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Mépris 
actuel n°55, samedi 10 juillet 2010
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Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Il n’est pas un habitant de Casablanca, pas un visiteur étranger, qui ne soit amené à se poser la question. Passe encore pour les visiteurs – touristes ou investisseurs potentiels – qui auront tôt ou tard quitté la ville pour des conditions d’accueil autrement plus chaleureuses et confortables, et un environnement plus conforme aux attentes les plus simples.


Mais que dire des habitants de Casa qui, loin de l’autosatisfaction des élus, désespèrent de leur ville ? Transport urbain défaillant, voirie à l’abandon, propreté indigne d’une capitale économique, pollution criminelle pour la santé publique, trottoirs éventrés depuis des années, absence totale d’espaces verts au profit de la spéculation immobilière… la liste est longue, très longue, des dysfonctionnements qui affectent le quotidien de ses habitants.

Sept années de gestion unifiée ont sans doute permis ici ou là quelques progrès. Le problème, c’est que lorsque les Casablancais bénéficient d’un progrès, ce sont dix, vingt, trente autres troubles, agressions, difficultés qui viennent pourrir leur vie quotidienne.

Invoquer l’état de la métropole « quinze ou vingt ans plus tôt » pour mieux en apprécier les modestes réalisations opérées tient, au mieux d’une aimable plaisanterie, au pire d’une inconséquence politique de premier ordre ! Les boulevards d’Anfa, Al Massira Al Khadra, ou encore la Corniche sont certes des réalisations importantes (même si elles génèrent leurs propres insuffisances), mais mesure-t-on la qualité de vie à trois artères, au coeur d’une métropole de plusieurs millions d’habitants laissés en situation de quasi-abandon ?

Le visage qu’offre Casablanca aujourd’hui témoigne clairement du mépris dans lequel les élus politiques locaux tiennent leurs concitoyens. Et ce mépris devient insupportable quand il touche à ce qui devrait faire l’essence même de la vie dans la cité. Casablanca n’est certes pas Paris, Londres ou Berlin. Elle n’en a pas les moyens et, encore moins, la qualité des équipes qui – de l’urbanisme à la voirie, des espaces verts à l’animation, de la bonne gouvernance à l’idée même de service public – fondent une politique urbaine digne de ce nom. Mais il n’est pas interdit de comparer Casa à ses plus proches voisines. Invoquer l’incapacité d’évolution dans laquelle serait cette métropole au motif qu’elle ne disposerait pas des moyens nécessaires, c’est faire fi du visage que présentent aujourd’hui Rabat ou Fès, pour ne prendre que ces deux exemples. Fathallah Oualalou ou Hamid Chabat disposeraient-ils d’une corne d’abondance qui leur permettrait d’investir sans compter, ou sont-ils plus simplement des gestionnaires – eux et les équipes dont ils se sont entourés – autrement plus attentifs à la qualité de vie de leurs concitoyens ?

Mohamed Sajid et ses affidés ne peuvent se retrancher derrière la complexité d’une situation qui serait propre à la capitale économique. Qui connaît le programme d’un maire plus enclin à assurer sa réélection en se livrant au jeu des petites combines politiciennes qu’à bâtir un projet cohérent, daté et financé, pour la ville dont il prétend être le premier magistrat ? L’absence d’un tel programme pèse sur chacun des habitants de cette ville. Jusqu’à quand ?

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