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RentrĂ©e sociale : Les syndicats pointent une concertation en trompe l'oeil
actuel n°158, jeudi 6 septembre 2012
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Loin des clichés, la rentrée sociale s’annonce chaude pour le gouvernement. Dans le public comme dans le privé, les motifs d’inquiétude, ou de mécontentement, sont nombreux. Et les attentes d’autant plus fortes. Sollicité sur de nombreux fronts, Abdelilah Benkirane doit sans tarder restaurer un climat de confiance, sauf à devoir faire face rapidement au grondement de la rue.


Inflation galopante, hausse des prix du carburant, inquiétudes face à la flambée des matières premières, détérioration de la situation de l’emploi, remise en question de la gratuité de l’accès à l’université… les sujets ne manquent pas qui inquiètent une opinion publique frustrée par les faiblesses très tôt révélées d’une coalition gouvernementale en mal d’inspiration. Témoin, l’indice de confiance des ménages (ICM) qui ne cesse de perdre du terrain depuis un an.

Face à une opinion publique sceptique, le gouvernement aurait pu parier sur l’adhésion des partenaires sociaux. Las, les organisations syndicales broient du noir en dénonçant « l’absence d’un réel dialogue social ». Et la CGEM presse le gouvernement de passer du stade de l’incantation à l’action.

Alors que tous les indicateurs économiques et financiers du Royaume sont dans le rouge, économistes et chefs d’entreprise s’inquiètent de plus en plus ouvertement de l’attentisme gouvernemental. « La période de repos biologique est terminée ! », veut croire Jamal Belahrach, le président de la commission Emploi et relations sociales, dans l’interview qu’il donne cette semaine à actuel (Lire pages 21 à 23).

Le projet de loi de Finances 2013 aurait pu rassurer sur la volonté du gouvernement de fixer le cadre dans lequel il entend faire évoluer l’économie nationale. Pour l’heure, il n’en est rien. Organisations syndicales et patronales demeurent dans l’expectative. Quant à la rue, les meilleures plaisanteries – fussent-elles émises par le chef du gouvernement – étant les plus courtes, elle piaffe aujourd’hui de voir enfin mises en œuvre les promesses d’une campagne électorale qui lui laissaient espérer des jours meilleurs.

 

Dialogue, quel dialogue ?

Au lendemain de mesures arrachées au gouvernement de Abbas El Fassi, sur fond de Printemps arabe et d’élections législatives à venir – mesures concédées en dépit de l’état d’alerte de tous les clignotants macroéconomiques –, les organisations syndicales attendaient de Benkirane qu’il respecte non seulement les engagements de son prédécesseur, mais qu’il impulse une nouvelle dynamique à un dialogue social à la peine depuis de longues années. La frustration, voire la colère chez certains, est à la hauteur de l’espoir revendiqué.

Le premier exercice de dialogue social du nouveau chef de gouvernement ne s’est pas déroulé sous les meilleurs auspices. D’ailleurs, nombre de responsables ou acteurs syndicaux estiment qu’il n’y a pas eu véritablement de « dialogue social ».

Certaines organisations ont certes leur part de responsabilité pour avoir décliné l’offre de dialogue, du moins dans la configuration annoncée. Mais le gouvernement n’a rien fait de son côté pour véritablement rassurer. Hamid Chabat, le patron de l’UGTM, pourtant membre dirigeant de l’Istiqlal, membre de la coalition gouvernementale, ne s’est pas déplacé pour la première réunion tenue début mars. Motif : le gouvernement « gênerait l’action syndicale ».

Dans la foulée, la CDT et la FDT se sont associées pour attaquer frontalement le gouvernement en organisant une marche nationale le 27 mai 2012, soit moins d’un mois après les traditionnelles marches du 1er mai. Cette manifestation imposante, moins de cinq mois après la prise de fonction de Benkirane, témoignait du climat de tension entre pouvoirs publics et partenaires syndicaux. Un climat qui, en cette rentrée, est loin d’être atténué.

Au point que la relation entre le gouvernement et les centrales syndicales semble sclérosée. Joint par actuel, Larbi Habchi, membre du bureau central de la FDT, assure qu’« il n’y a aucun contact entre les syndicalistes et le gouvernement ».

