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Ces ex-gauchistes qui nous gouvernent 
actuel n°54, samedi 3 juillet 2010
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Ils sont passés de la gauche radicale à la droite libérale. Ils ont quitté leurs oripeaux révolutionnaires écarlates pour le tarbouche rouge du Makhzen. Les gauchistes qui nous dirigent ont oublié leurs dogmes, mais pas tous leurs principes…


***

Ils ont en commun une jeunesse animée par la fougue de la rébellion. Contrairement à ceux de leur génération qui préféraient faire la fête ou se consacrer uniquement à leurs études, eux dédiaient leurs soirées aux assemblées générales de l’UNEM (Union nationale des étudiants du Maroc) ou aux réunions du comité de lutte contre la répression au Maroc. Certains d’entre eux, les plus téméraires, croupissaient dans l’obscurité oppressante des prisons. Leurs héros étaient Marx, Lénine, Trotski, Mao ou le Che. Des idéaux plein la tête, des diplômes plein les poches, ils sont entrés dans la vie active.

C’est à ce moment-là que « leurs murs de Berlin » sont tombés. Aujourd’hui, ils sont dirigeants, leaders d’opinion, dans tous les cas de figure, membres actifs de la société, voire gouvernants. Que s’est-il passé dans leur parcours ? Opportunisme diraient certains. Pas forcément. De cette fournée de « gauchistes » ont émergé des dirigeants apparemment convaincus des bienfaits de la démocratie. Lénine déjà – leur maître à penser - avait écrit dans son texte La maladie infantile du communisme, le gauchisme que, ne pas participer aux élections, en régime de démocratie parlementaire, relevait de la plus pure puérilité. Au nom de la sauvegarde de la virginité des principes, il faudrait se priver du « processus démocratique » ? Alors ils y ont cru ! Ils se sont reconvertis, jouant la carte de l’intégration au système politique en place.

L’engagement dans la sphère du pouvoir

Aujourd’hui, Salaheddine Mezouar n’harangue plus les étudiants dans les assemblées de l’UNEM mais les militants du très libéral RNI. Son vieil ami, Zouheir Chorfi, a troqué le keffieh pour le costume trois-pièces de directeur général des Douanes. Salah el Ouadie a délaissé les geôles des années de plomb pour les sièges moelleux de la HACA et du bureau politique du PAM…

Cette évolution spectaculaire s’explique par leur engagement pour leur pays. Jaouad Mdidech, ancien détenu politique, auteur de La chambre noire ne leur jette pas la pierre : « Chacun a ses convictions et les met en pratique comme il peut. Le Maroc a changé, il n’y a plus de répression. Les méthodes ont changé. Ils ont pensé que la meilleure façon d’avancer, c’est d’agir parfois à l’intérieur de la sphère de l’État. Le temps des idéologies est terminé. Il reste forcément quelque chose de l’école du gauchisme. Même intégrés dans le système, ils gardent des valeurs qu’ils utilisent aujourd’hui dans leurs fonctions. »

De l’école gauchiste, il leur reste une certaine honnêteté, le militantisme et la foi en des jours meilleurs. Il est vrai que le passage de révolutionnaire à grand commis de l’État peut paraître pour le moins surprenant. Mais à y voir de plus près, n’est-ce pas l’intérêt général qui motivait et meut encore leurs démarches ? Peut-être ont-ils compris que pour agir et jouer un rôle significatif, il fallait faire des concessions, évoluer, et enfin s’adapter. Or s’adapter à la nouvelle donne, c’est d’abord constater que le gauchisme a agonisé dans les années quatre-vingt pour petit à petit laisser place au fondamentalisme.

Les dés pipés dès le départ ?

Les conditions de la « transhumance » politique au Maroc semblent être inhérentes à la nature même du système politique. Ce dernier est considéré comme un système d’endiguement. Les passages d’un parti politique à un autre, d’un engagement à un autre, sont le fruit d’un fonctionnement du système politique. Pour Mohamed Darif, politologue et enseignant universitaire : le mouvement de la gauche radicale des années soixante-dix et quatre-vingt était voué à l’échec en raison de conditions objectives et subjectives : « Les conditions objectives sont la nature du système politique qui est un système d’intégration, l’environnement culturel ancré dans les traditions et l’absence d’une classe ouvrière au sens marxiste du terme… » Les conditions subjectives concernent la composition du mouvement : « Les gauchistes étaient des intellectuels, étudiants et universitaires issus pour la plupart de la bourgeoisie. Leur but réel était de servir le pouvoir en place. Les gauchistes marocains de l’époque n’ont jamais été réellement convaincus des valeurs de la gauche. Le principe même de démocratie libérale ne faisant d’ailleurs pas partie de ces valeurs. Le gauchisme était une carte de pression sur le régime qui s’est empressé de les récupérer », poursuit-il. Et l’on ne peut s’empêcher de se poser la question suivante : en partant de l’hypothèse qu’effectivement le système politique a une grande capacité de récupération, les ex-gauchistes et les islamistes qui aujourd’hui jouent la carte démocratique à l’européenne y croient-ils réellement ?

