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e-commerce :  EnchĂšres inversĂ©es Le Net, terrain fertile en arnaques
actuel n°117, vendredi 18 novembre 2011
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Les enchĂšres inversĂ©es font le bonheur de leurs propriĂ©taires. Faux enchĂ©risseurs, trucage des rĂ©sultats, concept proche de la loterie. Alors que ces sites sont interdits en France, le Maroc ferme les yeux sur d’étranges transactions.


***

Un iPhone Ă  500 dirhams, une tĂ©lĂ© 43 pouces Ă  400 dirhams ou encore un lave-linge Ă  250 dirhams. Bienvenue dans le monde des enchĂšres inversĂ©es. Un concept inconnu il y a encore quelques mois au Maroc, et qui fait fureur aujourd’hui auprĂšs des internautes. Le concept est d’une simplicitĂ© dĂ©concertante.

Pourtant, remporter un lot est trĂšs difficile. Pour gagner une enchĂšre inversĂ©e – comprenez « enchĂšre Ă  la baisse » – il faut rĂ©ussir Ă  placer l’offre unique la plus basse sur le produit cible. En d’autres termes, un utilisateur doit proposer le prix d’achat le plus proche de zĂ©ro, pour remporter le produit.

Seulement, ce prix ne doit en aucun cas ĂȘtre proposĂ© par une autre personne. Si tel est le cas, il faut placer une deuxiĂšme offre de prix et espĂ©rer qu’elle soit la seule. Mais ce qui rend le concept encore plus difficile, c’est le fait que les enchĂšres se font Ă  l’aveugle : aucun utilisateur ne connaĂźt les offres des autres enchĂ©risseurs.

Pour maximiser ses chances de remporter un lot, il faut tout simplement essayer plusieurs fois. En gros, cela revient Ă  choisir des chiffres au hasard. Autant dire que c’est de la loterie. Au passage, les entreprises opĂ©rant sur ce crĂ©neau engrangent beaucoup d’argent.

Pour « clicoo.ma », un site d’enchĂšres inversĂ©es basĂ© Ă  Casablanca, chaque tentative est facturĂ©e Ă  plus de 10 dirhams. Une fois terminĂ©e, une enchĂšre rapporte Ă  l’entreprise jusqu’à dix fois le prix de vente du produit mis aux enchĂšres.

Pour Julien Patera, directeur associĂ© de « clicoo.ma », il faut considĂ©rer les sites d’enchĂšres inversĂ©es, le sien en tout cas, comme des sites e-commerce d’enchĂšres ludiques. A l’en croire, il ne s’agirait donc pas d’une loterie.

« Nous ne sommes absolument pas dans un jeu de hasard oĂč l’alĂ©atoire dĂ©termine le gagnant du jeu. » Argument Ă©tonnant quand le mĂȘme dirigeant affirme quelque temps plus tard que « c’est l’action de chaque participant qui influence le dĂ©roulement d’une enchĂšre, et de l’ensemble de ces actions dĂ©coulera un vainqueur ».

Ce qui veut dire que le rĂ©sultat d’une enchĂšre ne dĂ©pend pas des actions d’un seul enchĂ©risseur, mais d’une suite d’évĂ©nements (dĂ©cisions d’autres enchĂ©risseurs) inconnues et imprĂ©dictibles. Julien Patera recourt d’ailleurs rapidement Ă  des termes propres Ă  l’univers des tombolas.

Ainsi, explique-t-il Ă  actuel, « sur le concept lui-mĂȘme, l’utilisateur doit adopter une stratĂ©gie de jeu pour participer aux enchĂšres et maximiser ses chances de remporter l’enchĂšre. »

Les lĂ©gislations française et allemande ne s’y trompent pas lorsqu’elles assimilent bel et bien ce concept Ă  une loterie (cf. encadrĂ©). Si tel Ă©tait le cas au Maroc, les sites d’enchĂšres inversĂ©es se trouveraient dans l’illĂ©galitĂ©, puisque les loteries et jeux de hasard sont du seul ressort de la Loterie nationale.