Pour autant, rendez-vous a bien été pris pour ce mois de septembre, au cours duquel devraient enfin se tenir les premières réunions entre l’exécutif, les centrales syndicales et la CGEM, autour de la classique réunion sur le projet de loi de Finances. Mais, pour les syndicats, là n’est pas le seul sujet de dialogue à engager. L’ampleur des dossiers est tout autre, et l’impatience des grandes centrales syndicales exacerbe l’environnement de cette rentrée.

 

Une suspicion grandissante

Dans le secteur public, les menaces de grèves sont bel et bien d’actualité. Les secteurs de l’enseignement, des collectivités locales, des ouvriers agricoles pourraient être parmi les plus touchés. Sans oublier les manifestations de revendications ou de protestation qui agrémentent les principales villes du Royaume.

Le climat général autant que l’environnement économique ne sont guère favorables au consensus. Les indicateurs économiques, notamment l’indice des prix publié par le haut-commissariat au Plan (HCP) en hausse de 0,3% sur le deuxième trimestre, ne prêtent pas à l’optimisme.

Si l’on ajoute à cela la décision forcément impopulaire d’augmenter les prix des carburants, il y a là de quoi donner du grain à moudre aux syndicats. « Même au vu des chiffres officiels, il est clair que les gens souffrent », reconnaît Mohamed Hakech, membre de la commission administrative de l’UMT (Union marocaine du travail).

Fait nouveau, les organisations syndicales sollicitées avancent que le climat, morose, se double d’une suspicion grandissante à l’égard de l’exécutif. Un exécutif accusé de ne rien faire pour « rassurer ».

Les déclarations de Benkirane sur la corruption, et son fameux « Allah pardonne les errements du passé » prononcé en direct sur Al Jazeera, ne sont pas faites pour calmer les syndicats qui y voient un acharnement contre les catégories sociales les plus faibles, au profit de lobbys qui continueraient de profiter de l’impunité. « Ce sont là des déclarations contradictoires, qui jettent le discrédit sur la politique du gouvernement ou au moins brouillent l’image. Tout tombe à l’eau ! », fulmine Mohamed Hakech, à l’UMT.

Les syndicats ne reprochent pas seulement au gouvernement son manque de visibilité et sa méthodologie de travail avec les partenaires sociaux. Ils estiment également que les décisions antérieures signées avec le gouvernement El Fassi n’ont pas été mises en œuvre.

Ce sont les fameux accords du 26 avril 2011, dont seule l’augmentation de 600 dirhams a été appliquée sur le terrain (voir encadré). Ce qui n’empêche pas les centrales syndicales, arguant la vie chère, de demander en cette rentrée de nouvelles hausses de salaire. S’ils savent qu’une telle revendication n’a aucune chance de passer au regard de la conjoncture économique difficile, les syndicats affirment disposer de plusieurs cordes à leur arc.

Ainsi crient-ils à la mauvaise foi en estimant que certaines revendications, notamment juridiques ou ayant trait aux libertés syndicales (voir encadré) ne nécessitant pas d’effort budgétaire supplémentaire mais une simple volonté politique, n’ont pas été satisfaites. « Benkirane ne veut rien savoir. Il a d’autres priorités, notamment celle de gêner l’action syndicale ! », s’emporte Larbi Habchi (FDT).

Certaines dispositions, pourtant validées en avril 2011 par le gouvernement sortant de Abbas El Fassi, voient leur mise en œuvre se heurter aujourd’hui au dialogue de sourds entre syndicats et gouvernement.

Ces frustrations, le climat de suspicion et les retards enregistrés, enveniment clairement l’environnement de cette rentrée. La pression est forte dans plusieurs secteurs sociaux, où le climat pourrait se détériorer de façon spectaculaire sans délai. Quels sont précisément ces secteurs chauds prêts à s’enflammer à la rentrée ?

 

Collectivités locales

Les grèves ne s’arrêteront pas

Les demandes des fonctionnaires des collectivités locales sont un véritable casse-tête, qui n’est pas près de trouver un épilogue. Les grèves se suivent et se ressemblent, bloquant un service public qui a en plus la particularité d’être très sollicité par les citoyens. Le bras de fer a certes commencé à l’époque du gouvernement Abbas El Fassi.