Pour Abdelkader Chaoui, ambassadeur du Maroc au Chili et qui a fait partie dans les années soixante-dix des leaders du mouvement marxiste léniniste au « 23 Mars », le gauchisme a été éphémère. Dans un ouvrage autocritique en langue arabe qu’il a publié au début des années quatre-vingt-dix et qui a pour titre La gauche au Maroc, expérience du rêve et de la poussière, il explique que le mouvement a échoué parce qu’il était élitiste dès le départ, composé d’enseignants et d’étudiants, mais surtout parce qu’il a fait l’erreur stratégique d’ignorer le rôle de la religion dans la société marocaine, la taxant comme il était de tradition alors dans les mouvements de gauche radicale d’« opium du peuple ».

Ils étaient allergiques à la religion comme à ce qu’ils appelaient la gauche réformiste. Pour Youssef Blal, universitaire et membre du bureau du PPS, « le clivage originel qui confrontait la gauche radicale à la gauche traditionnelle, autrement dit qui faisait que la première s’inscrivait dans l’affrontement direct au pouvoir alors que la deuxième jouait le jeu de la participation démocratique, a fait que les membres de la gauche radicale sont passés d’un extrême à un autre et ne se sont pas engagés dans les partis de gauche traditionnels. » Le pouvoir a d’ailleurs finement joué le ralliement avec l’« Instance équité et réconciliation» (commission nationale pour la vérité, l’équité et la réconciliation) qui a converti l’extrême gauche à la défense du projet monarchique : « Les arguments du pouvoir ont été que le changement de règne a été positif et qu’il fallait par conséquent insuffler une nouvelle dynamique pour contrecarrer les islamistes », poursuit Youssef Blal.

DĂ©fendre un projet moderniste

D’un côté faire rempart aux islamistes. De l’autre, suivre un mouvement inéluctable d’embourgeoisement… Comme l’a écrit Abdellatif Laâbi dans son Pacte national de la culture en avril 2010: « Le Maroc a profondément changé. Dorénavant, qu’on le veuille ou non, il fait partie intégrante du village planétaire. Les besoins vitaux et intellectuels d’un nombre toujours croissant de Marocains, à l’intérieur du pays comme dans la diaspora, ont tendance à s’aligner sur ceux des citoyens des pays avancés. » Et comme ailleurs, les gauchistes se sont reconvertis.

Pour Mohamed Bentaleb, ex-gauchiste et l’un des fondateurs du RNI : « 80 % des étudiants dans les années soixante-dix étaient de gauche et militaient à l’UNEM. Ils ont tous eu des diplômes et ont travaillé dans les administrations. Ces cadres marocains étaient de gauche. Ils ont alors été rattrapés par le réalisme de leur vie professionnelle. C’est à ce moment-là que le parti de la colombe blanche est né, un mouvement qui a réuni les cadres et qui donnera naissance au RNI. » Un mouvement aujourd’hui dirigé par l’un des convertis les plus emblématiques : Salaheddine Mezouar. Le gauchisme fut au Maroc un passage incontournable pour les étudiants, inscrits dans une époque qui se prêtait à la rébellion. C’était une passerelle. Et une bonne école du pouvoir.

Aujourd’hui, nos dirigeants savent manier la rhétorique et la dialectique, tisser des réseaux et prendre le pouvoir dans un parti ou une administration en plaçant des hommes clefs aux postes sensibles. Les leçons de jeunesse ont porté leur fruit. Merci Lénine !

Bahaa Trabelsi

Zouheir Chorfi, l’électron libre

Issu d’une famille rbatie bourgeoise – son père Ă©tait procureur du roi –, Zouheir Chorfi Ă©tait Ă©tudiant Ă  Grenoble en mĂŞme temps que Salaheddine Mezouar dans les annĂ©es quatre-vingt. C’est d’ailleurs le mĂŞme Salaheddine Mezouar aujourd’hui ministre de l’Économie et des Finances qui l’a nommĂ© directeur gĂ©nĂ©ral Ă  la direction des Douanes. Electron libre, farouchement indĂ©pendant, il faisait aussi partie de la fameuse « Kaida » Ă  l’UNEM (composĂ©e essentiellement d’étudiants de la gauche radicale) et Ă©tait rĂ©solument rĂ©fractaire aussi bien dans ses idĂ©es que dans ses prises de position politique. Il faisait partie de ceux que l’on appelait les « sympathisants » du mouvement radical de gauche. DĂ©fenseur de la cause palestinienne, il portait toujours sur lui le keffieh. EngagĂ©, il Ă©tait de toutes les manifestations, aussi bien contre le dĂ©cret Imbert et la circulaire Bonnet en 1980, que pour dĂ©noncer Ă  la mĂŞme Ă©poque les pratiques de Menahem Begin en IsraĂ«l. Au Maroc, il s’assagit pour entrer dans l’administration fiscale oĂą il gravira les Ă©chelons Ă  la vitesse de l’éclair, de la direction du TrĂ©sor Ă  la direction des Douanes. B. T.

