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Entretien avec Hamid Benalfdil : DG du CRI du Grand Casablanca.
actuel n°139, vendredi 27 avril 2012
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Casablanca a toutes les cartes en main, et la conjoncture actuelle lui ouvre de nouveaux horizons. La ville blanche n’est pas prête à perdre sa longueur d’avance. Le point avec le patron du Centre régional d’investissement.

 


« 2012, une fenêtre de grandes opportunités »

 

Comment le CRI vend-il Casablanca en 2012 ?

La promotion des investissements dans la région du Grand Casablanca se fait en équipe. Les autorités et les élus apportent leur contribution de façon significative. La synergie avec l’AMDI et les départements ministériels assure un effort cohérent, et une optimisation des ressources, tout en donnant à la promotion de la capitale économique une dimension politique d’envergure.

 

Après l’année 2011, caractérisée par le double tsunami de la crise européenne et des printemps arabes durant laquelle l’activité de promotion a été essentiellement orientée vers la consolidation des acquis, 2012 se présente comme une « fenêtre de grandes opportunités ». La stabilité politique et macroéconomique est un atout sur lequel nous devons capitaliser rapidement auprès des investisseurs marocains et étrangers.

 

Dans le Grand Casablanca, nous avons ciblé les investisseurs des pays du Golfe dans les secteurs IT, finance et agro-industrie. Les fonds disponibles dans cette région, combinés au savoir-faire dans ces secteurs, convergent avec la stratégie de développement économique de la région.

 

Le succès de l’offre CasaShore auprès des SSII européennes doit, à mon sens, être consolidé par une présence des grandes marques du monde du web, en particulier celles qui peuvent développer du contenu en arabe. Ces entreprises avaient, jusque-là, choisi l’Egypte avant la révolution. A présent, nous avons une fenêtre de tir pour les intéresser à notre marché et à sa stabilité.

 

Dans la finance, Casablanca Finance City est une place à promouvoir auprès des fonds et des banques du monde arabe. Leur expertise et le développement de leurs marchés financiers devraient nous inspirer modestie et ouverture, pour les associer dans le développement et le succès de la place financière casablancaise qui est à mon sens sur la voie de la réussite.

 

Quel est le taux de succès des projets lancés et les reproches exprimés par les investisseurs ?

A ma connaissance, aucun projet initié par les investisseurs privés, ou dans le cadre d’un partenariat public/privé dans notre région, n’a été abandonné ou arrêté.

 

Certes, nous avons constaté quelques retards dans l’exécution des projets essentiellement dus à l’impact de la crise mondiale, à l’attentisme naturel généré par les changements institutionnels et politiques, et à la frilosité des banques internationales ou encore à la relecture des risques par nos banques.

 

Les reproches le plus souvent exprimés par les investisseurs ont trait au manque de disponibilité de foncier pour les activités économiques (industrie, commerce, tourisme, logistique et autres services), et à la lourdeur des procédures administratives depuis l’enregistrement du foncier à l’octroi du nom de l’entreprise, et jusqu’à l’obtention du certificat de conformité.

 

Quelle est votre stratégie pour rectifier le tir ?

Pour le foncier, nous avons veillé à ce que le schéma directeur de l’aménagement urbain (SDAU) intègre 5 000 hectares de foncier réservés à l’activité. Nous aurions souhaité que ce foncier soit aux abords des autoroutes et des lignes de chemins de fer pour amortir le coût des infrastructures.

 

Nous aurions également souhaité que les grands pôles urbains prévus par le SDAU intègrent des zones d’activités y compris tertiaires. Aujourd’hui, en Europe, les plans directeurs des villes nouvelles prévoient 1 emploi pour 1 habitant (donc un espace pour accueillir des activités et un autre dédié aux logements).

 

Plusieurs nouvelles zones d’activités sont soit livrées, soit en cours de travaux. Parmi elles, la zone franche de 120 hectares dans la préfecture de Nouaceur qui est en cours de travaux, la zone tertiaire de la marina dont une tranche a été livrée, la plateforme logistique de la SNTL, à Mohammédia, le parc industriel Oulad Salah, etc.

 

Pour fluidifier les procédures administratives, nous avons mis en place, en 2008, un comité régional de l’amélioration du climat des affaires, présidé par monsieur le wali, avec la participation des administrations impliquées et des représentants du secteur privé, afin d’identifier des pistes d’amélioration et de formuler des propositions au comité national de l’amélioration du climat des affaires.

 

Je pense néanmoins qu’il est temps de changer de paradigme dans la relation investisseur-administration.

 

Quels sont les atouts compétitifs de Casablanca ?

Dieu merci, la région du Grand Casablanca n’a plus le monopole des infrastructures comme dans les quarante premières années de l’indépendance.

 

Aujourd’hui, toutes les régions du Maroc peuvent se prévaloir d’infrastructures de haut niveau. La montée en puissance des autres régions permet au Maroc de disposer de plusieurs moteurs de croissance à même de répondre à l’enjeu de l’emploi des jeunes.

 

Notre région, de par son tissu industriel très dense et la présence de services d’accompagnement, permet aux investisseurs de capitaliser sur la qualité et la profondeur du bassin d’emploi.

 

Par rapport aux pays de la région, le Maroc et sa capitale économique constituent une plateforme de compétitivité mondiale, stable et pérenne. Les industriels européens qui ont investi dans notre région, notamment dans les secteurs IT et l’aéronautique, en tirent pleinement profit, au niveau rentabilité et création d’emplois en Europe.

 

Je vous invite à lire l’étude française publiée récemment sur les créations d’emplois industriels en France.

Propos recueillis par Mouna Kably

 

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