Mais il semble prendre encore une nouvelle ampleur avec Benkirane. Aucun des deux chefs de gouvernement n’a réussi à désamorcer la bombe. « C’est le statu quo, il n’y a aucun changement ni la moindre amélioration sous le nouveau gouvernement », tempête Saïd Chaoui, secrétaire général de la Fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales.

En août, les employés des collectivités locales ont observé deux jours de grève qui sont venus s’ajouter à de nombreux autres jours d’arrêt de travail tout au long de ces derniers mois. A tel point que l’exaspération des citoyens, qui n’ignorent pas l’existence de pratiques illégales, ne cesse de grandir.

Certains fonctionnaires, notamment ceux chargés de l’authentification des signatures, s’installent ainsi dans les cafés et reçoivent rapidement les plus pressés moyennant un pot de vin. « Ces pratiques ne sont pas nouvelles, elles ont de tout temps existé, avec ou sans grève. Il ne faudrait pas qu’elles soient une excuse pour différer et bloquer le dialogue », nuance Saïd Chaoui.

La récurrence de ce mouvement social, rythmé chaque semaine, en viendrait presque à faire oublier les revendications qui en sont à l’origine. Principale revendication : la réforme des statuts. Ces fonctionnaires réclament ainsi la régularisation des titulaires de licences, des adjoints techniques, des administratifs et des techniciens en les alignant sur le statut de la fonction publique. « Il y a même eu une régression par rapport au passé sur ces questions. L’avancement dans l’administration prenait dix ans. Aujourd’hui, il peut aller jusqu’à vingt ans dans certains cas pour passer de l’échelle 7 à 8 puis à 9 », s’indigne Saïd Chaoui.

Le syndicat compte procéder à une évaluation ce samedi 8 septembre et n’écarte pas un nouveau recours à la grève. Pour les entreprises comme pour les particuliers, le blocage des services publics n’est donc pas près de s’arrêter. C’est là un des sujets les plus urgents pour le gouvernement.

 

Enseignement

Manque de visibilité

Le secteur de l’enseignement, primaire et secondaire confondus, est l’un des plus réputés pour son activisme syndical. Or, là encore, le dialogue semble sclérosé. Alors même que les piètres résultats enregistrés par l’enseignement public marocain et l’échec du plan d’urgence du précédant gouvernement devraient conduire à la mobilisation.

« Cette rentrée s’annonce très chaude. En plus des problèmes classiques, il y a une nouvelle donne cette année. Le ministère n’a aucune stratégie pédagogique, pas de plan pour les manuels scolaires… L’échec du plan d’urgence laisse un trou béant », estime Hassan El Haimouti, membre du bureau national de la fédération nationale des enseignants (FNE).

« Le discours royal a fini par montrer la gravité de la crise que traverse le secteur et le chaos qui y règne », poursuit-il. A tout cela, il faut ajouter le mauvais vent de crise économique que traverse le pays et qui impacte inéluctablement le corps professoral et pédagogique.

« L’équipement des écoles qui n’est déjà pas satisfaisant risque de pâtir encore plus d’un manque de moyens. Pour vous donner une idée de la régression subie, une circulaire parue en juin dernier fixe à 40 le nombre maximum d’élèves par classe, alors que la norme internationale est de 24.

 

Cela veut dire tout simplement que la surpopulation des classes n’est même plus perçue comme anormale », se désole Hassan El Haimouti. Dans ce secteur crucial, le dialogue semble également bloqué. Certes des réunions se tiennent avec le ministère – la dernière remonte au 2 août – mais elles demeurent pour l’essentiel « protocolaires et sans avancement notable », déplore Hassan El Haïmouti. Le silence du ministre de l’Education nationale, à la veille de la rentrée scolaire, n’est pas de nature à rassurer.

 

Santé

DĂ©brayages et sit-in en vue

Le secteur de la santé publique manifeste lui aussi une effervescence certaine. Plusieurs mouvements et débrayages devraient venir perturber ce service public. Le 5 juillet, les syndicats de la santé affiliés à l’UGTM, la CDT, la FDT et l’UNTM et le syndicat national des médecins ont fait grève.

Objectif : l’amélioration de leurs conditions de travail. Le dialogue avec le nouveau ministre, El Ouardi, est pourtant ici reconnu mais il tarde aux yeux des professionnels à déboucher sur du concret. La tension est donc toujours là.