Salaheddine Mezouar, le haut du panier pour le basketteur.

S a l a h e d d i n e Mezouar Ă©tait Ă©tudiant en sciences Ă©conomiques Ă  Grenoble dans les annĂ©es quatre-vingt. Sur le campus de Saint-Martin d’Hères, il faisait partie du groupe des leaders politiques « rĂ©volutionnaires ». La tenue prolĂ©tarisĂ©e, le keffieh palestinien sur les Ă©paules, il Ă©tait membre actif de l’Union des Ă©tudiants du Maroc (UNEM), du comitĂ© de lutte contre la rĂ©pression au Maroc, et l’un des dirigeants de l’Organisation unitĂ© et lutte (El ouahda oua ennidal). Militant connu et reconnu aussi bien dans le milieu des Ă©tudiants que dans le cercle plus hermĂ©tique des travailleurs marocains oĂą, entre deux parties de baskets, il distribuait des tracts et tenait la table du comitĂ©, ses idĂ©es Ă©taient rĂ©solument Ă  l’extrĂŞme gauche. Ses camarades de la « Kaida », que l’on dĂ©nommait ainsi Ă  l’époque pour dĂ©signer tous ceux qui ne militaient pas dans les partis de gauche reconnus (le PPS et l’USFP), Ă©taient tous gauchistes. Les uns issus de Ila Amam, fondĂ© par des militants venus du Parti de libĂ©ration et du socialisme qui deviendra le Parti du progrès et du socialisme, et les autres, ceux du « 23 Mars » (fondĂ© essentiellement par des militants de l’UNFP). Il s’agissait des deux organisations les plus radicales de la gauche Ă  l’époque. Salaheddine Mezouar et ses camarades rebelles ont Ă©tĂ© Ă©lus reprĂ©sentants du bureau de section de l’UNEM Ă  Grenoble. Cela s’est passĂ© juste après le 16e congrès du syndicat des Ă©tudiants, au dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt. Puis, tout en continuant le basket, une brillante carrière dans le privĂ© se dessinera jusqu’à la prĂ©sidence de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) en 2002. Belle passerelle vers le poste de ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies en 2004… avant l’Économie et les Finances en 2007.  B. T.

Ahmed Akhchichine, ministre malgré lui

C’est Fouad Ali El Himma qui aurait insistĂ© pour qu’Ahmed Akhchichine prenne les rĂŞnes du ministère de l’Enseignement. Contrairement Ă  ses pairs, l’homme n’a jamais militĂ© pour un strapontin ministĂ©riel. Cet ancien compagnon de route des militants d’extrĂŞme gauche, (il Ă©margeait au 23 Mars) qui cultive l’art de la discrĂ©tion Ă  la perfection, est plus Ă  l’aise dans la rĂ©daction de rapports et de fiches de synthèse sur les questions d’actualitĂ© que derrière un bureau ministĂ©riel. Il a fait partie de la Commission qui a Ă©laborĂ© le rapport « 50 ans de dĂ©veloppement humain et perspectives 2025 » et c’est Ă©galement lui qui a concoctĂ© la plupart des textes fondamentaux de la Haute autoritĂ© de la communication audiovisuelle (HACA) dont il avait Ă©tĂ© nommĂ© directeur gĂ©nĂ©ral en 2003. Aujourd’hui, le thĂ©oricien en chef du Mouvement pour tous les dĂ©mocrates qui donnera naissance au PAM a lancĂ© des chantiers Ă©normes dans le secteur de l’éducation mais s’est mis Ă  dos les enseignants et les syndicats parce qu’il ne maĂ®trise pas bien les ficelles du compromis et encore moins l’art de la communication. A. E. A.

Salah El Ouadie, le marié du PAM.

Salah El Ouadie fait partie d’une famille de militants. Son père, Al Assafi Ă©tait adhĂ©rent Ă  l’UNFP dans la lignĂ©e de Abderrahim Bouabid, et a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© en 1973. Touria Sekkat, sa mère, Ă©tait Ă©galement militante Ă  l’UNFP. Aziz, son frère a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© avant lui. Poètes de père en fils, les membres de la famille El Ouadie ont toujours dĂ©fendu des idĂ©aux. MariĂ© Ă  Fatna Bouih (alias Rachid) dans un premier mariage, ancienne dĂ©tenue politique, Salah El Ouadie s’est engagĂ© très jeune dans le mouvement du 23 Mars, groupe clandestin d’extrĂŞme gauche, ce qui lui a valu d’être emprisonnĂ© en 1974 et condamnĂ©, en 1977, Ă  vingt-deux ans de prison. Salah El Ouadie est libĂ©rĂ© en 1984, il s’investit sur le terrain associatif et figure parmi les fondateurs de l’OMDH (Organisation marocaine des droits de l’Homme) en 1988 et du Forum vĂ©ritĂ© et justice en 1999. Salah a Ă©crit Le mariĂ© (El arisse), publiĂ© en 2002, pour exorciser ses annĂ©es de dĂ©tention. C’est par le biais de l’Instance Ă©quitĂ© et rĂ©conciliation que Fouad Ali El Himma l’a sans doute convaincu de rejoindre le PAM. Il est donc membre du bureau du Parti authenticitĂ© et modernitĂ© (PAM) et membre de la direction du Mouvement de tous les dĂ©mocrates au sein desquels siège Fouad Ali El Himma. Il est membre de la HACA (Haute autoritĂ© de la Communication audiovisuelle) et enseignant Ă  l’institut HEM Ă  Casablanca. B. T.