Zineb Raji, responsable de communication de la Loterie nationale, avoue ĂȘtre prise au dĂ©pourvu. « Nous n’avons pas connaissance de ce genre de sites », reconnaĂźt-t-elle. Une chose est sĂ»re, l’existence de ces sites n’est pas perçue comme une bonne nouvelle, d’autant que la Loterie nationale vient d’investir pour le lancement d’un  vĂ©ritable site de loterie en ligne.

L’opacitĂ© qui caractĂ©rise ce concept nourrit par ailleurs le doute sur la fiabilitĂ© des sites qui le proposent (trois sites Internet sont en activitĂ© et quatre autres ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fermĂ©s). El Amine Serhani, prĂ©sident fondateur de la FĂ©dĂ©ration nationale du e-commerce au Maroc, est catĂ©gorique : « Les sites d’enchĂšres inversĂ©es sont en majoritĂ© truquĂ©s. Pour preuve, bien que le concept soit assez nouveau, nous avons dĂ©jĂ  reçu les premiĂšres rĂ©clamations ! », affirme-t-il.

Celles-ci proviennent d’utilisateurs ayant remportĂ© des enchĂšres, mais qui ont vu leurs noms supprimĂ©s de la liste des gagnants. Kawtar Tazi, chef de la division e-commerce au sein du ministĂšre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, reconnaĂźt de son cĂŽtĂ© que tous les risques sont possibles.

« Nous n’avons, aujourd’hui, aucune visibilitĂ© sur la maniĂšre avec laquelle les sites marocains opĂšrent sur le terrain », admet-elle. Plus grave, les internautes marocains ne bĂ©nĂ©ficient d’aucune protection lĂ©gale. « A ma connaissance, cette partie n’est pas encore rĂ©glementĂ©e », reconnaĂźt Kawtar Tazi.

Seule lueur d’espoir, une Ă©tude lancĂ©e par la direction de l’Economie numĂ©rique rattachĂ©e au ministĂšre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, qui porte sur l’environnement numĂ©rique au Maroc et prĂ©voit un volet dĂ©diĂ© aux questions juridiques liĂ©es au e-commerce. En attendant les conclusions de cette Ă©tude, nos nouveaux bookmakers marocains ont encore de beaux jours devant eux.

Abdelhafid Marzak

En dehors de toute morale

Un travail de fond doit ĂȘtre entrepris au plus vite pour empĂȘcher que des concepts prohibĂ©s ailleurs n’atterrissent au Maroc. Objectif : Ă©viter que l’Internet local ne devienne l’hĂ©bergeur de toutes les dĂ©rives informatiques Ă©touffĂ©es ailleurs, souvent avant mĂȘme leur naissance.

Ainsi en novembre 2005, le concept d’enchĂšres inversĂ©es est repris par le site allemand « Jobdealer » d’offres d’emploi. Les candidats intĂ©ressĂ©s peuvent rĂ©pondre, en enchĂ©rissant
 Ă  la baisse sur les salaires ! L’initiative est trĂšs vite dĂ©noncĂ©e par des syndicats. Peu aprĂšs, le concept est interdit en Allemagne

Interdit ailleurs

En France, beaucoup de sites ont dû fermer suite à des décisions de justice. Et leurs administrateurs se sont retrouvés en garde à vue. La loi n° 2005-882 du 2 août 2005 réglemente les activités des sites proposant des enchÚres inversées.

Afin de garantir une transparence, ces sites doivent respecter un certain nombre de critĂšres. Avant l’enchĂšre, le site doit veiller Ă  ce que tous les produits soient suffisamment commentĂ©s : prĂ©sentation, caractĂ©ristiques, rĂ©fĂ©rences du constructeur du produit, prix du marchĂ©, etc.

En parallĂšle, le rĂšglement du site doit ĂȘtre accessible et comporter les modalitĂ©s de l’enchĂšre, son coĂ»t, sa durĂ©e, la livraison du produit. Pendant l’enchĂšre, la loi impose aux sites l’obligation d’exposer aux internautes les enchĂšres dĂ©jĂ  placĂ©es.

Une fois le lot remportĂ©, le site d’enchĂšres est Ă©galement tenu d’éditer tous les dĂ©tails de l’enchĂšre  : gagnant, prix de vente, liste des mises, etc. La loi a tellement serrĂ© l’étau autour des sites d’enchĂšres inversĂ©es que la plupart d’entre eux ne sont plus rentables.

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