 

En parallèle, les résidents et internes mènent également une fronde à leur niveau. Ils réclament eux aussi l’amélioration de leurs conditions de travail, et notamment la rémunération de leurs gardes nocturnes sur laquelle ils se sont entendus avec les responsables du secteur mais qui n’est toujours pas versée.

Un arrêt de travail d’un jour était prévu ce jeudi 6 septembre au niveau du CHU de Casablanca et d’autres mouvements de grève, peut-être même coordonnés au niveau national, ne sont pas à écarter. « Rien n’a changé depuis le début du dialogue avec le ministre.

Nous espérons une régularisation de notre situation car il est prévu de rencontrer le ministre, mais de nouvelles grèves ne sont pas à écarter », explique Mohamed Amine Mahraoui, résident en deuxième année au CHU de Casablanca et membre de l’Association des résidents de Casablanca (ARC).

Un sit-in national portant sur la revendication d’une augmentation générale au bénéfice des médecins internes, dont la rémunération est jugée particulièrement insuffisante, devrait être organisé le mardi 18 septembre.

 

Henri Loizeau et Zakaria Choukrallah

Imbroglio juridique

 

Deux points validĂ©s avec l’équipe El Fassi tardent Ă  voir le jour sous le gouvernement Benkirane. Il s’agit du renforcement des libertĂ©s syndicales et de la suppression de l’article 288 du code pĂ©nal.  Ces dispositions tardent Ă  voir le jour en raison des difficultĂ©s Ă  effectuer un dĂ©poussiĂ©rage des lois, qui s’impose pourtant, et Ă  obtenir un consensus autour de la loi sur les grèves.

Il s’agit de garantir le droit de grève tout en assurant l’impératif de la continuité des services publics. Les syndicats accusent le gouvernement de pousser uniquement pour l’adoption de la loi sur les grèves, ignorant au passage les libertés syndicales. Des divergences existent toutefois au sein même et entre centrales syndicales, ce qui complique encore plus la tâche.

La CDT allant même jusqu’à juger le projet de loi en cours d’élaboration d’« anticonstitutionnel ». Ainsi, tout en insistant sur la priorité à donner à la promulgation de la loi sur les syndicats, Hamid Chabat, le tout puissant patron de l’UGTM, a appelé à « motiver et justifier » les grèves car le Maroc à besoin de « syndicats citoyens ».

Un sentiment amplement partagé à la CGEM qui presse le gouvernement de légiférer. Une prise de position plus nuancée que celle des autres centrales qui exigent de se pencher d’abord sur les libertés syndicales.

 

A ce niveau, c’est le fameux article 288 du code pénal qui est jugé dépassé et liberticide par les syndicats. Il prévoit une peine d’un mois à deux ans de prison pour « quiconque, à l’aide de violences, voies de fait, menaces ou manœuvres frauduleuses, a amené ou maintenu, tenté d’amener ou de maintenir, une cessation concertée du travail, dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter atteinte au libre exercice de l’industrie ou du travail ».

L’ancien Premier ministre Abbas El Fassi s’était engagé à supprimer cet article, mais cette intention tarde à voir le jour tant que l’ensemble de l’arsenal juridique n’a pas été revu. Le texte de loi sur le droit de grève devrait revenir sur le devant de la scène dès cette rentrée. Ce sera lors de l’ouverture de la prochaine session au Parlement.

Un débat qui s’annonce houleux, surtout à la deuxième Chambre où les conseillers FDT et CDT comptent bien donner du fil à retordre au gouvernement.


Transport : un déficit en ressources humaines

 

Il semblerait que la rentrée sociale ne soit pas de tout repos pour les professionnels du transport au Maroc. L’éradication de l’informel est le principal chantier sur lequel Abdelilah Hifdi, président de la Fédération nationale de transport, promet une lutte sans merci. La prédominance de l’informel – 70% du secteur –, avec un parc souvent vétuste, a un impact considérable sur le nombre d’accidents de la route.

 

De même, l’impact sur le tourisme n’est pas négligeable. La solution : intensifier les contrôles techniques sur les véhicules. « Il est anormal de voir circuler encore aujourd’hui des poids lourds de 40 à 50 ans d’âge, sous prétexte que la visite technique n’a rien décelé d’anormal », s’étonne Hifdi.