Ahmed Herzenni, mister droits de l’Homme

14 ans de prison. C’est le lourd tri¬but qu’a payĂ© Ahmed Her¬zenni pour son engagement marxiste - lĂ©niniste . « Linakhdoum achâ’ab » (servons le peuple), d’obĂ©dience maoĂŻste qui n’a pas dĂ©passĂ© le stade des campus. Pour Herzenni et ses compagnons, la lutte armĂ©e contre le rĂ©gime n’était pas prioritaire, il fallait d’abord Ă©duquer les masses et s’occuper de l’éveil politique des paysans. Les militants Ă©taient alors invitĂ©s Ă  se faire ouvrier ou fellah, l’espace de quelques annĂ©es. Une fois les annĂ©es Marx enterrĂ©es après les rĂ©vĂ©lations des exactions de l’empire soviĂ©tique, Herzenni fera son mea culpa en prison. En 1982, il sort son fameux Proposition pour l’alternative. Il reconsidère alors la question de l’engagement politique et appelle Ă  militer pour une Ă©cole qui devrait avant tout transmettre le sens de la dignitĂ© de l’individu, Ă  travers un enseignement qui fait la part belle aux valeurs de justice et de vertu. Une fois hors des barreaux, Herzenni n’aura de cesse de marier ses convictions teintĂ©es de socialisme scientifique avec d’autres vues de l’esprit. Aux auditions publiques de l’IER en dĂ©cembre 2004, l’ex-dĂ©tenu politique se fera remarquer par un retentissant « je ne suis pas une victime » qui lui ouvrira une succession toute naturelle au poste enviĂ© de patron du CCDH, l’hĂ©ritier naturel de l’Instance Ă©quitĂ© et rĂ©conciliation.  A. E. A.

Abdellatif Laâbi, le souffle de la culture

NĂ© Ă  Fès, il crĂ©e la revue Souffles en 1966. Il est professeur de français Ă  Rabat quand ont lieu les massacres du 23 mars 1965 contre des enfants et leurs parents qui manifestent pacifiquement contre une rĂ©forme de l’enseignement jugĂ©e injuste. Cela provoque son engagement politique, d’abord dans les rangs du PLS (Parti pour la libĂ©ration et le socialisme), puis Ă  partir de 1972 comme fondateur du mouvement clandestin d’extrĂŞme gauche Ila Al Amame. En janvier 1972, il est arrĂŞtĂ© et torturĂ©. En 1973, il est condamnĂ© Ă  dix ans de prison. ExilĂ© en France depuis 1985, il est nommĂ© commandeur de l’ordre des Arts et Lettres par Jack Lang en juin 1985. Il est Ă©lu en 1998 membre de l’AcadĂ©mie MallarmĂ©, puis devient en 2001, membre du conseil d’administration de la Maison des Ă©crivains Ă  Paris. Il est nommĂ© prĂ©sident de la commission du fonds d’aide Ă  la production cinĂ©matographique (FAPCN) en 2004. Il reçoit en mai 2008 le prix Robert Ganzo de PoĂ©sie pour l’ensemble de son oeuvre. Écrivain prolifique et reconnu, il obtient le prix Goncourt en 2009. Son Pacte national de la culture (avril 2010) propose des actions concrètes pour faire Ă©voluer le monde de la culture au Maroc.  B. T.

