centaines de mètres derrière un gigantesque espace VIP plantĂ© de sièges… vides.

Awtar est un symbole de Benguerir : des ambitions démesurées et des infrastructures disproportionnées pour une cité où l’urgence n’est peut-être pas d’ordre culturel. Cependant, même si elle paraît artificiellement plaquée sur une zone rurale, la stratégie n’est pas idiote. Un des chantiers prioritaires de la ville est l’aménagement d’un parc d’attraction. On songe au Futuroscope qui a réveillé la cambrousse poitevine en France sous l’impulsion d’un enfant du pays mégalo devenu président du Sénat. On pense à Vulcania, le Giscardoscope de Clermont-Ferrand. Mais on peut surtout évoquer l’effet Guggenheim, le Musée délirant qui a réveillé Bilbao, cité industrielle décadente du Pays Basque espagnol.

En transformant sa cité par le haut, Fouad Ali El Himma a une stratégie plus pertinente que d’annexer une plage à une ville rurale. comme le fit Basri. Il faudrait juste ne pas oublier que le développement rural sur lequel mise Benguerir comprend trois piliers : économique, écologique… et social.

Eric Le Braz

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Settat s’émancipe de Basri

Après une décennie de léthargie, la capitale de Chaouia Ouardigha renaît de ses cendres en cultivant sa vocation industrielle. Retour sur un parcours « hors norme ».

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Ceux qui ne pariaient plus sur la région Chaouia Ouardigha, après son déclin consécutif à la disgrâce de l'ancien ministre de l'Intérieur, Driss Basri, sont en train de réviser leur jugement. « La région a mis plusieurs années pour dissocier son destin de celui d’un seul homme », précise un industriel de la région. Désormais, Chaouia Ouardigha comme sa capitale, Settat, amorcent un décollage par leurs propres moyens. Les chiffres sont parlants : 25 milliards de dirhams d'investissements en 2010 contre 20 milliards de dirhams une année plus tôt, et à peine 5 milliards en 2006. Ce bond atteste de l'attractivité de la région qui, d'année en année, renforce sa vocation industrielle.

Mais Chaouia Ouardigha revient de loin. Ce qui était supposé être un privilège a fini par devenir, après le limogeage du fils prodigue de la région, un handicap à son essor. « Elle en a souffert pendant longtemps, mais est en passe de s'en débarrasser », renchérit le patron d'une grande entreprise basée à Settat. Sous l'ère Basri, Settat et sa région était classées en zone 4 et bénéficiaient d'avantages spécifiques visant à attirer les investisseurs. A l’époque, la Charte des investissements, aujourd’hui abolie, découpait le territoire marocain en 4 zones selon leur attractivité, et prévoyait une panoplie d’incitations fiscales. A ce dispositif, s’ajoutaient d'autres avantages comme une offre de lots de terrain à prix avantageux.

Résultat : de nombreux opérateurs étrangers s’étaient rués sur la région. C'est le cas de l’emblématique enseigne italienne de fabrication de lustres Cristalstrass. Une des pionnières à s'implanter dans la zone industrielle de Settat. « C'était en 1983, nous étions à la recherche d’une destination étrangère pour réaliser notre développement. Settat s'est imposée à nous car elle était alors classée en zone 4, nous offrant l’exonération fiscale totale », se rappelle Francisco Voltolina, l'actuel président de Cristalstrass.

Tapis rouge pour Voltolina

L'industriel, dont la mise de départ n'a pas dépassé 6 millions de dirhams, a bénéficié du tapis rouge et d'autres carottes fiscales comme une prime sur la création d'emplois et un terrain à un prix modique. « On avait acquis nos premiers lots à des prix symboliques », se souvient avec nostalgie Voltolina. D'autres investisseurs lui ont emboîté le pas. Aujourd'hui, ces avantages ne sont plus de mise, mais la ville n'en a pas pour autant perdu de son attrait. Bien au contraire, Settat est en train de renaître de ses cendres, affirment industriels et pouvoirs publics. Après la torpeur consécutive à l’abolition de la Charte de l'investissement et ses incitations fiscales, la région est en train d'asseoir, sur des bases plus solides, son positionnement. Elle est loin l'époque où cette région restait confinée dans son rôle de « grenier du Maroc ». Aujourd'hui, avec ses 450 unités industrielles générant plus de 6 % de la production nationale, Chaouia Ouardigha revendique une place de choix parmi les destinations industrielles du pays.

Plusieurs secteurs y tissent leur toile comme les BTP et matériaux de construction, notamment la filière cimentière. Holcim et Lafarge, assurent 37 % de la production nationale. Une proportion qui sera dépassée avec l'entrée en service des deux autres cimenteries actuellement en projet (Ciments de l'Atlas et l'usine du groupe Ynna Holding). Egalement prépondérante, l'agro-industrie qui capitalise sur la disponibilité de la matière première. Ainsi, la filière avicole assure près de 80 % de la production nationale de viande blanche.

Plus globalement, entre 2006 et 2009, les investissements industriels totalisent 24,4 milliards de dirhams et créent 35 644 emplois nouveaux. A lui seul, le groupe espagnol Ditema prévoit d’injecter à Tamadroust pas moins de 7,7 milliards de dirhams. Le premier coup de pioche prévu pour fin 2010 porte sur la réalisation d'un parc industriel plurimétiers. Ce qui fait dire au directeur du Centre régional d’investissement (CRI) de Settat, Saïd Aqri, que même Casablanca gagnerait à être arrimée à la région !

Khadija El Hassani

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Les pionniers mènent la danse

Outre les nouveaux projets, la rĂ©gion bĂ©nĂ©ficie de la confiance des entreprises pionnières. Pour preuve, la plupart d’entre elles ont rĂ©alisĂ© rĂ©cemment des investissements d’extension ou de modernisation de leur outil de production. Il s’agit lĂ  d’un indicateur supplĂ©mentaire de l'attrait de la Chaouia Ouardigha. Parmi les projets d'extension rĂ©alisĂ©s au cours des six dernières annĂ©es, figure celui de Cristalstrass qui a permis la diversification de l’activitĂ© de l’unitĂ© settatie dans la bijouterie. Pendant ce temps, Achille Voltolina, frère de Francisco et promoteur initial de Cristalstrass, n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  implanter, Ă  proximitĂ© de l'unitĂ© de lustres, une nouvelle usine de fabrication de pavĂ©s bloquants. C’est dĂ©sormais le fournisseur exclusif de Tanger Med et de la ville de Tanger dans le cadre de son programme de mise Ă  niveau urbaine. Aujourd’hui, les deux frères, qui dirigent ces deux entitĂ©s florissantes, trĂ´nent sur une « mini-zone industrielle » privĂ©e dont l’accès est contrĂ´lĂ©. Quant aux sociĂ©tĂ©s espagnoles, Roca (sanitaires) et Tavex (denim), elles ont, elles aussi, rĂ©alisĂ© des extensions de leur capacitĂ© et demeurent parmi les plus gros employeurs de la rĂ©gion.   K.E.H.

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