 

Alors qu’en Turquie ou encore en Egypte, l’âge maximum d’un poids lourd autorisé à circuler est de 20 ans. Les contrôles doivent également concerner le respect du temps de conduite/repos des conducteurs. En étranglant les opérateurs informels, Hifdi espère aussi que les membres de sa fédération récupéreront une bonne partie du personnel des entreprises qui refuseront ou ne pourront pas se structurer.

 

Car le déficit en ressources humaines est aujourd’hui important dans ce secteur. Et les trois instituts de formation initiale qui existent ne peuvent plus suivre. « Le déficit en ressources humaines ne peut être comblé que par la multiplication du nombre d’instituts assurant la formation initiale obligatoire », complète Hifdi.

De plus, les professionnels réclament une exonération de la Taxe intérieure de consommation (TIC) qui est de l’ordre de 2,42 dirhams par litre de gasoil. En parallèle, ils demandent une TVA à 20% au lieu de 10%, sans pour autant augmenter le prix. « De cette manière, nous pourrons faire des économies de 3,5 à 4 dirhams par litre.

C’est suffisant pour encourager les professionnels à se structurer. Surtout si l’accès à ces exonérations se fait à travers des critères d’éligibilité tels qu’une fiscalité et des cotisations sociales à jour », explique le président de la FNT.

 

Ces solutions, la fédération les a présentées sous forme de propositions au ministère de tutelle. « Nous ressentons chez le nouveau gouvernement une volonté d’être plus proche des professionnels. Malheureusement, sa méconnaissance du secteur fait qu’il le traite comme tous les autres », se désole Hifdi. Et les professionnels ont leur part de responsabilité dans cette méconnaissance. « Je me rappelle avoir signé, en présence de Karim Ghellab, une convention dans laquelle une association à membre unique était partenaire. C’est vous dire l’atomisation qui caractérise ce secteur. Ce qui nous empêche de communiquer de manière uniforme autour de notre métier et nous fait perdre des points de compétitivité », déplore le président de la fédération.

A.M.


***

 

Une consanguinité malvenue

 

Dans quel pays voit-on un chef de gouvernement ou un Premier ministre manifester aux côtés d’une organisation syndicale ? Réponse… au Maroc ! Les liens de certaines centrales syndicales sont à ce point consanguins avec les partis politiques qu’il n’y aurait guère à s’étonner de voir Abdelilah Benkirane aux côtés de Mohamed Yatim, le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Maroc (UNTM). Pas plus qu’il ne faudrait s’offusquer d’assister au spectacle d’un Hamid Chabat, le patron de l’UGTM, vitupérant un gouvernement pour une politique sociale que par ailleurs le parti de l’Istiqlal, dont il est lui-même député, approuve au nom de la solidarité gouvernementale !

Si le Maroc avance sur la voie de la démocratie, c’est peu dire qu’il demeure figé sur le plan syndical. Les « crocodiles », si chers à Abdelilah Benkirane, ne sont pas ceux que l’on croit. Les liens étroits entre organisations syndicales et formations politiques, tiennent d’un autre âge, qui n’est pas celui d’un exercice pleinement responsable.

Notre démocratie sociale gagnerait sans doute à remettre à plat sa représentation syndicale, en ne consacrant que les seules organisations réellement représentatives, et en écartant la myriade de syndicats aux effectifs évanescents.

De même, les partenaires sociaux devraient-ils s’interroger sur l’efficacité d’une représentation syndicale étroitement liée à telle ou telle formation politique. Qui niera qu’il y a là matière à de singuliers conflits d’intérêt dont il n’est pas sûr que les salariés ne soient pas parfois d’involontaires victimes ?

Yanis Bouhdou


Entretien avec Jamal Belahrach, président de Manpower Maghreb

« Le repos biologique est terminé ! »

 

Président de la commission Emploi et relations sociales de la CGEM, interlocuteur des syndicats comme du gouvernement, le président de Manpower Maghreb invite le gouvernement à l’action. Et plaide pour la tenue d’un grand sommet – réunissant pouvoirs publics, organisations syndicales et CGEM –, à même de définir le modèle social qui manque au Maroc.

 

Septembre sonne le temps de la rentrée. Comment appréciez-vous le contexte de cette rentrée sociale, la première du gouvernement Benkirane sur lequel nombre d’acteurs économiques portent un regard critique depuis le début du mandat ?