Driss El Yazami, la longue marche du maoĂŻste

NĂ© Ă  Fès, il a connu les annĂ©es fĂ©briles de la revue Souffles, animĂ©e par le poète Abdellatif Laâbi. Parti faire ses Ă©tudes en France, il s’y installe et penche pour la gauche prolĂ©tarienne et les idĂ©es rĂ©volutionnaires de Mao. Sa prĂ©occupation essentielle reste la question des immigrĂ©s. Il a Ă©tĂ© expulsĂ© de France en janvier 1975 pour avoir menĂ© une grève de la faim des sans-papiers. ArrivĂ© au Maroc, il a Ă©tĂ© Ă©crouĂ© pendant trois mois dans le pavillon dĂ©diĂ© aux immigrĂ©s au sein du « complexe », sombre centre de dĂ©tention Ă  Rabat. PlacĂ© sous surveillance pour activitĂ©s militantes, il rĂ©ussit, une annĂ©e plus tard, Ă  s’enfuir et Ă  retourner en France. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  perpĂ©tuitĂ© par contumace en fĂ©vrier 1977, dans le mĂŞme procès, son frère cadet Abdelalif est condamnĂ© Ă  22 ans de prison ferme qu’il fera Ă  la prison centrale de KĂ©nitra. ApprochĂ© par la Ligue française des droits de l’Homme, il en devient le vice-prĂ©sident. Quelques annĂ©es plus tard, on le retrouve Ă  la FĂ©dĂ©ration internationale des droits de l’Homme (FIDH) oĂą il occupera le poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral jusqu’à ce jour. Il est aussi, tour Ă  tour, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de l’association GĂ©nĂ©riques, dĂ©diĂ©e Ă  l’immigration en France, et rĂ©dacteur en chef de Migrance, une revue fondĂ©e par ses soins. CrĂ©atif, il est Ă©galement auteur et rĂ©alisateur, il a corĂ©alisĂ© le film France, Terre d’Islam et participĂ© Ă  plusieurs ouvrages collectifs sur l’immigration. En 2005, il finit par accepter d’intĂ©grer l’IER (l’Instance Ă©quitĂ© et rĂ©conciliation), puis le CCDH en 2007 oĂą il est nommĂ© par dahir royal, prĂ©sident et qu’il dirige jusqu’à aujourd’hui. Il a organisĂ© l’exposition GĂ©nĂ©rations, un siècle d’histoire des MaghrĂ©bins en France et en Allemagne en 2009. B. T.

Karim Tazi, le coeur Ă  gauche

Affaires et convictions de gauche peuvent-elles faire bon mĂ©nage ? Karim Tazi tout comme Marx pense peut-ĂŞtre que le capitalisme est prĂ©fĂ©rable au fĂ©odalisme et que le bourgeois moderne est prĂ©fĂ©rable au seigneur fĂ©odal. Si Karim Tazi a biberonnĂ© le marxisme tout petit, c’est un peu par accident. On ne choisit pas ses gĂ©niteurs. Au dĂ©but des annĂ©es 60, ses parents militaient Ă  gauche. Au moment oĂą ses camarades apprenaient Ă  maĂ®triser la pratique des patins Ă  roulettes, le petit Karim assistait aux joutes oratoires qui mettaient aux prises les marxistes pur et durs aux maoĂŻstes du cru, sur le fameux thème de « la rĂ©volution nationale dĂ©mocratique » (RND). Il a eu comme parrain Ali Yata, le patron du parti communiste marocain, un grand ami de la famille. Tazi a-t-il payĂ© pour ses idĂ©es ? Non, la politique n’étant pas son fort, le jeune homme s’était juste contentĂ© de suivre les manifs de mai 68 Ă  partir de son balcon. Aujourd’hui, le patron du groupe Richbond qui fait partie des plus grosses fortunes du pays crie, Ă  qui veut bien l’entendre, qu’il n’a en rien reniĂ© ses valeurs en rĂ©alisant des profits grâce Ă  une bonne gestion de l’affaire familiale après ses Ă©tudes de droit Ă  la Sorbonne. Pour preuve, il met toujours en avant la crĂ©ation de la banque alimentaire, une vĂ©ritable rĂ©ussite en matière caritative. Collecter des produits de première nĂ©cessitĂ© pour les redistribuer aux associations afin de venir directement en aide aux plus dĂ©munis, l’idĂ©e n’est pas originale mais le procĂ©dĂ© a fait son petit bonhomme de chemin. Aujourd’hui, l’homme a peut-ĂŞtre rĂ©ussi Ă  embarquer dans son projet humanitaire de nombreuses grosses fortunes mais il semble qu’il n’ait pas vraiment convaincu.  A. E. A.

Ilias El Omari, véritable patron du PAM ?

C’est l’éminence grise de Fouad Ali El Himma. Celui qui souffle dĂ©sormais aux oreilles de FAH est un homme craint. Ses camarades du PAM comme ses ennemis savent Ă  quoi s’en tenir avec cet ex-gaucho qui a militĂ© avec ses camarades de classe au sein d’un groupuscule d’extrĂŞme gauche, avant de s’adapter Ă  la nouvelle ère. Lobbyiste hors pair, l’homme est souvent sollicitĂ© pour rĂ©gler des diffĂ©rends entre hommes politiques, enterrer une affaire ou dĂ©nouer des dossiers Ă©pineux , de l’affaire Aminatou Haidar Ă  celle de Tamek en passant par le dossier de Chakib Khyari. RĂ©sultat, aujourd’hui cet entrepreneur prospère est membre de l’Institut royal pour la culture amazighe, du Conseil supĂ©rieur de la communication audiovisuelle, prĂ©sident de l’association des victimes des gaz toxiques au Rif, de l’association ARID (Association du Rif pour la solidaritĂ© et le dĂ©veloppement) et d’une kyrielle d’autres associations dont le club de foot d’Al Hoceima.  A. E. A.