L’heure de vérité a sonné. Pour le gouvernement comme pour toutes les parties prenantes. Cette rentrée sociale est à l’évidence la plus importante que le Maroc ait connue. Et il faut que tout le monde considère que le repos biologique est bel et bien terminé !

 

Qu’est ce qui pourrait marquer la fin de ce « repos biologique » ?

L’arrivée du PJD et l’installation du nouveau gouvernement ont pu faire consensus. Mais aujourd’hui, les citoyens et les acteurs économiques de ce pays attendent que l’on passe enfin à l’action. Le cadrage du projet de loi de Finances que l’on nous présente apparaît pour le moins édulcoré. Au-delà de son envie de bien faire, le gouvernement devrait surtout démontrer sa capacité à faire. Pourquoi cette rentrée est-elle si stratégique ? Parce qu’un espoir a été donné, des attentes ont été formulées. Or, aujourd’hui, ce gouvernement n’a donné aucun signe structurant sur le projet de société dont le Maroc a besoin. Le temps politique n’est pas le temps économique, et encore moins social. Les feuilles de route successives de Sa Majesté tracent un chemin. L’idée d’un nouveau contrat social remonte à 2009. Qu’en est-il réellement aujourd’hui ?...

 

Les rounds du « dialogue social », repris à son compte par Benkirane, ne répondent pas à cette volonté ?

Il ne peut pas y avoir de véritable projet sociétal si l’on ne met pas, tous ensemble, tous partenaires confondus, les éléments du débat sur la table. Il faut donc un vrai sommet social. Il ne s’agit pas d’aborder les problèmes de façon isolée. Ce gouvernement doit avoir le courage de dire qu’il faut une pause, pour passer au crible les grands enjeux sociaux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Nous sommes tous – pouvoirs publics, organisations syndicales, patronat – coresponsables, coproducteurs et nous devons, conjointement, nourrir un grand sommet social qui nous permette de poser le bon diagnostic et formuler des propositions. Quel modèle social voulons-nous ? A quel rythme ? Si nous répondons à cela, nous pourrons développer un vrai patriotisme économique et social.

 

Qu’attendez-vous, sur ce point, du gouvernement ?

Il faut que nous posions, tous ensemble, les éléments du débat. Cela ne suffit pas de se retrouver régulièrement à une centaine autour de la table, dans une sorte de foire d’empoigne, où chacun essaie de s’imposer par la voix dans une sorte de criée d’où rien ne sort. Le Maroc a-t-il un modèle social ? Ce n’est pas au PJD de dire lequel, mais bien à l’ensemble des partenaires sociaux de le définir. Je ne connais pas un Marocain qui ne souhaite que son pays avance. Nous avons une assez bonne image à l’extérieur, and so what ? Compte tenu de cette bonne image, la réalité quotidienne à laquelle nous sommes confrontés sur le plan intérieur est plutôt frustrante… Nous n’avons pas à copier le modèle danois ou le modèle français. Ils ont une histoire. Ce n’est pas la nôtre. Certes, nous pouvons nous y référer, mais il nous revient de créer notre propre modèle. Avec ses rendez-vous périodiques, le « dialogue social » existe mais il est quelque peu immature. Il faut que l’Etat fasse son introspection. Quel est son métier ? Quelle est, en matière sociale, sa mission ? Je crois qu’il est là pour encadrer, pour arbitrer si besoin. Mais pas pour exécuter.

 

Quant aux partis politiques, ils sont bien trop ethnocentrés. Ils sont à côté de l’Histoire. L’entreprise elle-même est un espace politique, or on y laisse depuis trop longtemps le champ aux extrémistes. Où veut aller le Maroc ? Les vrais sujets, ceux qui préoccupent nos concitoyens, ce sont ceux qui touchent d’abord au travail, au logement et à leur santé. Il faut traiter ces sujets ! Il faut élever le débat ! Il faut donc que les gens s’expriment. Et dans ce débat, ce sommet social que nous appelons de nos vœux, le patronat doit être responsable, mais très exigeant.

 

En attendant ce sommet social, comment traduire le dialogue social tel qu’engagé avec le gouvernement ?

Nous avons tenu au lendemain de la mise en place de ce gouvernement une rencontre à Skhirat entre le chef du gouvernement et ses ministres et les chefs d’entreprise. Il faut aujourd’hui matérialiser l’accord de Skhirat. Nous devons mettre en œuvre une feuille de route concrète.

 

Au lendemain de la rencontre le mois dernier entre le bureau de la CGEM, conduit par notre présidente, et Abdelilah Benkirane ainsi que ses principaux ministres, nous sommes convenus de réunir chaque mois cinq commissions thématiques, chacune coprésidée par un ministre et le président de la commission ad hoc de la CGEM. Et, tous les trois mois, de tenir un « comité de gouvernance » avec le chef du gouvernement. Notre objectif majeur est de définir et de mettre en place les orientations pour améliorer la compétitivité des entreprises.

 

Avec les syndicats, la CGEM a engagé des rounds sociaux dès le mois de mars 2012. Nous avons ainsi créé une commission mixte avec chacune des grandes centrales représentatives : UMT, CDT, FDT, UNTM et UGTM. Par ailleurs, dès le mois de janvier de cette année, pour anticiper les conflits dans les entreprises – qui affectent parfois longuement et durement l’activité – nous avons prévu un dispositif de gestion de pré-conflit. Dispositif qui nous permet de canaliser les différends. Sur neuf cas traités à ce jour, sept ont pu être réglés grâce à une médiation adressée par la CGEM.

 

Précisément, le débat autour de l’encadrement du droit de grève continue à alimenter l’inquiétude des syndicats…

Le droit de grève n’est pas à remettre en cause. Mais il est vital pour les entreprises qu’il soit mieux défini et que les règles qui le régissent soient claires pour tous. On ne peut pas laisser des gens bloquer une économie, comme cela s’est passé à Tanger, sans s’inquiéter pour l’attractivité du pays.

 

La démocratie, c’est des droits et des devoirs. Nous avons une proposition de texte qui est prête, qui a été transmise aux partenaires sociaux et au gouvernement. Il faut maintenant se fixer un délai et y aller ! Benkirane s’est engagé à faire voter un texte dans les six mois.

 

Au-delà du droit de grève, les sujets sont nombreux qui alimentent le dialogue social depuis de longues années sans pour autant trouver de solution. A commencer par celui de la protection sociale. Comment avancer ?

D’abord, le code du travail doit ĂŞtre adaptĂ© aux conditions de notre Ă©conomie. Pour ĂŞtre plus fluide et lever, par exemple, les interprĂ©tations sur les indemnitĂ©s de licenciement qui sont aujourd’hui cumulables avec les dommages et intĂ©rĂŞts. S’agissant des retraites, il serait temps de dire stop aux Ă©tudes  

Tous les éléments sont connus. Il faut passer à l’action, mais le patronat ne paiera pas pour le public. Pour l’IPE, l’indemnité de perte d’emploi, nous ne bloquons pas comme on a pu le laisser entendre, nous y sommes tout à fait favorables, mais à une condition : que l’Etat s’engage.

La contribution de l’Etat ne peut pas être temporaire, elle doit s’inscrire dans la continuité. Aujourd’hui, l’indemnité de chômage est déjà, dans les faits, octroyée puisque le salarié qui perd son emploi touche l’indemnité de licenciement, à hauteur au moins de 70% du smig sur six mois, et des dommages et intérêts. Mais l’IPE n’est pas suffisante en soi, il faut qu’elle soit accompagnée d’une possibilité de formation qualifiante pendant la période de chômage.

Plus généralement, cela pose la vraie question qui est : qui doit financer la protection sociale ? D’où la proposition que nous avons faite de créer une TVA sociale. La protection sociale ne peut être financée par les seules entreprises.

Un autre grand chantier doit être mis en œuvre, celui de la flexibilité. Nous devons pouvoir créer un nouveau contrat de travail à temps partiel, au bénéfice du secteur de la distribution par exemple. Le contrat unique fait aujourd’hui débat.

Nous devons avancer sur le plan de la lĂ©gislation  sur le travail temporaire. Il nous faut Ă©galement rĂ©flĂ©chir sur l’accompagnement des salariĂ©s dans le cadre de leur employabilitĂ©. Il ne suffit pas pour l’Anapec d’accompagner les seuls diplĂ´mĂ©s demandeurs d’emploi mais tous les chĂ´meurs.

 

Tous ces sujets ne devraient-ils pas nourrir les débats du sommet social auquel vous appelez ?