Kamal Lahbib, l’Altermondialiste

Ex-maoĂŻste, Kamal Lahbib a passĂ© 5 ans en prison pour ses idĂ©es. Aujourd’hui, ce militant est devenu la coqueluche des mouvements altermondialistes qui s’arrachent ses interventions et l’invitent Ă  toutes les grand-messes organisĂ©es ça et lĂ  dans les pays du tiers monde. L’homme qui a transformĂ© ses ardeurs rĂ©volutionnaires en militantisme associatif est de tous les combats, de l’aide aux mères cĂ©libataires Ă  la rĂ©insertion des prisonniers politiques, en passant par les immigrĂ©s clandestins. Il est membre fondateur de l’Observatoire national des prisons, du Forum vĂ©ritĂ© et justice, de l’Espace associatif, de Transparency Maroc, etc. Depuis la chute du mur de Berlin, Lahbib a transformĂ© ses idĂ©aux gauchistes en s’intĂ©ressant Ă  des causes plus prosaĂŻques. Il n’hĂ©site plus Ă  monter au front pour dĂ©fendre des causes liĂ©es Ă  l’actualitĂ©, faisant ainsi parti des collectifs antilibĂ©raux, fĂ©ministes, antiracistes, solidaires et Ă©cologistes. « Pour former des rĂ©seaux de rĂ©sistance », comme il aime souvent Ă  le rappeler. A. E. A.

Latifa Jbabdi, une fĂ©ministe atypique

Elle milite pour « l’interdiction du port du voile intĂ©gral aussi bien en France qu’au Maroc ». Latifa Jbabdi, dĂ©putĂ©e de l’USFP est une figure connue de la gauche marocaine. Membre de l’organisation du 23 Mars au dĂ©but des annĂ©es 70, elle sera arrĂŞtĂ©e en 1977, sauvagement torturĂ©e Ă  Derb Moulay Cherif et tiendra tĂŞte aux magistrats douze fois sans jamais ĂŞtre jugĂ©e. Ă€ sa sortie de prison, l’OADP et le PSD venaient de fusionner avec l’USFP, ce qui lui permet d’entrer dans ce parti de gauche par la grande porte. Le combat en faveur des droits des femmes occupe une grande part dans l’existence de cette dame. On notera son engagement aux cĂ´tĂ©s des femmes pour obtenir la rĂ©forme de la Moudawana, et son travail de terrain Ă  l’IER et au CCDH (Conseil consultatif des droits de l’Homme) oĂą elle devient très vite l’interface privilĂ©giĂ©e entre l’État et les derniers refuzniks, victimes des annĂ©es de plomb. A. E. A.


Où sont passés les derniers marxistes ?

Des intellectuels qui ont marqué l’histoire du Maroc aux derniers refuzniks d’Annahj, il y a comme un parfum de rupture. Les héritiers des Ben Barka, Aziz Blal, Laroui, Serfati... ont-ils failli ? À l’époque, ils se sentaient tenus par une exigence de lucidité poussée à l’extrême, ils ont cultivé le doute, introduit de l’héroïsme dans le don de soi pour défendre leurs idéaux. Pour certains, la chute du mur de Berlin ou la mort des idéologies n’empêchent pas d’évoquer des lendemains qui chantent. Ceux-là ont compris qu’il allait nous falloir désormais améliorer le monde plutôt que le changer. Quant aux groupuscules rassemblés aujourd’hui autour du parti de Abdellah Harrif ou cachés derrière les voiles épais de l’AMDH, ils se réclament toujours du marxisme et s’accrochent à un déni de réalité flagrant. À la veille des législatives de 2007, le PSU (Parti socialiste unifié), le PADS (Parti de l’avant-garde démocratique socialiste) et le Congrès national ittihadi (CNI), issus des mouvances marxiste et socialiste, se résignent à lâcher du lest et vont se présenter, avec plus ou moins de bonheur et pour la première fois aux élections. Annahj Addimocrati (la Voie démocratique) va se braquer : « Pas question de militer pour une démocratie de façade qui sert les forces non démocratiques », tonne Abdellah Harrif, le leader de la mouvance. C’est le début d’une guéguerre sourde entre l’État et ce parti. Une guerre par AMDH interposée d’où Annahj distille des thèses politiques décalées, exige une révision de la constitution, conteste violemment la commanderie des croyants et remet à l’ordre du jour ses positions tranchées sur le Sahara avec un parti pris évident pour les thèses séparatistes. Les violations des droits de l’Homme à Tindouf relèvent alors de la résistance et le maintien de l’ordre public à Sidi Ifni, de l’exaction policière. Jusqu’où iront Harrif, Abdehamid Amine et leurs compagnons ? Dans une certaine mesure, « cette organisation révolutionnaire » a développé des comportements et des réflexes « sectaires » qui portent en eux-mêmes les germes de leur propre destruction. Oubliant les paroles de ce prophète du marxisme qu’était Trotsky qui pensait à juste titre que « le sectaire pense qu’en répétant des formules magiques, il va obliger une classe tout entière à se grouper autour de lui. »

Un autre danger guette les derniers « rouges » : la tentation d’une alliance contre nature avec les salafistes radicaux, histoire d’en découdre avec l’Occident décadent. Au lendemain des attentats de Casablanca, le célèbre terroriste Carlos, publiait un livre manifeste au titre révélateur : L’Islam révolutionnaire. Le militant marxiste-léniniste constate : « L’Islam et le marxisme-léninisme sont les deux écoles dans lesquelles j’ai puisé le meilleur de mes analyses. » Les marxistes du cru iront-ils jusqu’à servir la soupe aux islamistes radicaux, sous prétexte que l’islamisme combat également l’Occident capitaliste ?

Abdellatif El Azizi


Pas qu’au Maroc !

En Europe où la génération rebelle de 68 a viré vers le conformisme repu, la politique se lit de gauche à droite. L’Allemand Joshka Fischer est le symbole de cette glissade de l’idéal vers le portefeuille. Étudiant, il vit en communauté, s’engage dans l’ultra gauche, manifeste violemment contre l’Amérique au Vietnam et traduit des pornos. Puis il s’assagit, adhère aux Verts en 1982. Seize ans plus tard, il devient ministre des Affaires étrangères avant de monnayer son carnet d’adresses comme consultant pour le projet de gazoduc turc Nabucco.

Un parcours qu’envierait le Français Denis Kessler, un ancien étudiant marxiste qui finira par seconder le baron Seillière à la tête du patronat français. Mais en général, les anciens gauchos virent simplement socialos. Michel Rocard quitte le PSU pour devenir looser au PS. Les leaders de 68 comme Alain Geismar rejoignent le parti rose. Les trotskistes deviennent fabiusiens comme Henri Weber ou strauss-kahnien comme Jean-Christophe Cambadélis. Lionel Jospin est un trotskiste un peu à part : lui est entré au PS pour le noyauter avant de se convertir à la social-démocratie.

D’autres adeptes du grand Léon n’ont jamais renié leurs idéaux de jeunesse mais ont fait carrière ailleurs comme Max Théret, fondateur de la Fnac ou Edwy Plenel, procureur de rédaction du Monde qui a été longtemps le pendant de Serge July, l’ex-maoïste patron de Libération.

Mais tout ça, c’était avant Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, c’est lui qui attrape les anciens gauchistes comme les mouches. Ses plus belles prises : Bernard Kouchner, ancien militant des jeunesses communistes et Christian Blanc, ministre du Grand Paris qui fut le patron de la très gauchiste UNEF des années 60. C’était bien longtemps avant qu’il ne claque le budget de l’État dans des cigares… Il y a décidément des idéaux qui partent en fumée.