Il y a en effet une urgence extrême à poser tous ces sujets, et d’autres encore, dans le cadre d’un sommet. Le ministre de l’Emploi y est favorable, mais c’est au chef du gouvernement de porter ce projet. Il faut donner de la visibilité à tous les acteurs, réinstaller la confiance…

Nous sommes, il faut bien le dire, en déficit de capital humain, de compétitivité, de santé, d’éducation et de formation… Ce n’est pas la tâche qui manque, ce sont les tâcherons !

 

Propos recueillis par Henri Loizeau

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N°138 : Le sexe au temps du cĂ©libat 
N°137 : ONG: La face cachĂ©e de la sociĂ©tĂ© civile
N°136 : Le modèle turc : Mythe ou rĂ©alitĂ© ?
N°135 : Caisse marocaine des retraites : La bombe Ă  retardement
N°134 : Qui a tuĂ© Amina ? 
N°133 : Moralisation de la vie publique : Le spectre de la campagne d’assainissement plane
N°132 : DĂ©linquance :  Le Maroc a peur
N°131 : 14 femmes  pour Benkirane
N°130 : Le rĂ©veil des salafistes  Demain la charia ?
N°129 : Dilapidation des deniers publics:  Benallou et l'ONDA... pour commencer
N°128 : DSK   Le marocain
N°127 : Conservation foncière : pièges, magouilles, corruption
N°126 : Les enfants perdus  de Casablanca
N°125 : PJD  Les rois du marketing
N°124 : Le 20-FĂ©vrier s'essoufle...  mais le Maroc bouillonne
N°123 : Protectorat,   Cent ans sans solitude
N° 122 : Formation du gouvernement,  Ca coince et ca grince
N°121 : Portables, Internet, documents biomĂ©triques…  Flicage, mode d’emploi
N° 120 : Sondage exclusif :  Benkirane, Monsieur 82%
N°119 : Pourquoi le Maroc ne sera pas   islamiste
N°118 : Mohammed VI versus al-Assad,   Au nom du père
N°117 : Gouvernement :   Cabinets ministĂ©riels, de l’ombre Ă  la lumière
N°116 : Plan social :  les sacrifiĂ©s de la RAM
N°115 : Coup d’Etat :   Skhirat, L’histoire du putsch revue et corrigĂ©e
N°114 : Politique fiction  Et le gagnant est ...
N°113 : Le dernier combat de   Mohamed Leftah
N°112 : Portrait Abdelbari Zemzmi
N°111 : Harcèlement sexuel et moral  Un sport national
N°110 : Bilan  Le code de la dĂ©route
N° 109 : L’ONDA  Grosses tensions et petites combines
N°108 : Placements Comment sauvegarder son patrimoine  
N°107 : ImpĂ´t sur la fortune El Fassi lance un pavĂ© dans la mare  
N° 106 : Interview 
N° 104/105 : Presse Ă©trangère/Maroc Le grand malentendu  
N°103 : Le temps de l’amazigh  
actuel 102 : RĂ©fĂ©rendum Ecrasante victoire du Oui  
actuel 101 : FatĂ©ma Oufkir : Le roi et moi 
N°100 : 100 indignations et 100 solutions pour le Maroc 
N°99 : Projet constitutionnel Le roi et nous  
N° 98 : PĂ©dophilie  : Tolerance zero 
N° 97 : Gad, Jamel & co Pourquoi les Marocains font rire le monde
N° 96 : L’horreur carcĂ©rale 
N° 95 : Enseignement privĂ© : Le piège  
Actuel n°94 : Moi, Adil, 25 ans, marchand de chaussures et terroriste  
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N°46 : Chirurgie esthĂ©tique :  plus belle, tu meurs
N°45 : McKinsey dans la ligne de mire  
N°44 : Trafic sur les biens des Ă©trangers 
N°43 : Avec les Ă©vadĂ©s de Tindouf 
N°42 : GCM / Tamesna : Un scandale en bĂ©ton !
N°41 : ONA - SNI: Ils ont osĂ©
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N°35 : Vies brisĂ©es 
N°34 : Maires Ceux qui bossent et ceux qui bullent
N°33 : Botola Combien gagnent nos joueurs
N°32 : Sexe, alcool, haschich, jeux… Les 7 vices des Marocains
N°31 : Tanger Le dossier noir des inondations
 
 
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