Eric Le Braz

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N°170 : Royal Air Maroc : Champion du monde du redressement  
actuel N°169 : Fiscalité  du  tabac : Une rĂ©forme incomplète  
N°168 : Cannabis :  Une lĂ©galisation qui rapporterait 20 milliards...
N°167 : Chabat est-il fou 
N°166 : Les naufragĂ©s de Comarit 
N°164/165 : Justice et libertĂ© : DĂ©tention prĂ©ventive  
N°163 : Loi de Finances 2013 : Le  budget de  tous  les dangers  
N°162 : Sortir de l’hypocrisie 
N°161 : Abdelkrim : Genèse d’une interview historique 
N°160 : Ecoles privĂ©es : El Ouafa s'en va-t-en guerre  
N°159 : Ex-prisonniers du Polisario : Voyage au bout de l’enfer  
N°158 : RentrĂ©e sociale :  Les syndicats pointent une concertation en trompe l'oeil
N°157 : Binationaux : J’ai deux amours...  
N°155 : Emigration : Entre rĂŞve et dĂ©sillusion 
N°154 : MRE : Ils sont rentrĂ©s, ils ont rĂ©ussi  
N°153 : 50 Marocains Ă  la conquĂŞte du monde 
N°152 : Mohammed VI : StratĂ©gie gagnante 
N°151 : Economie 2000-2012 : le grand virage 
N°150 : Ramadan : Le pĂ©ril jeĂ»ne  
N°149 : OĂą s’amuser cet Ă©tĂ© 
N°148 : Couples mixtes : Amours sans frontières  
N°147 : Pourquoi ne peut-on plus voir le nu en peinture ? 
N°146 : La dĂ©ferlante des malls 
N°145 : Quand le Maroc Ă©tait amĂ©ricain 
N°144 : L’universitĂ© se privatise 
N°143 : Cheikh Maghraoui :  Cet homme est dangereux
N°142 : Affaire Benallou :  Une nouvelle bombe Ă  retardement
N°141 : Etre Noir au Maroc 
N°140 : Faut-il abandonner le français ? 
N°139 : Entretien avec Hamid Benalfdil : DG du CRI du Grand Casablanca.
N°138 : Le sexe au temps du cĂ©libat 
N°137 : ONG: La face cachĂ©e de la sociĂ©tĂ© civile
N°136 : Le modèle turc : Mythe ou rĂ©alitĂ© ?
N°135 : Caisse marocaine des retraites : La bombe Ă  retardement
N°134 : Qui a tuĂ© Amina ? 
N°133 : Moralisation de la vie publique : Le spectre de la campagne d’assainissement plane
N°132 : DĂ©linquance :  Le Maroc a peur
N°131 : 14 femmes  pour Benkirane
N°130 : Le rĂ©veil des salafistes  Demain la charia ?
N°129 : Dilapidation des deniers publics:  Benallou et l'ONDA... pour commencer
N°128 : DSK   Le marocain
N°127 : Conservation foncière : pièges, magouilles, corruption
N°126 : Les enfants perdus  de Casablanca
N°125 : PJD  Les rois du marketing
N°124 : Le 20-FĂ©vrier s'essoufle...  mais le Maroc bouillonne
N°123 : Protectorat,   Cent ans sans solitude
N° 122 : Formation du gouvernement,  Ca coince et ca grince
N°121 : Portables, Internet, documents biomĂ©triques…  Flicage, mode d’emploi
N° 120 : Sondage exclusif :  Benkirane, Monsieur 82%
N°119 : Pourquoi le Maroc ne sera pas   islamiste
N°118 : Mohammed VI versus al-Assad,   Au nom du père
N°117 : Gouvernement :   Cabinets ministĂ©riels, de l’ombre Ă  la lumière
N°116 : Plan social :  les sacrifiĂ©s de la RAM
N°115 : Coup d’Etat :   Skhirat, L’histoire du putsch revue et corrigĂ©e
N°114 : Politique fiction  Et le gagnant est ...
N°113 : Le dernier combat de   Mohamed Leftah
N°112 : Portrait Abdelbari Zemzmi
N°111 : Harcèlement sexuel et moral  Un sport national
N°110 : Bilan  Le code de la dĂ©route
N° 109 : L’ONDA  Grosses tensions et petites combines
N°108 : Placements Comment sauvegarder son patrimoine  
N°107 : ImpĂ´t sur la fortune El Fassi lance un pavĂ© dans la mare  
N° 106 : Interview 
N° 104/105 : Presse Ă©trangère/Maroc Le grand malentendu  
N°103 : Le temps de l’amazigh  
actuel 102 : RĂ©fĂ©rendum Ecrasante victoire du Oui  
actuel 101 : FatĂ©ma Oufkir : Le roi et moi 
N°100 : 100 indignations et 100 solutions pour le Maroc 
N°99 : Projet constitutionnel Le roi et nous  
N° 98 : PĂ©dophilie  : Tolerance zero 
N° 97 : Gad, Jamel & co Pourquoi les Marocains font rire le monde
N° 96 : L’horreur carcĂ©rale 
N° 95 : Enseignement privĂ© : Le piège  
Actuel n°94 : Moi, Adil, 25 ans, marchand de chaussures et terroriste  
N°93 : Ces cliniques qui nous ruinent 
Actuel n°92 : Attentat : Le jeudi noir de la ville ocre  
Actuel n°92 : RĂ©volutions et attentats Sale temps pour Zenagui 
Actuel n°92 : Mais que veulent les jeunes ? 
Actuel n°92 : Il n’y pas que le 20-FĂ©vrier…  
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Actuel n°92 : Trois jeunesses 
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Actuel n°81 : Sale temps pour les tyrans 
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Actuel n°63 : Ex-ministres :  y a-t-il une vie après le pouvoir ?
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Actuel n°61 : La vie sexuelle des Saoudiennes… racontĂ©e par une Marocaine
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N°59 : Eric Gerets, la fin du suspense ?
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N°55 : Casablanca, mais qui est responsable de cette pagaille ?
N°54 : Ces ex-gauchistes qui nous gouvernent 
N°53 : Au cĹ“ur de la prostitution marocaine en Espagne 
N°52 : DiplĂ´mĂ©s chĂ´meurs : le gouvernement pris au piège
N°51 : 2M : Succès public, fiasco critique
N°50 : L’amĂ©rique et nous 
N°49 : Crise, le Maroc en danger ?
N°48 : Les 30 Rbatis qui comptent 
N°47 : Pourquoi El Fassi doit partir 
N°46 : Chirurgie esthĂ©tique :  plus belle, tu meurs
N°45 : McKinsey dans la ligne de mire  
N°44 : Trafic sur les biens des Ă©trangers 
N°43 : Avec les Ă©vadĂ©s de Tindouf 
N°42 : GCM / Tamesna : Un scandale en bĂ©ton !
N°41 : ONA - SNI: Ils ont osĂ©
N°40 : Enseignement: Missions Ă  tout prix
N°39 : Le Maroc, terre d'accueil des espions 
N°38 : Bleu Blanc Beurk 
N°37 : Boutchichis Les francs-maçons du Maroc
N°36 : Hamid Chabat rĂ©veille les vieux dĂ©mons
N°35 : Vies brisĂ©es 
N°34 : Maires Ceux qui bossent et ceux qui bullent
N°33 : Botola Combien gagnent nos joueurs
N°32 : Sexe, alcool, haschich, jeux… Les 7 vices des Marocains
N°31 : Tanger Le dossier noir des inondations
 
 
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